Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier.

États-Unis: Un bon moment pour faire pression, estime Desjardins

Les élections de mi-mandat aux États-Unis devraient avoir des impacts positifs sur l’économie québécoise, note le patron chez Desjardins, Guy Cormier, satisfait de voir un «équilibre» au Congrès. Il estime qu’Ottawa et Québec devraient profiter de cette occasion pour faire pression sur nos voisins du sud au sujet des tarifs douaniers.

Mardi, un nouvel environnement politique s’est dessiné au pays de l’Oncle Sam. Une majorité de démocrates ont été élus à la Chambre des représentants. Cette dernière contrôle le processus budgétaire.

Du côté du Sénat, qui vote les lois fédérales et ratifie les accords commerciaux, les républicains ont conservé le contrôle. Ils ont même renforcé leur majorité.

Selon M. Cormier, la division du Congrès des États-Unis est une bonne nouvelle pour l’économie du Québec et du Canada. Cela met la table pour d’éventuels bras de fer.

«On anticipe que cela va amener beaucoup plus de prévisibilité. On vient de réduire une certaine incertitude qui existait dans l’économie. Avec une Chambre démocrate et un Sénat républicain, là, nous avons un mécanisme de poids contre poids qui devrait rassurer les marchés financiers et les entrepreneurs qui souhaitent investir», dit le numéro un du Mouvement Desjardins. «Maintenant, les décisions, les gestes d’éclat ou les alignements donnés par le président du Sénat pourront être revalidés à la Chambre», poursuit-il.

Opportunité

Desjardins est d’avis les gouvernements du Québec et du Canada devraient profiter de ce vent de changements pour obtenir la suppression des tarifs douaniers.

Un élément qui, par ailleurs, ne figure pas dans le nouvel accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. On reviendra sur ce dernier un peu plus loin.

Pour se rafraichir la mémoire, cet été, l’administration Trump a imposé au Canada des tarifs de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur les importations d’aluminium. Les troupes de Justin Trudeau ont riposté avec d’autres surtaxes douanières.

«Les différentes parties prenantes qui ont des relations avec les Américains doivent mettre tout leur poids pour dire que ces tarifs ne sont pas constructifs pour bâtir une économie», souligne le président. «Ce mouvement dans cet écosystème politique est une opportunité pour reprendre notre bâton de pèlerin et rediscuter avec leurs politiciens sur la pertinence de ces tarifs et l’impact sur nos économies».


« Les différentes parties prenantes qui ont des relations avec les Américains doivent mettre tout leur poids pour dire que ces tarifs ne sont pas constructifs pour bâtir une économie. Ce mouvement dans cet écosystème politique est une opportunité pour reprendre notre bâton de pèlerin et rediscuter avec leurs politiciens sur la pertinence de ces tarifs et l’impact sur nos économies. »
Guy Cormier, président du Mouvement Desjardins

Délais

Bien que plusieurs experts affirment que la nouvelle structure du Congrès pourrait entraîner des délais de plusieurs mois pour la signature de l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique —AEUMC—, M. Cormier tient à se faire rassurant. Il croit toujours que l’entente sera signée. Il ne sait toutefois pas à quel moment.

Il rappelle qu’il s’agit d’un long processus de négociations et qu’un accord est tout de même sur la table.

Aux États-Unis, les accords commerciaux doivent être adoptés par la Chambre et le Sénat.

«Est-ce qu’il faudra attendre un mois ou trois mois de plus? Est-ce que certaines personnes vont vouloir faire un peu de capital sur des éléments de ce nouvel accord? C’est clair que oui», affirme M. Cormier, concédant toutefois que les gens d’affaires vont devoir naviguer au cours des deux ou trois prochaines années dans un environnement plus incertain qu’en 2014 et 2015, entre autres, en raison des possibles hausses des taux d’intérêt.

«Lorsque je regarde le résultat des élections, je vois une Chambre avec une nouvelle génération de politiciens, avec plus de femmes et de minorités. Je pense que la Chambre des représentants à un niveau de diversification qui représente encore mieux tous les intérêts des Américains. Ils vont être capables d’apprécier le fait que de faire des affaires avec les Canadiens et les Mexicains est porteur à long terme», ajoute-t-il.

Quant à l’impact sur les investissements des Canadiens aux États-Unis, M. Cormier estime que ces élections devraient améliorer le niveau de confiance des gens d’affaires.

«Avant de prendre une décision, un entrepreneur mesure différents éléments de risque. Il peut regarder l’économie mondiale ainsi que celle nord-américaine. Il y a aussi des éléments de risque liés à la politique et ensuite il y a des éléments liés au secteur d’affaires de l’entreprise», explique M. Cormier. «Avec cette élection, on vient d’atténuer ou, du moins, fournir plus de clarté aux entrepreneurs sur les risques politiques», poursuit-il.

Au lendemain des élections, Wall Street a réagi en forte hausse. Le Dow Jones a grimpé à 26 180,30 points (+ 2,1 %) et le Nasdaq a bondi à 7570,75 points (+ 2,6 %). Jeudi, ces données ont très peu bougé.