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Équitem ouvrira une deuxième usine-école cet été dans le parc industriel de Jonquière. L’organisme d’économie sociale y reproduira le modèle développé à Roberval dans son usine de sciage qui accompagne notamment d’anciens détenus dans leur réinsertion sociale.
Équitem ouvrira une deuxième usine-école cet été dans le parc industriel de Jonquière. L’organisme d’économie sociale y reproduira le modèle développé à Roberval dans son usine de sciage qui accompagne notamment d’anciens détenus dans leur réinsertion sociale.

Équitem prépare une nouvelle usine-école à Jonquière

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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L’organisme d’économie sociale Équitem ouvrira une usine-école de transformation du bois à Jonquière cet été, un projet de 3 M$ reproduisant l’initiative de réinsertion sociale qui a vu le jour à Roberval.

L’usine consacrée à la réhabilitation sociale sera érigée dans le parc industriel de Jonquière, sur un terrain situé dans le secteur arrière du Centre de liquidation Gagnon Frères. La transaction est en voie d’être notariée et les travaux doivent débuter en avril, pour une ouverture prévue au début juillet, explique André Simard, directeur général d’Équitem.

Le projet qui verra le jour à Jonquière sera calqué sur l’usine-école de l’organisme à Roberval, mieux connue sous le nom de Stagem, qui accueille d’anciens détenus ou encore des prestataires de l’aide sociale.

Une quinzaine d’emplois seront créés et de 20 à 25 participants en réinsertion pourront être accueillis à la fois dans l’usine-école de Jonquière.

André Simard, directeur général de l’organisme d’économie sociale Équitem.

Un besoin au Saguenay

Après plus d’une vingtaine d’années à faire évoluer son projet d’usine-école à Roberval, l’organisme d’employabilité souhaitait également offrir ses services au Saguenay.

« Au Saguenay, il y a un besoin de ce côté-là. Il n’y avait pas d’entreprise d’insertion dans le domaine manufacturier. Il y a plus de population au Saguenay, évidemment, donc on va répondre à un besoin communautaire, ça, c’est clair », souligne le directeur général d’Équitem, en entrevue avec Le Progrès.

Le coût du projet d’Équitem à Jonquière, calqué sur l’usine-école de l’organisme à Roberval, s’élève à 3 M$. Si tout se déroule comme prévu, les travaux de construction devraient débuter en avril, dans le parc industriel de Jonquière.

L’organisme d’économie sociale a revu son image de marque cet automne afin de regrouper ses activités, Stagem et son initiative d’intervention Service relance, sous le nouveau nom d’Équitem.

Tout comme à Roberval, les participants de l’usine-école de Jonquière pourront suivre un stage rémunéré ou encore compléter en travaillant un diplôme d’études professionnelles en opération d’équipements de production.

Bon an mal an, une centaine de participants en réinsertion sociale transigent à l’usine-école de Roberval, en suivant un parcours adapté à leurs besoins.

Le dernier documentaire du cinéaste robervalois Nicolas Lévesque, Les Libres, sorti en février, propose d’ailleurs une incursion dans cette usine-école de Roberval, pour y suivre le parcours de transition de quatre anciens détenus.

Chaque année, une centaine de personnes, en majorité des hommes, transigent dans l’usine de sciage située sur la route de Sainte-Hedwidge, en suivant un parcours dont la durée et le cheminement sont adaptés à chacun.

Comme à l’usine-école de Roberval, les travailleurs en réinsertion y produiront des composantes de palettes ou encore des piquets d’arpentage.

Un projet de 3 M$

L’usine jonquiéroise répondra aussi à un besoin de production, estime André Simard. « Tous les éléments sont là pour que ce soit un succès », estime-t-il.

Comme à l’usine de deuxième et troisième transformation du bois de Roberval, les travailleurs en réinsertion à Jonquière pourront par exemple y produire des palettes, des composantes de palettes, des piquets d’arpentage ou encore des tasseaux, de longues pièces de bois dédiées dans ce cas-ci à l’empilage de portes. La majorité de la production est exportée à l’extérieur de la région, dans la province ou ailleurs au Canada.

L’usine-école jonquiéroise doit également atteindre une production semblable, soit environ 500 000 pieds mesure de planche (pmp) par semaine.

Équitem finance le projet qui s’élève à environ 3 M$ grâce à ses propres revenus autonomes et au soutien de deux partenaires financiers, les Entreprises Martin Bérard, une entreprise de Québec spécialisée dans la vente de bois d’oeuvre, et Desjardins.

Le projet était dans les cartons de l’organisme depuis un moment, mais a dû être repoussé lorsque la crise sanitaire a éclaté. « Si on avait pu ouvrir avant, on l’aurait fait, parce que le marché est là, le potentiel est là, sauf que le timing était moins bon », indique celui qui a le mandat de restructurer l’organisation depuis son arrivée en poste, il y a deux ans.

Services Québec, qui œuvre déjà avec l’organisme à la mission sociale et communautaire, de même que le Centre de formation professionnelle Jonquière s’impliquent également dans le développement du projet.

Le rodage de l’usine aura lieu tout au long de l’été et le directeur général espère qu’elle sera pleinement opérationnelle au début du mois de septembre.

Une quinzaine d’emplois seront créés et de 20 à 25 participants, anciens détenus ou prestataires de l’aide sociale, pourront être accueillis à la fois dans la nouvelle usine-école qui verra le jour à Jonquière.

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UN MILLION DE PERSONNES AVEC UN CASIER JUDICIAIRE

Environ un million de personnes, dont une majorité d’hommes, possèdent un casier judiciaire au Québec. Ce chiffre appuie l’importance d’offrir un accompagnement aux personnes ayant un passé judiciaire plus lourd dans leur réinsertion sociale, estime le directeur général d’Équitem, André Simard.

« C’est une personne sur huit qui a un casier judiciaire au Québec. C’est un homme sur cinq qui a un casier judiciaire », indique-t-il. Sur ce million de dossiers, 15 % sont des femmes.

L’usine-école offre ainsi la possibilité à ceux qui ont un parcours plus complexe, où souvent criminalité, toxicomanie, récidives et problèmes de santé mentale se mélangent, d’intégrer le « savoir-être » et le « savoir-faire » qui sont nécessaires pour retourner sur le marché du travail, expose le directeur général.

« L’impact est majeur : la confiance en soi, la fierté. La plupart des gens ne sont pas nécessairement fiers », témoigne-t-il. Les anciens détenus y apprennent à accepter leur parcours, dans leur chemin vers la liberté.

Les compétences acquises dans le secteur manufacturier par les travailleurs en réinsertion permettent ensuite à plusieurs d’intégrer différents milieux, après avoir appris à opérer des équipements et à appliquer des règles de santé et de sécurité.