Des MRC ont adopté une résolution demandant au gouvernement provincial de revoir les règles de financement des chemins forestiers afin de favoriser le tourisme et l’accès à la forêt.

Équité réclamée pour l’entretien de chemins forestiers

L’ancien ministre péquiste Paul Bégin réclame que les compagnies forestières paient leur juste part pour l’entretien des chemins forestiers du Québec. Il joint sa voix à plusieurs MRC, qui dénoncent qu’un programme gouvernemental subventionne les compagnies plutôt que de faciliter l’accès au territoire public.

Membre du Club du Lac François, situé dans la région du Lac-Saint-Jean, M. Bégin explique que son club a construit un chemin de 15,5 kilomètres emprunté à la fois par les membres du club et des camions lourds des compagnies forestières. Depuis 2004, les camions des compagnies Alliance, Abitibi-Bowater, puis Resolu empruntent le chemin de la Lyonne — initialement créé pour la circulation automobile — afin de sortir le bois coupé. Les résidents et propriétaires du secteur, au fil des ans, auront investi à peu près 130 000 $, selon l’ancien ministre, dans l’amélioration de la voie. 

Or, la loi québécoise prévoit que tous les chemins forestiers appartiennent à l’État, si bien que l’entretien de ceux-ci doit être assuré par ceux qui l’empruntent. 

L’ex-ministre péquiste a été informé à l’été 2017 de l’existence du Programme de remboursement des coûts de chemins multiressources (PRCM), qui prévoit 48 millions $ pendant cinq ans pour rembourser à hauteur de 90% les coûts d’entretien. 

Même si dans l’énoncé du programme on conçoit que «les travaux de voirie en milieu forestier reposent sur le principe de l’utilisateur-payeur» et que l’industrie forestière doit assumer la majeure partie des coûts liés à la création de chemins ainsi qu’à leur entretien, le PRCM ne s’adresse qu’aux compagnies forestières.

M. Bégin a demandé à Resolu de payer 100 000 $ pour compenser les frais encourus par l’utilisation du chemin, en vain. L’entreprise a écarté de sa planification 2018 tous les secteurs de coupe requérant l’utilisation du chemin de la Lyonne. En conséquence, aucun travaux ne seront réalisés sur le chemin. 

«Nous dénonçons le fait que l’argent soit donné aux compagnies forestières, alors que les citoyens, au nom de qui on semble donner cet argent-là, ne bénéficient pas des investissements dans les régions. Je crois que les gens des régions ont le droit de recevoir de l’argent pour entretenir les chemins», a déclaré lundi l’ancien ministre, en conférence de presse. 

M. Bégin reconnaît que cette situation, dans laquelle ce sont des citoyens qui ont construit le chemin et non des compagnies forestières, est «relativement rare». La situation inverse témoigne de l’iniquité du programme, juge l’ancien ministre, si bien que plusieurs personnes à travers la province cognent à la porte de la MRC pour demander des fonds. 

Comme trois MRC à travers le Québec, Paul Bégin défend que ce sont elles qui devraient plutôt percevoir les sommes gouvernementales afin de les redistribuer parmi les citoyens. 

Ces MRC ont déjà adopté une résolution demandant au gouvernement provincial de revoir les règles de financement des chemins forestiers afin de favoriser le tourisme et l’accès à la forêt.