Encore des problèmes de copeaux

Toutes les papetières de Produits forestiers Résolu (PFR) de la région doivent de nouveau ralentir leur production en raison d’un problème d’approvisionnement en copeaux de bois. La problématique avait causé des maux de tête à la multinationale durant les Fêtes et voilà qu’elle refait surface cette semaine.

Ces ralentissements de production n’entraînent cependant pas de mises à pied, confirme le directeur principal des affaires publiques et relations gouvernementales de PFR, Karl Blackburn. 

« On se retrouve dans une situation où on a dû ajuster notre production des usines en fonction des inventaires de copeaux disponibles. En réduisant notre production, ça va nous permettre de passer à travers », indique M. Blackburn sans toutefois vouloir quantifier la baisse de production. 

La pénurie de camionneurs et les conditions météorologiques extrêmes des dernières semaines expliquent en grande partie les difficultés liées à la livraison des copeaux selon PFR. 

Dolbeau n’est pas épargnée

À Dolbeau-Mistassini, la production de papier serait progressivement passée de 1160 à 900 mètres par minute durant les Fêtes selon le président du Syndicat de la papetière, Éric Marcil. Elle serait demeurée au plus bas seuil pendant environ six jours pour finalement revenir à sa routine normale le 2 janvier. Mercredi, les travailleurs de l’usine de Dolbeau ont appris que la production allait de nouveau ralentir. 

« Si on avait continué à rouler à plein régime, on aurait eu à fermer et on ne peut pas fermer l’hiver parce que ça brise notre machinerie surtout avec les froids qu’on a connus. On est aussi bien de réduire notre vitesse de production dans ce temps-là », soutient Éric Marcil. 

Celui-ci ajoute que si ce problème d’approvisionnement était survenu en été, la direction de l’usine aurait peut-être décidé d’arrêter ses activités temporairement. 

Dolbeau-Mistassini sur un pied d’alerte

« À partir du moment où tu réduis ta production, tes profits sont affectés. On espère tous que ça puisse se régler à court terme. La Ville va être très active dans ce dossier. Ça doit passer par l’embauche d’immigrants alors on se doit d’attirer ces gens en région et de les garder », affirme pour sa part le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier. 

Karl Blackburn et Éric Marcil sont tous deux d’accord que l’une des solutions est de se tourner vers l’immigration. 

« C’est clair que les gouvernements ont la capacité d’améliorer la situation, par exemple en accélérant les processus d’immigration. En bout de ligne, ce n’est pas juste PFR qui en bénéficierait, mais toutes les industries. Sans ça, il y a des investissements qui ne se font pas », déplore Karl Blackburn.

MALGRÉ LE CONFLIT, LES EXPORTATIONS GRIMPENT

(Presse canadienne) - 

Malgré l’imposition de taxes frontalières en raison du conflit canado-américain sur le bois d’œuvre, les exportations des scieries du Québec à destination des États-Unis ont affiché une progression en 2017.

Le volume québécois expédié au sud de la frontière s’est établi à 2,91 milliards de pieds-planche, en hausse d’environ 1,4 pour cent, selon des données gouvernementales fédérales compilées par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ).

« C’est une bonne année, a indiqué mardi l’économiste en chef de l’organisme, Michel Vincent, au cours d’un entretien téléphonique. Nous sommes loin des niveaux des années 1990, où l’on a exporté jusqu’à 4 milliards de pieds-planche, mais la production n’est plus la même. »

Selon lui, environ 45 pour cent du bois de sciage québécois est exporté aux États-Unis.

À l’échelle nationale, le volume des exportations vers les États-Unis s’est chiffré à près de 14,5 milliards de pieds-planche, en baisse de six pour cent, ce qui est notamment attribuable à des incendies de forêt ayant paralysé de nombreuses scieries en Colombie-Britannique l’été dernier.

Depuis l’an dernier, le bois d’œuvre canadien est frappé par des droits compensatoires et antidumping préliminaires. Le mois dernier, l’administration Trump a fixé à 20,83 pour cent le taux moyen final de ces taxes frontalières.

Néanmoins, les scieries québécoises et canadiennes parviennent, pour l’instant, à garder la tête hors de l’eau, puisque les hausses de prix sont refilées aux consommateurs américains en raison de l’appétit pour le bois d’œuvre au sud de la frontière.

Prix élevés

D’après les données du CIFQ, le prix moyen par mille pieds-planche est passé de 340 $ à 401 $ de 2016 à 2017, ce qui constitue une augmentation de 18 pour cent. Depuis la fin du mois d’août, le prix moyen s’est maintenu au-dessus de la barre des 400 $ par mille pieds-planche, atteignant 435 $ le mois dernier.

« Cela démontre à quel point il est ridicule pour les États-Unis de vouloir freiner nos exportations, a affirmé M. Vincent. S’il devait y avoir 1,5 million de mises en chantier, il n’y aurait tout simplement pas assez de bois en Amérique du Nord pour répondre à la demande. »

Dans un récent rapport, l’agence de notation Moody’s prévoyait 1,3 million de mises en chantier aux États-Unis. La demande devrait être stimulée par les efforts de reconstruction à la suite des ouragans Harvey et Irma ayant ravagé une partie du Texas et de la Floride l’été dernier.

« Le prix de référence du bois a bondi de 25 pour cent (en 2017) et les tarifs ont été refilés aux consommateurs, souligne Moody’s. Ces prix devraient se maintenir en 2018, notamment en raison de la reconstruction anticipée. »

L'INDUSTRIE DU BOIS D'OEUVRE AU QUÉBEC

  • 27 100 emplois (sur les 60 000 du secteur forestier)
  • Environ 6,2 milliards $  de revenus
  • 124 scieries au Québec

Source: Conseil de l'industrie forestière du Québec