En boutique comme en forêt

Morille Québec repousse les limites du commerce au détail en proposant un nouveau concept. Dès le 1er avril, l’usine de Saguenay accueillera la première boutique sauvage, du jamais-vu. L’entreprise compte prendre plus de place sur le marché canadien avec ce concept franchisable, d’ici trois à cinq ans.

Entre-temps, des boutiques seront ouvertes dans des villes considérées comme stratégiques telles que Québec, Sherbrooke et Montréal. Déjà, des entrepreneurs manifestent leur intérêt pour ce commerce de consommation responsable, qui compte moins d’intermédiaires. D’ici là, Morille Québec se donne quelques mois afin de perfectionner son projet.

La boutique sauvage permettra de vivre l’expérience d’une forêt 360 degrés. Cette idée novatrice redonnera aux clients le plaisir de la cuisine sauvage et un moyen de mieux la comprendre. En mettant les pieds dans le nouvel espace, les consommateurs auront l’impression d’entrer dans une forêt. Tapis forestier, concept d’arbres et parfums sauvages occuperont l’espace. 

Plus que de la vente au détail

La clientèle pourra s’approvisionner dans la section de produits en vrac qui regroupera près d’une trentaine de produits en provenance de la forêt. Bien évidemment, les champignons frais seront à l’honneur. Grâce à une serre déjà aménagée, Morille Québec vendra, en permanence, entre trois et cinq variétés de champignons. 

Des caméras permettront de voir, à partir de la boutique, la culture des champignons. 

De plus, le directeur de Morille Québec, Simon-Pierre Murdock, promet de nombreuses dégustations des produits transformés provenant de la forêt. « Au-delà de la vente au détail, c’est une nouvelle expérience. On offrira des conseils de cuisine, en plus d’éduquer la clientèle. La boutique donnera l’impression d’être en forêt. C’est également un circuit court entre la production et les clients », témoigne celui qui compte s’ajouter aux circuits touristiques existants.

Le propriétaire et président de Morille Québec remarque le besoin de transparence du consommateur. « Maintenant, il veut comprendre et pas juste acheter. Ainsi, la provenance des produits ou l’explication de l’étiquette des valeurs nutritives sont maintenant réclamées », ajoute-t-il. Morille Québec s’est donné l’objectif de rendre les gens heureux dans la cuisine de tous les jours avec des produits de la forêt provenant d’ici et transformé ici. 

Mission européenne

Simon-Pierre Murdock s’envolera, la semaine prochaine, vers Paris dans le cadre d’un projet de développement commercial. Il participera à l’événement MADE en compagnie d’une délégation canadienne constituée, entre autres, de représentants du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, et d’autres entreprises canadiennes. 

Déjà, des rencontres sont prévues avec des distributeurs. L’objectif est de revenir avec des contrats en poche. 

Morille Québec espère récolter quelques parts du marché européen d’ici les trois prochaines années. L’entreprise saguenéenne compte se positionner avec la faiblesse du dollar canadien et le protectionnisme américain.