Le PDG de Desjardins, Guy Cormier, s’est adressé aux entrepreneurs de la région, mercredi matin, dans le cadre de la Tournée en Mouvement pour la relance économique.
Le PDG de Desjardins, Guy Cormier, s’est adressé aux entrepreneurs de la région, mercredi matin, dans le cadre de la Tournée en Mouvement pour la relance économique.

Économie: le Saguenay-Lac-Saint-Jean au sommet des régions les plus touchées par la pandémie

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait partie des deux régions qui ont été le plus affectées économiquement par la pandémie. Près de 57 % des activités des entreprises ont été touchées, rapporte Desjardins, dans sa dernière étude économique sur les régions ressources du Québec. Le pire résultat parmi toutes les régions de la province et les centres urbains. La région de Lanaudière arrive derrière, avec 50 %.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean devrait afficher le plus « important repli » de son PIB, en 2020. La région enregistre une croissance économique négative de -6,2 % . Le deuxième pire résultat parmi toutes les régions. C’est la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine qui enregistre le plus important recul avec -6.5 %.

Plus de 750 millions $ en annulation de contrats ou arrêt de production ont été perdus au Saguenay-Lac-Sait-Jean, au cours des derniers mois. Et près de 18 000 emplois ont été perdus.

« On ne mettra pas de lunettes roses. 2020, ça a cogné. Ça ne sera pas facile de remonter la côte et retrouver la situation économique d’avant la pandémie. Il faudra faire les choses différemment. Il y a des impératifs propres à chacune des régions. Il faudra donc une stimulation économique adaptée pour chaque région », a exprimé le PDG de Desjardins, Guy Cormier, mercredi matin, en s’adressant aux entreprises de la région dans le cadre de la « Tournée en Mouvement pour la relance socioéconomique » réalisée en partenariat avec la Fédération des chambres de commerce du Québec. 

Il faudra attendre l’été 2022 pour revenir au niveau d’activité économique avant la pandémie au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un portrait optimiste, car si la deuxième vague de la pandémie force un confinement semblable à celui du printemps dernier, les perspectives économiques devront être revues à la baisse. 

« On est conscient que cet automne, ce ne sera pas idéal. Ce que j’entends toutefois, c’est que le gouvernement veut faire preuve de prudence avant de faire un reconfinement. On le voit par le système de couleur, ce qui évite de tout confiner. Il faut aussi saisir avec beaucoup de rigueur le message de maintien des mesures sanitaires. On est tous tannés, moi le premier. Mais c’est très important de faire les efforts nécessaires », indique M. Cormier, dans une entrevue accordée en marge de la tournée qui se déroule de manière virtuelle. 

Économie circulaire

Les économistes s’attendent à un rebond de la croissance économique de 3,2 % en 2021. Les entreprises devront cependant s’adapter aux nouvelles réalités et particulièrement à l’enjeu environnemental, croit le grand patron de Desjardins. 

« Je suis convaincu que notre société va être marquée par des changements de valeurs assez importants. Le vieux modèle, extraire, transformer, jeter, ça va devenir de plus en dépassé. C’est insoutenable sur le plan économique et environnemental. La pandémie nous a fait prendre conscience de notre fragilité. Les gens veulent construire quelque chose de nouveau, différent. 

Les actionnaires vont être plus nombreux à chercher des produits et projets qui s’insèrent dans une économie circulaire », a insisté M. Cormier. 

Un message qui a d’abord fait chatouiller le président de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, Carl Laberge, qui a demandé au patron de Desjardins de clarifier sa position sur les entreprises oeuvrant dans les ressources naturelles. 

« On a la chance d’avoir des ressources naturelles et en plus, des ressources propres. Quand on regarde les matières premières dans le Royaume, comment elles étaient utilisées il y a 50 ans, aujourd’hui, on leur a trouvé de nouveaux débouchés. Il y a des matières premières qu’on peut recycler. Les gouvernements parlent aussi de réduire les chaînes d’approvisionnement, de réduire le transport. Ce sont des opportunités pour une région qui a des matières premières. Je ne serais pas inquiet si j’étais dans votre coin de pays », a précisé Guy Cormier, en faisant référence notamment à la valorisation des rejets.