Division Métal primaire de Rio Tinto: les bénéfices nets en chute libre

L’année 2019 ne se démarquera pas comme étant une année faste pour la division Métal primaire de Rio Tinto, qui comprend les alumineries du Québec, Kitimat et ISAL, alors que les bénéfices nets ont chuté de 93 % en 2019, pour s’établir à 40 M $ US, comparativement à 595 M $ pour l’exercice 2018.

Ces résultats ont été divulgués dans les états financiers du géant anglo-australien, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Selon les données publiées, les alumineries citées plus haut ont produit 3,2 millions de tonnes d’aluminium, en baisse de 2 % comparativement à 2018, principalement en raison d’une baisse de volumes à l’aluminerie ISAL, en Islande, à la suite d’une interruption préventive de la ligne de cuves, ainsi qu’à Kitimat, au troisième trimestre, en raison du remplacement des doublures de cuves plus tôt que prévu.

En excluant la baisse de production de Bécancour en raison d’un long lock-out, les fonderies du Québec et du Pacifique ont bien performé, puisque la production d’aluminium a augmenté de 1 % comparativement à 2018, une hausse explicable par l’amélioration de la productivité. Le redémarrage en cours à Bécancour devrait permettre d’atteindre la pleine capacité de production à la mi-2020.

Rio Tinto affirme faire face à des conditions difficiles sur les marchés mondiaux et à de l’incertitude politique, ce qui se reflète par une faible rentabilité de l’industrie.

Rio Tinto Aluminium a dû composer avec une baisse du prix moyen de l’aluminium sur la London Metal Exchange (LME) de 15 % plus faible qu’en 2018 et une prime du Midwest aux États-Unis en baisse d’environ 320 $ la tonne, soit 24 %. Le prix au comptant moyen de la LME était de 1791 $ US la tonne.

Le marché de l’aluminium primaire s’est contracté d’environ 1 % en 2019, en raison de la baisse de la production automobile et de la production de machines et de biens durables, tirée par la faible demande de la construction. La Chine a connu un affaiblissement de sa capacité de production d’environ 3,6 millions de tonnes en raison de la baisse des prix.

La multinationale prévoit une révision stratégique de ses intérêts à la fonderie Tiwai, en Nouvelle-Zélande, et ISAL, ce qui pourrait conduire à des compressions et une fermeture.

Nouveaux projets

Le chapitre portant sur les nouveaux projets ne comprend rien pour le Québec, mais Rio Tinto souligne la poursuite de l’aménagement au coût de 500 M $ d’un nouveau tunnel à sa centrale Kemano, en Colombie-Britannique.

Rio Tinto poursuit également la construction de son nouveau Centre de recherche et développement Elysis au Complexe Jonquière. Fait intéressant : la coentreprise créée avec Alcoa et d’autres partenaires, qui est destinée à développer un procédé de fusion d’aluminium sans carbone, a été considérée, d’un point de vue financier, comme une acquisition, selon la méthode de mise en équivalence. Rio Tinto a investi 5 M $ en espèces et apporté des brevets et des licences de propriété. Lors de la formation du consortium, ils ont été comptabilisés à la juste valeur pour refléter les contributions des autres parties. Cette valeur était de 171 M $ US.

Du côté du Saguenay–Lac-Saint-Jean, la porte-parole Malika Cherry a mentionné qu’il n’y aurait aucun commentaire spécifique portant sur les résultats de la division Aluminium.

Le président-directeur de Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques, a déclaré un bénéfice de 21,2 G $ pour tout le groupe mondial, avec un dividende ordinaire de 6,2 G $.