Plusieurs employés se sont rendus à Freeport, aux Bahamas, pour travailler sur le navire Disney Magic.

Disney Magic: un peu de nous autres là-dedans

Un slogan faisant référence à une certaine marque de soupe disait : « Il y a un petit peu de nous autres là-dedans. » La même formule s’applique au bateau de croisière Disney Magic, qui mouillera les eaux de Saguenay à deux reprises cet automne. Le paquebot a fait l’objet de travaux signés Devco, une compagnie saguenéenne dont les assises se trouvent sur la rue Mitis, dans le parc industriel de Chicoutimi.

L’an dernier, une équipe s’est rendue au chantier maritime de Freeport, aux Bahamas, pour bichonner le géant des mers, dont le passage à La Baie, les 24 et 29 septembre, émerveillera sans contredit bien des tout-petits. Pendant un mois, des employés de Devco ont peint les corridors et rafraîchi quelque 150 cabines, en plus de complètement rénover la salle à manger thématique aux couleurs du classique La Belle et la Bête. Il faut dire que l’entreprise dirigée par Marc Gagnon a cumulé passablement d’expérience dans le domaine, elle qui figure parmi la vingtaine au monde spécialisées dans la réfection et l’amélioration de composantes de navires pour les grandes compagnies de croisières. Il existe d’ailleurs, à l’échelle planétaire, une confrérie dans le domaine et une véritable philosophie d’entraide.

Pour ce type d’industrie, Devco fabrique des pièces de fibre de verre et se spécialise notamment dans l’installation et la réfection de piscines, de glissades d’eau et de baignoires à remous à bord de ces hôtels flottants. Dans le cas du Disney Magic, le contrat de l’an dernier, décroché par l’entreprise MAFG, basée en Floride et détenue par le frère de Marc Gagnon, n’était pas le premier. Dès 2003, la compagnie a fait ses preuves auprès de Disney Cruise Line en procédant à la construction et à l’installation de huit cheminées, entièrement fabriquées au Saguenay, puis installées en Virginie. Les conduits ont été acheminés à Norfolk, mais avant cela, le contrat a nécessité l’implication d’une cinquantaine de travailleurs sur une période de dix mois.

Lors d’une entrevue accordée au collègue Marc St-Hilaire il y a 15 ans, alors que Marc Gagnon était tout juste de retour du pays de l’Oncle Sam, l’entrepreneur confiait qu’il venait d’ouvrir une brèche auprès de Disney Cruise Line en tissant un tout premier lien d’affaires.

Devco a obtenu le contrat de rénovation de la salle à manger La Belle et la Bête, à bord du Disney Magic.

« Ils nous ont mentionné que ce n’est qu’un début », relatait alors l’entrepreneur. Il a vu juste. En 2003, donc, avant même l’aménagement d’un port de croisières à La Baie, les bases étaient jetées pour l’élaboration d’un partenariat durable entre les deux parties. Le géant du divertissement a tenu parole puisque plus de deux décennies plus tard, Devco est encore un partenaire de choix.

La moitié du chiffre d’affaires
Les croisières, c’est environ la moitié du chiffre d’affaires de Devco, qui agit également comme manufacturier d’équipements destinés aux alumineries et aux papetières. Par exemple, c’est la PME de Marc Gagnon qui a fourni les boîtes à boutons pour les ponts roulants des usines d’Alma et de La Baie de Rio Tinto. La conception d’équipements sur mesure, le revêtement de réservoirs et de sols à l’époxy, voilà autant d’éléments qui forment la palette de produits et services signés Devco. Pour les bateaux, l’éventail est large et les clients sont nombreux. À ce chapitre, le patron fait valoir que la plupart des compagnies armatrices, dont les paquebots phares font halte dans les ports du Québec, sont des clientes. Carnival et Norwegian Cruise Lines, Costa et Royal Carribean n’en sont que quelques exemples. D’ailleurs, une équipe de Devco prendra le chemin de Singapour, en octobre, pour rénover les salles de bains du Jewel, un bijou de 3400 passagers et membres de l’équipage. En Alaska, la bande de Devco a mis 400 salles de bains au goût du jour.

« Environ 80 pour cent des bateaux qui viennent à La Baie, on a travaillé dedans. Parfois, je vais au quai de croisière et je dis : ‘‘Ah, j’ai travaillé sur ce bateau-là’’ », raconte Marc Gagnon, qui montera probablement à bord du NCL Gem lorsqu’il fera halte dans la baie des Ha ! Ha ! , le 17 septembre, pour « prendre des mesures » en vue de la fabrication de spas.

Comme la cheminée d’un navire fait office de marque de commerce, il subsiste, pour l’entreprise qui l’a créée, un certain sentiment de fierté. S’il s’adonne à passer par le quai Agésilas-Lepage en même temps que le Disney Magic à la fin du mois, Marc Gagnon jettera sans doute un oeil intéressé vers les conduits noirs qui font sa distinction.

Le navire Disney Magic.

+

FAIRE TOURNER L'ÉCONOMIE

Faire tourner l’économie 

Marc Gagnon se fait un devoir de fournir de l’emploi à des gens de chez nous. De plus, son entreprise tente, autant que faire se peut, de faire tourner l’économie d’ici en s’approvisionnant au Québec. 

« On pousse beaucoup les produits québécois. Tous les élévateurs d’une marche à deux étages pour les personnes à mobilité réduite qu’on a achetés pour installer sur des bateaux viennent d’ici. Les coquilles de bain sont faites par une entreprise de Montréal. On essaie vraiment fort », fait valoir le patron de Devco. 

Partout où il y a des paquebots, Marc Gagnon et son entreprise vont. Il n’est donc pas inhabituel que des équipes de Devco soient déployées en Alaska, en Californie, en Russie, en Allemagne, en France ou dans des pays scandinaves. La compagnie, qui se démarque aussi dans le domaine de la métallisation destinée à l’anticorrosion, possède un entrepôt en Floride. Comme l’explique le propriétaire, les outils et les équipements voyagent beaucoup. Un peu à l’image de leur propriétaire, un ancien pilote d’hélicoptère qui a sondé le globe dans tous ses recoins, avant de poser ses valises à Chicoutimi en 1989 pour y fonder Devco. 

Le secteur des bateaux de croisière représente la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise Devco, de Saguenay. La compagnie installe et répare des glissades d’eau, des piscines et des spas, en plus de faire des travaux de peinture et de rénovation à bord des navires.