Régent Pelletier est ressorti grandi de la faillite de son entreprise. Il estime être devenu un meilleur entrepreneur.

Devenir un meilleur entrepreneur après une faillite

L’entreprise que Régent Pelletier a fondée et dirigée pendant quinze ans, le Centre de réalisation d’outils innovateurs (CROI), a connu une fin abrupte après avoir atteint les plus hauts sommets. Même s’il s’est battu bec et ongles pendant deux ans pour éviter la faillite du CROI, le combat a été mené en vain. Il n’a pas eu d’autre choix que de fermer les livres en raison d’un manque de liquidités.

Si M. Pelletier accepte de revenir sur ce chapitre difficile de sa carrière, c’est parce qu’il en a tiré des leçons. Cette période de sa vie l’a fait grandir.

«Je ne pensais jamais, au moment où tout a planté, me servir de cette expertise-là pour faire grandir une nouvelle entreprise. Je ne pensais pas que c’était possible», explique Régent Pelletier.

L’histoire du CROI a fait la manchette. Ses succès comme ses échecs ont été faits dans l’oeil du public. «Les gens qui ne connaissent pas les affaires te voient comme un perdant, ajoute-t-il à propos de l’aventure qui s’est terminée en 2013. Dans toute cette histoire-là, j’ai gardé la tête haute et j’ai fait face à la musique jusqu’à la fin. Les gens d’affaires savent reconnaître ça.»

Le CROI avait 400 M$ de contrats au moment de la faillite, qu’il réalisait partout dans le monde. Le centre engageait 125 personnes et avait trois centres d’affaires au Québec.

Grandir

Cette expérience «inoubliable» a fait grandir l’entrepreneur de Saint-Honoré. «Mettre en place une restructuration d’importance et qu’elle n’ait pas le dénouement qu’on voudrait, c’est une grosse leçon de vie. Maintenant, quand une opportunité se présente, je sais comment faire et je sais comment m’entourer», affirme-t-il.

Aujourd’hui, Régent Pelletier s’est relancé en affaires, mais différemment. Il comprend davantage l’importance de son entourage. Il se considère d’ailleurs comme un meilleur entrepreneur.

Régent Pelletier illustre son affirmation en parlant d’un de ses partenaires financiers, qui travaille au Centre financier aux entreprises de Desjardins. Il l’a accompagné dans les moments difficiles, et travaille encore avec lui aujourd’hui, alors que le succès est revenu. M. Pelletier en fait une fierté.

Se relancer en affaires

Régent Pelletier a eu un choix à faire lorsqu’il a procédé à l’acquisition d’une entreprise, il y a environ 18 mois. Emprunter pour faire l’achat de ce qui est devenu son nouveau bébé, Sparta industriel, ou faire équipe avec un investisseur et devenir un partenaire. Il a choisi la deuxième option.

«Mon expertise sert à quelque chose. Les difficultés que j’ai connues à l’époque m’ont permis de faire une restructuration efficace et grandissante», croit M. Pelletier, au sujet de Sparta industriel.

PASSER AU TRAVERS DU DEUIL

Régent Pelletier n’a pas toujours eu une vision aussi positive de cette expérience qui marque une vie. Perdre une entreprise, c’est faire son deuil de quelque chose auquel on a tenu et on a consacré des milliers d’heures.

«Ç’a été un combat de chaque jour pendant 24 mois, et quand tu fais ce combat et que tu crois à ce que tu fais, tu ne penses pas à d’autres choses. Tu ne penses qu’à comment tu vas faire pour t’en sortir, mais à toutes les fois que tu as un échec, ça te fait faire une partie du deuil de ton entreprise.»

Pour la petite histoire, M. Pelletier est pratiquement arrivé à sauver le CROI. La décision de passer à autre chose et de déclarer faillite s’est prise à la dernière minute. Une décision qu’il ne regrette pas aujourd’hui, même s’il admet que l’échec en affaires est un sujet tabou.

Cette décision professionnelle a eu des conséquences sur sa vie personnelle. Le soutien de ses proches a été essentiel pour passer au travers de cette épreuve.

«C’est une transition difficile pour toi et pour ton entourage immédiat, ta femme, tes enfants. La perception des gens change aussi. Il faut passer par-dessus ça, mais ce n’est pas facile», se souvient-il.

Il a réussi à traverser cette période difficile en ayant des frontières étanches entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Ses amis l’ont aussi aidé à voir la lumière au bout du tunnel.

Sparta industriel est maintenant sur une lancée et connaît une croissance rapide. Sur la photo, Régent Pelletier est entouré (à gauche) du maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay, et du PDG de Sparta Manufacturing (à droite), Bruno Lagacé.

RÉGENT PELLETIER A ENCORE DE GRANDES AMBITIONS

Régent Pelletier n’a pas été échaudé par cette la faillite qu’il a subie. Lorsqu’il parle de sa nouvelle entreprise, Sparta industriel, il rêve encore de croissance et de conquête des marchés internationaux.

Sparta industriel se spécialise dans la conception et la réalisation de divers mandats pour les industries. Ses clients sont des papetières, des scieries, des alumineries, des fonderies ou encore des mines.

«Notre croissance est très rapide. On est passé d’une entreprise qui avait de la misère à faire 2 M$ de chiffre d’affaires à une entreprise qui en fait presque 5 M$. On s’épanouit déjà au Québec, au Canada, et même à l’international. On a déjà fait notre première installation en Thaïlande», énumère M. Pelletier, avec la passion dans la voix.

45 travailleurs

Dans les derniers 18 mois, Sparta industriel a presque doublé le nombre de travailleurs qu’elle engage.

De 25 qu’ils étaient au départ, ils sont maintenant 45.

«Les gens qu’on a embauchés aujourd’hui sont tous des personnes clés pour faire grandir l’entreprise. L’ambiance de travail qui règne chez nous est comme ça, on vise la croissance», assure l’entrepreneur.