Le président du Syndicat des Métallos de l’Usine Alma, Alexandre Fréchette, estime que Rio Tinto donne plus de tâches en sous-traitance que ce que la convention collective autorise.

Deux griefs pour sous-traitance

Le Syndicat des Métallos de l’Usine Alma de Rio Tinto a présentement deux dossiers actifs de griefs portant sur la sous-traitance. Tout d’abord, le syndicat conteste l’emploi de sous-traitants pour l’entretien du Centre de revêtement des cuves (CRC) ainsi qu’une utilisation sporadique d’une entreprise, Filtratech, pour effectuer des changements de sacs sur de gros équipements.

Dans ce dernier cas, le plus récent des deux, deux journées d’audience se sont déroulées à la fin novembre devant Me Marcel Morin, arbitre de griefs. Les parties doivent se revoir en mars.

« Par ses griefs, le Syndicat reproche à l’Employeur d’avoir violé la convention collective en confiant à des sous-traitants des travaux normalement exécutés par les salariés de l’accréditation syndicale », pouvait-on lire dans une décision reliée au dossier et datant du 6 novembre 2017. 

Selon le président du syndicat, Alexandre Fréchette, interrogé en marge du Symposium Aluminium qui s’est déroulé la semaine dernière, le changement des sacs aurait été effectué au printemps 2014 lors d’une campagne de six semaines. 

« Ça se fait au printemps et à l’automne. Les sacs servent à la captation des gaz qui proviennent de l’électrolyse dans le Centre de traitement des gaz », avait-il expliqué. L’entreprise Filtratech avait alors été engagée. À d’autres reprises, comme lors de l’automne suivant, les tâches ont bel et bien été effectuées par les syndiqués. Le syndicat affirme que l’épisode de sous-traitance jugé illégal selon eux s’est répété depuis.

Il n’a pas été possible d’obtenir la version inverse directement de l’employeur. Par contre, le même document de cour comprend certains éléments indicateurs. « Étant donné que l’employeur admet que seule la non-disponibilité de main-d’oeuvre justifie l’octroi des travaux en cause, le fardeau du syndicat se résume à faire la preuve de la disponibilité de main-d’oeuvre pour effectuer le changement des sacs sur quatre filtres réacteurs CTG entre le 10 mars et le 10 mai 2014, tâche que l’employeur ‘‘estime’’ requérir 1400 heures de travail, rien de plus », pouvait-on lire.

Toujours selon le syndicat, le travail est effectué par des équipes de huit. Il ne pouvait chiffrer l’impact exact sur les syndiqués, mais il prétend qu’en fin de compte l’employeur engage moins. 

« On a des lettres d’entente dans la convention collective. Ce sont nos emplois », a déclaré le président syndical.

Au CRC

L’autre dossier porte sur le CRC. « Le Centre de revêtement des cuves a été sous-traité en 2012, mais l’opération seulement. On est en litige sur l’entretien. Ce sont des ‘‘jobs’’ de mécanique et d’électricité. Notre prétention est que ça nous appartenait. Jusqu’à maintenant, il y a eu six ou sept jours d’arbitrage. On s’enligne sur les plaidoiries. Ça dure depuis le retour au travail depuis le lock-out en 2012. Depuis ce temps-là, l’entretien est sous-traité et nous, on dit que c’est nos emplois », a-t-il soutenu.

Dans des textes publiés dans Le Quotidien en 2012, l’ancien président du syndicat, Marc Maltais, avait admis avoir fait des choix déchirants, dont celui d’abandonner l’accréditation CRC au profit de la sous-traitance. Avant le déclenchement du conflit, les syndiqués de cette accréditation réclamaient un retour au niveau d’emplois de 2007, qui était alors de 132 membres.