Dany et Yanick Tremblay, respectivement président de Demex et de Centrem, accompagnés de Bernard Tremblay, vice-président de Demex Centrem, et de Nicolas Guay, chef-estimateur, ont confirmé l’obtention de deux contrats de démolition des ex-hôpitaux Saint-Luc et Children’s Hospital.

Deux contrats de 20 M$ pour Demex

Les travailleurs de l’entreprise chicoutimienne Demex ne chômeront pas dans les prochains mois. Leur employeur vient de remporter coup sur coup deux importants contrats pour la démolition des anciens hôpitaux Saint-Luc et Children’s Hospital, une affaire d’une vingtaine de millions $.

Dany Tremblay, président de Demex, et ses associés Yanick et Bernard Tremblay, respectivement président de Centrem et vice-président de Demex, accompagnés de Nicolas Guay, chef-estimateur, n’étaient pas peu fiers d’avoir remporté ces contrats dans la région montréalaise, les deux chantiers étant situés à quatre kilomètres l’un de l’autre sur René-Lévesque. Ces contrats s’ajoutent à celui de la démolition de 600 cuves à l’aluminerie Kitimat, en Colombie-Britannique, entamé en août 2016 et qui constitue le plus important jamais obtenu depuis les débuts (25 M$).    

Les travaux de démolition du Children’s Hospital ont été entrepris en août dernier avec l’embauche d’une quarantaine de travailleurs qui seront à l’oeuvre pendant huit mois.

Saint-Luc

Si la démolition du Children’s Hospital ne représente pas un défi particulier, celle de Saint-Luc nécessite une certaine délicatesse au plan technique.  Le projet de Saint-Luc est un projet LEED qui nécessite que Demex procède à l’enlèvement de l’amiante présent tout en effectuant la ségrégation du bois, de l’acier, du béton et des métaux divers.

Toutefois, les travailleurs sur le chantier devront faire preuve d’une grande minutie puisque certains murs du nouveau CHUM ne sont qu’à 24 pouces de l’immeuble à démolir. «On devra démolir des bâtiments de 190 pieds de hauteur et à 24 pouces juste à côté, il y a des gens qui seront dans des bureaux en train de travailler », affirme Yannick Tremblay.

En raison de la présence de l’hôpital tout neuf,  Demex devra procéder avec une précision chirurgicale puisque le devis prévoit qu’il devra y avoir absence de poussière, de bruit et surtout de vibrations qui pourraient affecter le fonctionnement des équipements ultras spécialisés du CHUM pour le traitement des malades. « Le CHUM installera des capteurs de vibration un peu partout dans son immeuble. On devra placer des murs de protection qui formeront une coquille autour du nouvel immeuble», explique Yannick Tremblay.

L’autre contrainte importante du chantier réside dans le fait que Demex ne dispose que de 37 semaines pour jeter à terre l’immense immeuble. Le calendrier est inflexible puisque le terrain récupéré laissera place à un nouveau chantier complémentaire du CHUM. Il va sans dire que d’importantes pénalités sont prévues en cas de retard. Une soixantaine de travailleurs s’affaireront à la démolition pendant huit mois.

De tels chantiers requièrent l’utilisation d’une machinerie ultraspécialisée. Demex a investi deux millions $ dans l’achat de trois machineries dotées de puissantes cisailles montées sur des mâts de 85 et 90 pieds de longueur. 

Kitimat

En ce qui a trait à la démolition des anciennes cuves de l’aluminerie Kitimat entamée en 2016, les travaux avancent bien avec 350 cuves démantelées. Ce gros chantier en région isolée implique le traitement de 45 000 tonnes d’acier et de métaux divers qui sont acheminées par barge de 7000 à 8000 tonnes en direction des États-Unis.

L’éloignement du chantier de même que le recrutement de main-d’oeuvre dans cette province de l’Ouest constituent un défi de tous les jours. 


On devra démolir des bâtiments de 190 pieds de hauteur et à 24 pouces juste à côté, il y a des gens qui seront dans des bureaux en train de travailler.
Yannick Tremblay

La relève assurée

Plus de 25 ans après sa fondation par les frères Denis, Gilles et Raynald Tremblay, la firme Demex a pu assurer son avenir à la suite de la mise en place d’un plan de relève. Ce dernier a permis aux frères Dany et Yanick Tremblay de prendre les commandes du Groupe Demex Centrem aux côtés de leur oncle Bernard et du chef-estimateur Nicolas Guay qui, tous deux, possèdent des actions.

Invités à faire état de leur expérience de transition, Dany et Yanick Tremblay rappellent qu’ils étaient présents aux opérations de l’entreprise depuis au moins une bonne dizaine d’années. «Le processus de relève a débuté il y a huit ans lorsque les deux frères ont annoncé leur intention de se retirer. En 2014, nous sommes réellement entrés dans le processus avec l’encadrement de la firme Mallette », explique Yannick.

Il avoue que les étapes de l’évaluation de l’entreprise, la recherche de financement, les négociations entre les membres d’une même famille n’ont pas été une sinécure. « Il y a de l’humain et des émotions dans tout ça et parfois, ça a été serré », avoue-t-il.

L’implication de Desjardins Capital de risques dans le financement de la transaction et la formation d’un conseil d’administration avec la participation de deux administrateurs externes a permis de mieux outiller le groupe en terme d’expertise administrative.

Une meilleure séparation des entreprises du Groupe Demex Centrem parmi lesquels on retrouve Demex et Centrem (traitement des résidus de construction et métaux) a constitué le gros des changements administratifs.

Vers les marchés canadien et nucléaire

Interrogés sur leur vision du développement de l’entreprise, les nouveaux actionnaires soutiennent qu’après être devenu le numéro 3 de la démolition au Québec, Demex souhaite se tourner vers le marché canadien de la démolition. Un premier pas a été franchi avec le contrat de Kitimat. Une autre avenue étudiée vise le marché de la démolition d’installations nucléaires, un secteur hyperspécialisé.

Enfin, l’expertise acquise dans le développement de prévisions budgétaires pour les entreprises souhaitant procéder à des travaux de démolition constitue une autre avenue.