L’approvisionnement pour les saisons d’automne et d’hiver est ralenti dans plusieurs commerces en raison des impacts de la pandémie. Le magasin Sports Experts de Chicoutimi doit par exemple faire face à des retards de quatre à cinq semaines dans la réception de ses livraisons.
L’approvisionnement pour les saisons d’automne et d’hiver est ralenti dans plusieurs commerces en raison des impacts de la pandémie. Le magasin Sports Experts de Chicoutimi doit par exemple faire face à des retards de quatre à cinq semaines dans la réception de ses livraisons.

Des retards d’approvisionnement causent des maux de tête aux commerçants

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les retards d’approvisionnement causés par la COVID-19 se font sentir dans les rayons de commerces au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La situation est un véritable casse-tête pour les commerçants qui tentent d’accommoder leurs clients.

Si, pour plusieurs, la clientèle et les ventes sont au rendez-vous en cette période de rentrée scolaire, c’est plutôt la marchandise qui se fait attendre.

C’est le cas des magasins de vêtements Mode Choc, qui sont en attente d’une partie de leurs collections d’automne et d’hiver. « Normalement, on a une grande partie de notre stock qui est arrivée et là je vous dirais que c’est arrivé à peine à 50 % », a souligné Christel Roussy, directrice générale adjointe par intérim de l’entreprise.

Les étalages moins garnis sont le résultat des retards causés dans les derniers mois par l’interruption de production d’usines en Inde, au Bangladesh ou en Chine en raison de la pandémie.

Les retards affectent surtout les sections pour femmes et pour hommes. Les étalages pour enfants sont cependant moins touchés.

La situation doit se rétablir prochainement dans les magasins de la chaîne fondée dans la région. « C’est une question de semaines, mais ces semaines-là sont cruciales quand même pour la rentrée des classes, parce que c’est un momentum », a-t-elle ajouté.

Une année « épouvantable » pour la livraison

La situation est semblable chez Sports Experts à Chicoutimi, qui connaît de quatre à cinq semaines de retard dans ses livraisons. « C’est sûr que c’est une année épouvantable au niveau de la livraison », a laissé tomber Mélanie Turcotte, copropriétaire de l’entreprise, en soulignant que plusieurs commerces du domaine connaissent des enjeux d’approvisionnent.

Les annulations de commandes par les fournisseurs sont nombreuses et certains produits se font plus rares. Difficile, par exemple, de trouver des shorts d’éducation physique en cette semaine de rentrée. « On est vraiment vidés, ça ne m’est jamais arrivé, ça fait 12 ans que je suis en poste », a-t-elle partagé.

Il est également plus difficile de mettre la main sur certains modèles et grandeurs de chaussures de sport. La diversité d’inventaire du magasin permet cependant d’orienter les clients vers d’autres produits pour répondre à la demande en ce début de saison automnale.

La situation complexifie aussi la planification des commandes pour les prochaines saisons. Du côté de l’équipement sportif chez Ultraviolet Sports, les commandes placées habituellement plus tard sont déjà effectuées. « Ça fait déjà quelques semaines qu’il faut que ce soit fait, pour être sûr d’avoir les livraisons de matériel rapidement l’été prochain et en saison hivernale », a expliqué Michaël Guay, gérant de la boutique de Jonquière.

Les problèmes d’approvisionnement touchent une diversité de produits du commerce de détail. Chez Encreco, l’approvisionnement en ordinateurs, casques d’écoute ou imprimantes a été ralenti. « Mais aussitôt qu’il y en a sur le marché, on saute dessus et on s’approvisionne », a mentionné la copropriétaire Louise Gravel. L’entreprise mise sur les stocks de ses magasins de Chicoutimi et Jonquière lorsque certains produits sont plus difficiles à trouver.

Un centre de distribution qui sauve la mise

Chez Gagnon Frères, le nouveau centre de distribution de Jonquière a permis à l’entreprise d’ameublement et d’électroménagers de tirer son épingle du jeu.

Malgré la fermeture des magasins pendant le confinement, l’entreprise régionale a pu continuer à recevoir et entreposer des commandes grâce à l’importante superficie de 130 000 pieds carrés du centre aménagé depuis moins d’un an dans l’ancien Walmart.

« On s’en est peut-être mieux tirés que d’autres, en donnant un meilleur service à nos clients, grâce à ce nouveau centre de distribution là qui a été notre sauveur », a exprimé Frédéric Gagnon, président et copropriétaire de l’entreprise.

Ces stocks permettent de répondre rapidement à la demande, souligne-t-il, mais les enjeux d’approvisionnement demeurent constants en raison des impacts de la COVID-19 sur les fournisseurs et leurs sous-traitants.

« C’est inimaginable, les pirouettes qu’on doit faire et comment on court le stock », a partagé le dirigeant. De nombreux produits du catalogue ont été remplacés par d’autres afin d’offrir une sélection disponible plus rapidement.

Gagnon Frères a réussi à tirer son épingle du jeu en répondant à la demande grâce à ses stocks accumulés dans le nouveau centre de distribution de l’entreprise, souligne le président et copropriétaire Frédéric Gagnon.

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IMPACTS DE LA GRÈVE AU PORT DE MONTRÉAL

Les impacts de la grève des débardeurs au port de Montréal, dont les activités ont repris dimanche, demeurent généralement difficiles à estimer pour les entreprises consultées. Pour certaines, leur approvisionnement transite plutôt par les ports de Vancouver ou d’Halifax.

À ce chapitre, du côté industriel, le conflit de travail ne devrait finalement pas avoir d’impacts sur l’échéancier des travaux de la phase deux des Serres Toundra, tel que le craignait l’entreprise de Saint-Félicien.

« Les conteneurs qui étaient pris au port sont pas mal tous rentrés jusqu’à date cette semaine », a indiqué Éric Dubé, président-directeur général de l’entreprise.

Du côté de Produits forestiers Résolu, l’entreprise n’était pas encore en mesure d’évaluer à quelle vitesse ses expéditions, qui étaient bloquées au port de Montréal, reprendront vers les marchés asiatiques et européens, notamment.