La période est propice à l’achat d’un condo ou d’une maison... du moins pour ceux qui n’ont pas perdu leur emploi ou qui possèdent des liquidités.
La période est propice à l’achat d’un condo ou d’une maison... du moins pour ceux qui n’ont pas perdu leur emploi ou qui possèdent des liquidités.

Des prêts hypothécaires à surveiller… et à magasiner

Avec un taux directeur de 0,25 %, le plus bas que la Banque centrale du Canada peut fixer, certains propriétaires devraient économiser sur leurs paiements hypothécaires et les conditions pour l’achat d’une propriété demeurent plus que propices… si bien sûr vous avez conservé votre emploi ou que vous possédez certaines liquidités.

« C’est évident que c’est un bon moment pour l’achat d’une maison ou d’un condo, pour les gens qui se qualifient évidemment. Les taux d’intérêt sont plus qu’intéressants. On voit des taux de 2,25 %, 2,59 %, 2,89 %. Tout dépendant de votre situation et de l’institution. On note environ un écart moyen de 0,30 % entre les différentes banques et institutions, il faut donc magasiner. Mais s’acheter une maison ou un condo, ça revient, par les temps qui courent, souvent moins cher que de payer un loyer », constate Hélène Potvin, courtier hypothécaire chez Multi-prêts, ajoutant que la période est également propice pour le refinancement.

À l’heure actuelle, ce sont les prêts à taux variables qui s’annoncent les plus avantageux et ce sont d’ailleurs les propriétaires qui ont choisi cette option dans la dernière année qui, en ce moment, bénéficient le plus de la baisse du taux directeur.

« J’ai des gens qui payaient 2,45 % et maintenant 1,45 % », donne en exemple Mme Potvin.

La grande majorité des acheteurs de maisons optent pour le taux fixe cinq ans, pour éviter des surprises. Dans le contexte actuel, un taux variable peut se montrer intéressant même pour les plus frileux.

« Il faut rester dans l’idée que les taux d’intérêt vont rester bas. Ça ne remontera pas rapidement. Donc une personne qui se classe au prêt, il n’y a pas grand risque pour un taux variable. En plus, on propose souvent des stratégies pour préparer l’acheteur si les taux montent. Par exemple, on peut opter pour le taux variable, mais on fait quand même les paiements en fonction d’un taux plus élevé. De cette façon, il y a moins de surprise si ça monte et en plus, le propriétaire rembourse plus rapidement l’hypothèque », suggère Mme Potvin.

Des pressions d’Ottawa qui semblent fonctionner

En temps de crise, les institutions financières ont plutôt tendance à moins prêter d’argent et à augmenter leurs taux. Les pressions d’Ottawa sur les banques semblent donc fonctionner, pointe Vincent Morin, professeur de finance à l’Université du Québec à Chicoutimi.

« Le pays semble clairement se diriger en récession. On ne sait juste pas combien de temps ça durera. Si c’est une dépression qui dure deux, trois ou quatre ans, il y aura un paquet de monde qui va ramener leur maison aux banques. Ça pourrait engendrer des pertes importantes pour les institutions. Donc même si le taux directeur baisse, le risque est grand pour les banques en période de crise. Les institutions auraient naturellement tendance à monter leur taux d’intérêt. Mais le fait que le gouvernement demande aux institutions de garder les taux bas et que ça fonctionne, c’est quand même un exploit. Parce que le premier réflexe des banques, en temps de crise, ça devrait être de ne pas prêter à personne. Je ne dis pas que c’est un bon réflexe, mais c’est celui d’un banquier peureux qui est prêt à prêter à des riches qui pourront le rembourser, mais pas à des pauvres », vulgarise M. Morin.

La Banque du Canada, dont la mission est de protéger l’économie du pays, pousse indirectement les institutions à prêter de l’argent en laissant peu d’options de placements sécuritaires disponibles sur le marché.

« La Banque centrale du Canada achète pratiquement toutes les émissions de dette publique sur le marché, donc tous les placements sûrs sont pris. Quand les banques ont de l’argent et veulent placer en temps de crise, elles se dirigent vers ces placements moins risqués. Mais ils sont tous pratiquement pris par la Banque du Canada. Il n’y a donc pas beaucoup d’outils de placement sûrs. Mais les banques ont de la liquidité, elles font donc davantage de prêts et ça incite la compétition entre les banques ce qui fait baisser les taux hypothécaires », explique M. Morin.