Des députés du Bloc québécois réclament un meilleur soutien aux entreprises

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les députés Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe déplorent le manque de souplesse dans les programmes d’aide aux entreprises et le manque de fonds disponibles pour répondre aux conséquences de la crise sanitaire.

Par voie de communiqué, les députés bloquistes affirment que de nombreux entrepreneurs de la région se butent présentement à la rigidité des critères et à un manque de financement des programmes, ce qui met leurs activités en péril.

Les députés bloquistes accusent le gouvernement fédéral de manquer d’écoute après avoir demandé de nombreux correctifs. « C’est évident que le plan de match n’était pas complètement défini, au début de la pandémie. Il y avait des craques dans le système et c’était compréhensible au départ. Toutefois, c’est notre travail, comme député, d’identifier les problématiques de la circonscription et de les transmettre à Ottawa. Malheureusement, de plus en plus, on constate que le gouvernement fait la sourde oreille », soutient Mario Simard, député de Jonquière. Au cabinet du député, on affirme recevoir de nombreux appels provenant d’entrepreneurs n’ayant pu obtenir de l’aide, faute de répondre aux critères.

Les élus du Bloc Québécois déplorent notamment la rigidité du Fonds d’aide et de relance régionale (FARR) et de la Société d’aide au développement des communautés (SADC), financés par Développement économique Canada. « En ce moment, plusieurs PME n’arrivent pas à se qualifier pour obtenir une aide financière. Nos entrepreneurs doivent essuyer un refus pour des raisons souvent absurdes. L’inaction des libéraux fait mal aux PME de la circonscription alors que ce sont des joueurs essentiels pour la relance économique. Au final, c’est toute la population qui en paye le prix ! », indique Alexis Brunelle-Duceppe, député de Lac-Saint-Jean.

Insuffisance de fonds

Il soulève aussi une problématique inquiétante quant au financement des programmes d’aide aux entreprises et à la disponibilité des fonds pour soutenir les entrepreneurs régionaux.

« Actuellement, plusieurs propriétaires de PME nous contactent pour nous dire qu’ils n’ont pas pu recevoir de financement parce qu’il ne reste plus d’argent dans les programmes. C’est inconcevable, surtout quand on sait que les libéraux n’ont pas hésité à bénéficier du programme d’aide aux entreprises en pigeant directement dans la Subvention salariale d’urgence », s’indigne Brunelle-Duceppe.

Selon le député de Jonquière, cette situation n’est pas étrangère au scandale WE Charity dans lequel est plongé le gouvernement fédéral depuis des semaines, remarque Mario Simard. « On espère que l’arrivée de Mme Freeland aux Finances pourra leur donner un peu d’air. Parfois, il faut savoir mettre ses intérêts partisans de côté et se rappeler pour qui on travaille », conclut Alexis Brunelle-Duceppe.

SADC du Fjord

Du côté de la SADC du Fjord, qui couvre le territoire du Bas-Saguenay et les municipalités rurales, la réalité semble différente. La directrice, Christine Bouchard, a mentionné qu’en vertu du volet SADC du Fonds d’aide à la relance régionale (FARR), qui accorde des prêts au fonds de roulement jusqu’à un maximum de 40 000 $ pour les entreprises incapables de se financer auprès des banques, seize entreprises ont obtenu 336 500 $ sur une enveloppe disponible de 938 000 $. Malgré tous les efforts déployés dans la promotion du programme et pour adapter les critères, il n’a pas été possible d’utiliser toute l’enveloppe disponible en raison de différents facteurs. « Souvent, ce sont des travailleurs autonomes qui n’avaient pas de compte bancaire ouvert au nom de leur entreprise sur le territoire de la SADC qui ont essuyé des refus », évoque-t-elle.

Un autre programme destiné à financer l’utilisation de ressources spécialisées pour l’établissement de commerces en ligne, des campagnes de promotion locale ou la revitalisation des centres-villes, a connu plus de succès alors que 20 entreprises ont utilisé la totalité de l’enveloppe de 91 971 $.

Les enveloppes budgétaires qui n’étaient pas complètement utilisées au 10 juillet dernier ont fait l’objet d’une redistribution, d’abord à l’échelle régionale puis à l’échelle provinciale.

Mme Bouchard a mentionné qu’un portrait régional complet devrait être présenté au début de septembre à l’occasion d’une rencontre entre les directions des cinq SADC de la région.