Carl Gagné a fondé Forge Maelström, une entreprise qui fabrique des couteaux haut de gamme.

Des couteaux forgés avec style

De Saint-Nazaire, Carl Gagné pratique le métier ancestral de forgeron dans un atelier qu’il a installé chez lui. Il y forge des couteaux pour les pêcheurs et les chefs cuisiniers en s’inspirant des techniques traditionnelles de fabrication des sabres japonais. L’artisan, qui décrit les pièces qu’il crée comme étant « chics, mais brutes », peine à répondre à la demande pour l’instant.

Si l’atelier de Carl Gagné demeure basique et qu’il travaille de manière artisanale, le forgeron utilise des techniques de fabrication provenant de l’industrie pour pouvoir répéter ses pièces. « La fabrication comme telle est digne du 17e siècle », raconte celui qui provient du domaine de la métallurgie.

Son expertise industrielle se mêle à un savoir-faire ancestral. « J’ai contribué à ouvrir des usines. Je suis revenu dans la région en grande partie pour mes enfants. »

Carl Gagné a donc fondé Forge Maelström, une entreprise qui fabrique des couteaux qui se vendent comme des petits pains chauds. Les pièces, de véritables oeuvres d’art, se détaillent entre 100 $ et 250 $. Les prix de ses couteaux sont compétitifs avec les autres grands noms de la coutellerie.

« J’aime faire des objets qui ont un look un peu rough, un peu rural. La présentation et la qualité du fini sont très, très chics », dit Carl Gagné pour décrire son travail.

Les couteaux de Carl Gagné se détaillent entre 100 et 250 $.

Le forgeron de 39 ans vise d’abord et avant tout les pêcheurs. Le produit qu’il fabrique peut aussi satisfaire les chefs, ou simplement ceux qui prennent l’art culinaire au sérieux. « Quelqu’un qui aime cuisiner, un épicurien à la maison qui veut quelque chose qui est digne d’un scalpel et qui est tanné d’avoir un couteau qui ne coupe plus après deux ou trois utilisations, avec mes couteaux, il va être gâté. C’est incomparable », affirme-t-il avec assurance.

La dureté des couteaux produits dans ses forges est suffisante pour tailler du verre. « C’est un couteau haut de gamme. Ce sont des objets desquels on prend soin, qui peuvent être transmis de génération en génération. »

Matériaux récupérés
Avec l’aide d’une trempe à l’argile, il arrive à créer des pièces tranchantes, dont les motifs rappellent les célèbres sabres katanas japonais. L’acier utilisé pour fabriquer ses couteaux est de haute qualité.

« Je ne suis pas capable de m’approvisionner dans la région. Je récupère tout le métal qu’on peut trouver chez les machinistes. Pas les retailles et les rebuts, mais celui qui provient des outils dont ils se servent pour couper l’acier. Quand les outils cassent, ils ne peuvent habituellement rien avoir en échange. Je récupère cet acier-là et je le reforge », précise M. Gagné.

Ce métal de récupération est la base pour fabriquer ses couteaux. Le bois qui entre dans la fabrication des couteaux est aussi récupéré, dans les ateliers d’ébénisterie de la région.

Avis aux intéressés, Carl Gagné est à la recherche d’un apprenti pour l’automne. Il a besoin d’aide dans son atelier pour pouvoir se consacrer davantage au développement de ses affaires. « Je veux lui enseigner le métier pour qu’il soit autonome en janvier. Ce n’est plus un métier que l’on apprend à l‘école. C’est difficile de trouver un jeune qui veut se consacrer à ce métier-là, qui est dur des fois », indique-t-il, en ajoutant qu’il peut être ardu de composer avec les températures extrêmes liées à la profession de forgeron.

À l’heure actuelle, Carl Gagné vend sa production au fur et à mesure en l’affichant sur des sites comme Etsy, ou encore sur Facebook. Avec l’aide d’apprentis, il aimerait arriver à produire d’ici quelques années une centaine de couteaux par semaine.

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CARL GAGNÉ A LE FEU SACRÉ

Pour Carl Gagné, fabriquer des objets en métal a toujours été une passion, qui s’est transmise de génération en génération. Le fondateur de Forge Maelstrom, une entreprise qui entre dans la catégorie des coutelleries, possède ce savoir-faire de façon presque innée. 

« Je ne sais pas comment la passion est née, mais je l’ai depuis toujours », raconte-t-il pour expliquer ses premiers essais à titre de forgeron amateur. Carl Gagné précise avoir commencé à faire de la forge en dessous de la galerie, quand il était jeune, chez ses parents.

« Après avoir passé proche de mettre la maison en feu à quelques reprises, mon père a gentiment suggéré de m’aider à me faire un petit coin personnel pour mes projets, parce que ça allait lui coûter une maison .» Il obtient donc sa première remise 8 par 10, dans laquelle il forge ses premiers objets, alors qu’il a 14 ans. Avec le travail qu’il accomplit dans ce premier atelier, il finance ses études en joaillerie.

Son grand-père, qui travaillait lui aussi comme forgeron dans des carrières de pierre, lui donne ensuite un coup de main. « Il m’a donné beaucoup d’explication sur comment ça fonctionne le feu de forge, sur les températures. Je n’ai jamais vraiment arrêté. Je me suis promené beaucoup dans le pays, mais j’ai toujours traîné un petit feu de forge avec moi », se souvient Carl Gagné. Stéphane Bouchard