L’urbaniste Christine Tremblay, le conseiller Simon-Olivier Côté, et Denis Coulombre, directeur de l’aménagement et de l’urbanisme à Saguenay, ont entendu les citoyens pendant plus de deux heures concernant le projet Vaudreuil 2022,

Des citoyens expriment leurs inquiétudes

La consultation tenue mardi soir à la salle du conseil de Saguenay, à Chicoutimi, portant sur la présence d’une zone tampon à même le Boisé panoramique reliée au Projet Vaudreuil au-delà de 2022 pour l’expansion du site d’entreposage des résidus de boues rouges de Rio Tinto (RT), a été l’occasion pour une trentaine de citoyens d’exprimer leurs inquiétudes et de remettre en question le projet en raison des impacts appréhendés.

Pour l’occasion, le président de la Commission de l’environnement et du développement durable, Simon-Olivier Côté, accompagné de Christine Tremblay, urbaniste, et Denis Coulombe, directeur de l’Aménagement du territoire et de l’urbanisme, ont expliqué les modifications apportées au règlement sur le plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) dans le cadre du projet. Les conseillers Marc Bouchard, Michel Potvin et Jean-Marc Crevier étaient également présents.

Sommairement, le règlement prévoit que RT devra limiter ses interventions à l’intérieur de la zone tampon quant à la construction, la rénovation, l’agrandissement d’un équipement, d’un réseau ou d’un bâtiment, l’aménagement d’une aire de stationnement, l’abattage d’arbres, les travaux de remblai et déblai de façon à limiter les impacts d’éléments reliés au site de résidus. RT devra démontrer qu’avant d’implanter des équipements dans la zone tampon, il lui est impossible de procéder autrement.

À l’aide d’une carte sommaire, les représentants de Saguenay ont expliqué que la zone tampon prévue autour du futur site s’étendra au minimum à 139 mètres de la ligne de propriété la plus proche et à 500 mètres de la plus éloignée.

Les questions du public, composé principalement de représentants du Comité pour un Vaudreuil durable (CVD), ont largement débordé la présence de la zone tampon. Elles ont porté sur la capacité des autorités municipales à faire respecter cette zone face aux demandes éventuelles de la multinationale qui prévoit l’exploitation du site jusqu’en 2047.

Les émanations de poussières de résidus de bauxite ont semblé préoccuper particulièrement le citoyen Louis-Philippe Thibault.
La citoyenne Hélène Savard a déclaré que Saguenay a déroulé le tapis rouge devant Rio Tinto sans obtenir de garanties.

Une citoyenne d’Arvida, Hélène Martel, et d’autres, dont Louis-Philippe Thibault, ont soulevé des interrogations quant aux risques pour la santé reliés à la dispersion des poussières fines de résidus en expliquant que ceux-ci seraient désormais asséchés et plus susceptibles de se disperser dans l’environnement. Les modifications apportées à la topographie du site par l’ajout annuellement de centaine de milliers de tonnes de résidus qui pourraient éventuellement se déverser dans le Saguenay en cas de déluge, de glissements de terrain ou d’un tremblement de terre via le ruisseau Lahoud, et la présence d’odeurs ont fait l’objet d’interrogations. Il en va de même en ce qui a trait à l’aménagement de digues pour des bassins de rétention des eaux de pluie dont la hauteur pourrait atteindre une centaine de pieds, selon les hypothèses émises. La nécessité d’effectuer des travaux de dynamitage pour l’aménagement du site, la disparition de piste de vélos de montagne, la nécessité pour la ville de respecter les principes de précaution ont figuré parmi les sujets abordés.

À plusieurs reprises, les représentants de Saguenay ont été incapables de répondre aux questions techniques, ce qui a soulevé davantage la suspicion des personnes présentes quant à la capacité de la Ville d’évaluer les impacts du projet. «Plusieurs aspects techniques ne sont pas encore connus parce qu’on n’a pas encore de connaissances assez précises de ce qu’ils veulent faire, mais on n’a pas encore accordé aucun permis pour construire quoi que ce soit sur le site», a expliqué M. Côté. Ce dernier a ajouté qu’il était difficile à cette étape du projet de changement au règlement de parler au nom de RT.

La consultation a pris la forme d’un mini-débat vers la fin entre le conseiller Jean-Marc Crevier et le citoyen Luc Caron lorsque ce dernier a soulevé la question de la dévaluation des résidences situées à proximité du site et le fait que plusieurs résidences à vendre du quartier Panoramique ne trouvent pas preneur. M. Crevier a mentionné qu’une firme a été embauchée pour étudier la question et que des comités ont été formés pour étudier le sujet et qu’éventuellement RT paierait pour les pertes.

Certains ont convenu que la présence de représentants de RT aurait été nécessaire pour obtenir des réponses plus précises.

À l’issue de l’exercice, le conseiller Côté a constaté que des inquiétudes subsistent concernant le projet et la présence de la zone tampon. Selon lui, des questions très pertinentes ont été soulevées. Il n’a pas exclu que des ajustements au PIIA puissent être apportés à la suite de cette consultation.