Des centaines d’emplois menacés

Des centaines d’emplois dans le secteur des assurances pourraient disparaître au Saguenay-Lac-Saint-Jean advenant l’adoption du projet de loi 141 visant à améliorer l’encadrement du secteur financier, la protection des dépôts d’argent et le régime de fonctionnement des institutions financières.

C’est ce que soutient Alain Paquet, l’ex-député libéral de Laval-des-Rapides et ex-ministre délégué aux Finances qui, avec son ex-collègue péquiste Rosaire Bertrand, mène un combat auprès de la population pour que soit modifié le projet de loi et invite les citoyens à signer une pétition.

Ce document législatif qualifié de loi mammouth, présentement à l’étude à l’Assemblée nationale, est constitué de 488 pages et de 741 articles, selon M. Paquet. Il vient modifier une soixantaine de lois touchant l’assurance de dommages (habitation et automobile), ainsi que l’assurance de personnes.

Parmi les mesures importantes, il aura pour effet d’abolir la Chambre de l’assurance de dommages et la Chambre de sécurité financière qui assurent l’autoréglementation du secteur de l’assurance et encadrent le professionnalisme des personnes qui offrent des produits d’assurance. 

« Ce projet de loi vient changer considérablement la dynamique pour la protection des consommateurs d’assurances et la qualité des services auxquels ils sont en droit de s’attendre », explique M. Paquet.

Parmi les effets de la future loi, M. Paquet soutient que les grandes banques et Desjardins pourront confier entre les mains de simples vendeurs la distribution de produits financiers primordiaux comme de l’assurance collective, de l’assurance-vie, des fonds mutuels, etc., sans que ces personnes ne soient certifiées auprès de l’Autorité des marchés financiers comme c’est le cas actuellement. 

« Les personnes qui pourront conseiller les consommateurs n’auront pas à leur fournir des produits qui conviennent à leur situation », explique M. Paquet. Il en résultera que des personnes ayant payé pendant des années pour des produits financiers pourraient vivre un cauchemar au moment de réclamer leur dû. 

« Désormais, la vente de produits d’assurance et financiers va se faire au bon vouloir des vendeurs qui n’auront qu’à dire à leurs clients ‘faites-nous confiance’ », affirme M. Paquet.

Un autre aspect du projet de loi, selon M. Paquet, est que les caisses et les banques pourront mettre en vente des produits financiers par Internet, ce qui ouvre grande la porte à une centralisation à Montréal ou Québec d’emplois présentement occupés par des gens en région. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, M. Paquet craint que 1300 emplois soient affectés à moyen et long terme.

À la lecture du projet de loi, M. Paquet conclut que les seuls avantages procurés par la future loi sont du côté du lobby des banques et des caisses qui y trouveront des occasions d’économiser sur le dos des clients laissés à eux-mêmes.

Compte tenu de toutes ces conséquences importantes, M. Paquet invite le public à signer la pétition en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour se prononcer contre le projet de loi 141. 

En février dernier, une lettre de dénonciation a été publiée sous la signature de 17 représentants œuvrant dans le secteur financier et de la protection des consommateurs dont Option consommateurs, la Coalition des associations de consommateurs du Québec, la Coalition pour la protection des investisseurs, etc.