Justin Maltais Photo a déménagé à la fin du mois de juillet dans le haut de la rue Racine, à Chicoutimi, au 376, rue Racine Est, à l’angle de la rue Labrecque.
Justin Maltais Photo a déménagé à la fin du mois de juillet dans le haut de la rue Racine, à Chicoutimi, au 376, rue Racine Est, à l’angle de la rue Labrecque.

Déménagement de Justin Maltais Photo: une page d’histoire se tourne

Une page d’histoire s’est tournée pour Justin Maltais Photo, qui a récemment quitté l’édifice qui a vu naître le commerce sur la rue Racine, au centre-ville de Chicoutimi, il y a près de 70 ans.

Une fin de bail et l’incertitude causée par la crise sanitaire et économique ont amené la boutique d’équipements de photographie et de services d’impression à quitter à la fin du mois de juillet ses locaux du 34, rue Racine Est, pour s’installer dans le haut de la rue Racine.

Justin Maltais Photo a déménagé à la fin du mois de juillet dans le haut de la rue Racine, à Chicoutimi, au 376, rue Racine Est, à l’angle de la rue Labrecque.

L’homme d’affaires Jean Maltais, fils du pharmacien Justin Maltais, qui a fondé le commerce à l’époque, a rapatrié l’entreprise dans l’édifice qui abrite la Boutique S3, à l’angle de la rue Labrecque. Une façon pour lui de faire d’une pierre deux coups en comblant les locaux du bâtiment dont il est propriétaire, lui qui avait vendu l’édifice Justin Maltais il y a quelques années.

Les employés s’affairaient à finaliser l’affichage et à compléter le déménagement de la boutique maintenant située au 376, rue Racine Est, lors du passage du Progrès, cette semaine.

Justin Maltais Photo a déménagé à la fin du mois de juillet dans le haut de la rue Racine, à Chicoutimi, à l’angle de la rue Labrecque.

«Il faut avancer», laisse tomber Jean Maltais, président-directeur général de l’entreprise, au début de la visite.

Habitué aux projets d’affaires, qui se sont succédé tout au long de sa carrière dans différents domaines, l’entrepreneur préfère regarder vers l’avant.

Jean Maltais, fils du pharmacien Justin Maltais, se souvient de la construction de l’édifice qui a abrité la pharmacie de son père, à partir de 1951, et qui a vu naître l’entreprise de photographie familiale.

Du comptoir à la boutique

Ce déménagement demeure toutefois particulier, car Jean Maltais laisse derrière lui de nombreux souvenirs familiaux. Son père avait fait construire l’édifice en 1951 pour y ouvrir sa pharmacie.

«Quand ça s’est construit, j’avais 5 ans et je m’en souviens, partage-t-il. Et tous les dimanches, mon père m’amenait à sa pharmacie. Mon père a été le premier pharmacien natif de la région.»

Jean Maltais, fils du pharmacien Justin Maltais, se souvient de la construction de l’édifice qui a abrité la pharmacie de son père, à partir de 1951, et qui a vu naître l’entreprise de photographie familiale.

Un comptoir de photographie se trouvait alors dans la pharmacie. «On était l’un des plus vieux comptes de Kodak au Canada», souligne Jean Maltais, qui a travaillé au sein de l’entreprise familiale à partir de ses 10 ans, avant d’en prendre les rênes dans la trentaine.

Le laboratoire a ensuite été incorporé à la fin des années 1960, avant de prendre de l’expansion au début des années 1980. C’est alors que Justin Maltais Photo a occupé sa propre boutique indépendante au sein de l’édifice. Une diversité de produits y sont alors vendus, avant que le commerce ne décide de revenir à ses premières amours: la photo.

Justin Maltais a été le premier pharmacien natif de la région, souligne son fils Jean Maltais. Un article lui avait été consacré dans Le Progrès-Dimanche, le 11 mars 1979.

«On a été le premier commerce à Chicoutimi à louer des cassettes! On vendait des TV, des micro-ondes. On avait un département d’électronique», raconte M. Maltais pendant la visite, causant par ses anecdotes la surprise des plus jeunes employées qui travaillent à l’étage.

Le laboratoire de développement et d’infographie y est installé et un studio devrait s’ajouter. Au rez-de-chaussée, où a été installée la boutique, les clients peuvent retrouver Denis Simard et Mario Cloutier, deux figures bien connues de l’entreprise chicoutimienne.

Mario Cloutier et Denis Simard, tous deux passionnés de photographie, assurent le service à la clientèle de la boutique située au rez-de-chaussée des nouveaux locaux de Justin Maltais Photo.

De l’argentique au numérique

Derrière le comptoir, les deux passionnés de photographie reçoivent et conseillent les clients dans leurs recherches d’équipements spécialisés. Denis Simard, qui travaille au sein du commerce depuis 40 ans, a vécu la transition de l’argentique au numérique. Sa passion est encore vive pour l’argentique, lui qui possède une collection de quelque 350 appareils photo et caméras de différentes époques.

«C’est pour les cinécaméras que j’ai cliqué le plus en dernier. Ce sont des caméras qui font du vidéo, mais en argentique», explique le conseiller aux ventes, tout en examinant attentivement un appareil argentique qu’une cliente venait de lui donner en matinée.

Son collègue Mario Cloutier partage cette passion pour l’argentique, lui qui s’occupe d’un regroupement d’une vingtaine de passionnés de cette technique. «Pouvoir travailler dans le domaine de la photo quand on a la photo comme passion, c’est rare», partage qui est à l’emploi de Justin Maltais Photo depuis une dizaine d’années.

Pour leur patron, Jean Maltais, c’est la passion des affaires qui demeure bien vivante à 73 ans. «La dernière fois que j’ai pris deux semaines de vacances, c’était en 1987, lance-t-il. Et j’ai dû revenir après trois jours!»

Mario Cloutier et Denis Simard, tous deux passionnés de photographie, assurent le service à la clientèle, au rez-de-chaussée des nouveaux locaux.

Et la retraite, elle? «C’est un mot que je ne connais pas», laisse-t-il tomber en souriant.

Mario Cloutier, conseiller aux ventes, travaille chez Justin Maltais Photo depuis une dizaine d’années.

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INCERTITUDE ENTOURANT LA PHOTOGRAPHIE SCOLAIRE

Ce ne sont pas les ventes en boutique qui inquiètent le copropriétaire de Justin Maltais Photo, mais plutôt l’incertitude entourant les prises de photographies scolaires.

À mois d’un mois de la rentrée scolaire, l’entreprise demeure dans le flou pour la planification des prises de photographies dans les établissements scolaires.

«C’est presque 50% de mon chiffre d’affaires», expose Jean Maltais, copropriétaire de l’entreprise familiale, qu’il possède avec son frère Luc et sa soeur Geneviève.

«On ne sait pas ce qui va se passer. Pour nous, le rush s’en vient. Il faut prendre contact avec les écoles.»

La livraison des photographies scolaires a dû être interrompue en mars, lorsque les écoles ont été fermées en raison de la pandémie.

Du côté de la boutique, le volume d’affaires a repris depuis la réouverture des commerces, souligne Jean Maltais. La crise l’amène cependant à mettre sur la glace ses projets d’investissement, notamment en lien avec l’accélération de l’informatisation des commandes.

Justin Maltais Photo a quitté à la fin du mois de juillet l’édifice qui a vu naître le commerce au centre-ville de Chicoutimi sur la rue Racine, il y a près de 70 ans.