Le président et chef de la direction de Delta, Ed Bastian a affirmé que la gamme d’avions commerciaux de Bombardier devait avoir accès au marché américain — le plus grand marché de transport aérien au monde.

Delta ne s’attend pas à payer de droits

Delta Air Lines affirme que la dispute commerciale entre Bombardier et Boeing pourrait retarder les livraisons d’avions CSeries prévues l’an prochain, mais le transporteur ne s’attend pas à devoir payer les tarifs punitifs de 300 % récemment imposés par Washington.

«Soyons clairs, nous n’allons pas payer ces tarifs», a affirmé le président et chef de la direction de Delta, Ed Bastian, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre.

Interrogé par les analystes, celui-ci s’est montré déçu des décisions du département américain du Commerce, qui, à son avis, ne sont pas logiques. Le grand patron de Delta a ajouté que ce dossier, qui a d’importantes ramifications politiques, allait continuer d’évoluer.

M. Bastian a affirmé que la gamme d’avions commerciaux de la multinationale québécoise devait avoir accès au marché américain — le plus grand marché de transport aérien au monde.

«Nous avons l’intention de prendre livraison de l’avion, a-t-il dit. Je ne peux pas vous dire comment tout se fera. Il pourrait y avoir un retard avant de pouvoir obtenir l’avion et nous travaillons avec Bombardier, qui est un excellent partenaire.»

Selon M. Bastian, le transporteur établi à Atlanta sera en mesure d’obtenir ses avions «au prix convenu du contrat» avec Bombardier.

«Nous n’allons pas être forcés de payer des tarifs, a-t-il affirmé. Nos investisseurs ne devraient pas s’inquiéter.»

Bombardier n’avait pas répondu aux commentaires de M. Bastian, mercredi, en début d’après-midi. 

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BOEING CONTRE-ATTAQUE AVEC UNE CAMPAGNE PUBLICITAIRE

Boeing a lancé une campagne de relations publiques afin de rappeler aux Canadiens l’ampleur de sa contribution à l’économie du pays.

Le géant américain de l’aéronautique Boeing a lancé une campagne de relations publiques dans le cadre de sa querelle avec Bombardier, afin de rappeler aux Canadiens l’ampleur de sa contribution à l’économie du pays.

L’entreprise de Chicago a expliqué que la campagne inaugurée mardi se déroulera à la télévision, à la radio et sur des plateformes numériques.

La directrice générale de Boeing Canada, Kim Westenskow, a expliqué que la compagnie contribue environ 4 milliards $ chaque année au développement et à la croissance économique du Canada. Cela représenterait près de 14 % de tout l’impact aéronautique du pays.

Boeing a révélé faire affaire avec 560 fournisseurs canadiens qui génèrent 17 500 emplois, en plus des 2000 employés qui composent sa propre main d’œuvre.

Mme Westenskow a ajouté que Boeing est aujourd’hui le plus important constructeur aéronautique non canadien au Canada.

La semaine dernière, Bombardier avait accusé l’administration Trump d’exagération dans sa décision d’appuyer Boeing dans sa croisade pour exclure les avions commerciaux CSeries du plus grand marché de transport aérien au monde en quadruplant le prix de chaque appareil vendu aux États-Unis.

Le département du Commerce avait ajouté un droit antidumping de 79,82 % sur aux droits compensatoires de 219,63 % annoncés en septembre. Ces droits préliminaires, s’ils sont confirmés, gonfleront de près de 300 % le prix des avions de la CSeries lorsque débutera leur livraison à Delta Air Lines, l’an prochain.