Daniel Gobeil prêt à se battre

Au lendemain de l’annonce du prix de vente des bleuets, le président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Daniel Gobeil, affirme être prêt à faire valoir les droits de ses membres advenant un prix de vente final jugé insuffisant.

Le prix de départ pour le bleuet conventionnel en bleuetière est fixé à 35 cents la livre alors qu’il s’élève en forêt à 80 cents la livre. Selon les estimations dans le milieu, le prix final du bleuet serait évalué à 30 cents la livre, un prix similaire à la saison estivale de 2016 et critique pour plusieurs producteurs.

« Mes prédécesseurs à la tête du syndicat n’ont pas été jusqu’au bout », laisse tomber Daniel Gobeil.

Il rappelle que les responsables de la mise en marché au sein du syndicat sont de nouveaux administrateurs qui sont intéressés, plus que jamais, à défendre leurs droits. « Si on n’a pas un prix convenable, on va aller au bout, peu importe le nombre d’années. Il faut aller au bout, sinon on va tous disparaître », ajoute-t-il.

Le président se questionne notamment quant à la raison qui explique la baisse du prix des bleuets. « Est-ce que c’est provoqué volontairement dans le but de prendre le contrôle de l’industrie du bleuet au Québec ? », lance-t-il.

Entente non respectée
M. Gobeil est d’avis que l’entente unissant les producteurs et les transformateurs de bleuets est pleine de sens. Toutefois, elle doit être respectée, ce qui, selon lui, n’est pas le cas. « On n’a jamais respecté nos droits de vérifications. Nous, les producteurs, on a accepté de sacrifier la concurrence. On leur donne nos cultures et ils nous donnent bien ce qu’ils veulent. Notre seul atout, c’est le droit de vérification et on n’y arrive pas vraiment », ajoute le président.

Selon lui, lors d’un exercice de vérification effectué à l’échelle régionale, un transformateur aurait fourni moins de 10 % des documents demandés alors que l’autre n’aurait rien soumis.

Le prix final de vente des bleuets sera connu le 15 août. Il sera fixé en fonction de l’inventaire non vendu et non livré.

Rareté du petit fruit
Selon Daniel Gobeil, la demande pour le bleuet sera forte sur le marché mondial. Les productions des Maritimes et des États-Unis seraient en deçà des attentes. Par ailleurs, la pluie des derniers jours a été favorable aux petits fruits qui se retrouvent encore dans les champs du Québec. Toutefois, rien ne peut remplacer les bleuets qui ont séché dans les champs plus tôt dans la saison.

Également producteur, Daniel Gobeil confirme que des portions de ses bleuetières sont asséchées.