Jean-Marc Crevier Archives Le Quotidien
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Crevier prône le dialogue avec Résolu

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier accepte la main tendue du président et chef de la direction de Résolu, Yves Laflamme, et préconise un véritable dialogue avec la papetière afin de positionner la région pour accueillir et surtout s’inscrire dans les nouveaux créneaux de développement de l’industrie des pâtes et papiers.

Ce qui signifie pour l’ex-leader syndical de «cesser de perdre du temps à discuter des détails» d’un bail pour 60 mégawatts alors que le véritable enjeu réside dans un partenariat technologique avec la multinationale. « On va ramener les choses dans leur juste contexte. On veut demander plus à Résolu pour un bail de 60 mégawatts que ce que l’on exige de Rio Tinto qui a les droits d’exploitation des rivières de 3000 mégawatts », tranche le conseiller municipal et vice-président de Promotion Saguenay.

« Quand bien même que le gouvernement nous retournerait quelques millions de dollars dans un fonds de développement économique, ça ne nous mènera à rien. Premièrement, la chicane va durer trois ans pour répartir l’argent. Ce dont nous avons besoin, c’est l’ouverture de la papetière pour nous accompagner dans le développement de ces projets d’avenir et ainsi être en mesure de créer une véritable grappe industrielle quand elle aura complété le développement des produits d’avenir. Je suis convaincu que le président de Résolu Yves Laflamme ne sera pas fermé à cette idée. »

Jean-Marc Crevier cible dans un premier temps la fibre cellulosique dont la production sera concentrée à l’usine de Kénogami. Ce produit constitue le plus important développement pour l’industrie forestière de la région des 50 dernières années. Il s’agit selon le conseiller d’une occasion en or pour la région de s’inscrire dans le futur dès maintenant, et non pas attendre dans huit ans pour analyser chaque virgule d’un bail qui aurait été respecté ou non.

Jean-Marc Crevier est conscient que Résolu doit développer ce produit sur une base industrielle afin que la fibre cellulosique remplace les fibres synthétiques. Ce qui nécessitera un certain nombre d’années et surtout de l’énergie. Il faut 1000 kWh pour la production d’une tonne de pâte kraft et 10 000 kWh pour la production d’une tonne de fibre cellulosique. Résolu a choisi la région en raison de la disponibilité de l’énergie.

« Un peu partout, des gens travaillent sur ce produit. Nous, on va attendre huit ans pour voir si le bail est respecté ou pas. Non, c’est maintenant que l’on doit se mettre au travail. Le gouvernement du Québec recherche activement des projets de relance économique et on doit faire converger les intérêts du gouvernement, ceux de Résolu et ceux de la région. Plusieurs régions aimeraient avoir les atouts que nous avons en ce moment entre les mains. On soit retenir l’idée du président du syndicat de l’usine Kénogami en commission parlementaire qui propose d,établir un agenda pour ce nouveau le développement de ce nouveau produit », ajoute le conseiller municipal.

Jean-Marc Crevier rappelle que Résolu a rénové son usine de pâte Kraft de Saint-Félicien en plus d’augmenter sa capacité de production. Cette usine est un joyau puisque la pâte kraft constitue la base de l’économie de la chimie verte. L’entreprise a aussi choisi Kénogami comme site de production commerciale de la fibre de cellulose et investira également dans cette usine pour sécuriser sa production de papier SCA plus.

Pour fermer cette boucle, la papetière, dont le principal actionnaire est la société Fairfax de Toronto, n’hésite pas à confier les plus hautes fonctions à des gestionnaires de la région puisque Yves Laflamme, originaire de Saint-Félicien, a succédé à Richard Garneau, qui était pour sa part originaire de Saint-Prime.

Jean-Marc Crevier ne peut se résoudre à laisser passer cette opportunité. Il voit aussi dans cette perspective la possibilité de relancer le secteur de Kénogami, qui a grandement souffert de la décroissance de l’industrie forestière, au cours des 30 dernières années.

Le conseiller municipal est convaincu que le premier ministre François Legault va répondre à l’appel si la région donne un signal fort pour entreprendre le virage vers la chimie verte, laquelle représente l’avenir de l’industrie forestière. Il souligne que le premier ministre a mandaté ses principaux ténors de l’économie pour identifier des projets de relance et qu’Investissement Québec dispose d’une grande capacité financière pour supporter la démarche qu’il propose.

Il n’y a pas que la fibre cellulosique. Jean-Marc Crevier comprend aussi que Résolu, dans ses orientations stratégiques, souhaite développer le domaine du papier tissu, qui est à la base de tout le secteur du papier hygiénique pour les soins personnels et le secteur de la santé. Selon lui, il est temps plus que jamais de répondre présent à l’invitation du président de la papetière.

Pour le conseiller municipal, il est donc urgent de mettre en place une équipe de travail qui comprendrait un représentant de l’entreprise, un représentant du gouvernement du Québec ainsi que des représentants de la région pour bien mesurer les besoins de l’entreprise pour assurer l’avenir de l’industrie forestière de toute la région.

« Ça peut ressembler à ce que nous avons fait avec la Vallée de l’aluminium. Peu importe, l’important est de saisir l’opportunité dès maintenant et ne pas attendre. On va regarder et analyser très soigneusement les besoins et après on ajustera le bail. Ce qui est important, ce n’est pas le bail, c’est que la région trouve son compte », a conclu le conseiller municipal.