Karl Blackburn, président et directeur général du Conseil du partronat du Québec, rappelle qu’il compte sur le conseil d’administration de l’organisme sur la présence de l’avocat Sylvain Bouchard, spécialisé en relations de travail au bureau de Gauthier, Bédard.
Karl Blackburn, président et directeur général du Conseil du partronat du Québec, rappelle qu’il compte sur le conseil d’administration de l’organisme sur la présence de l’avocat Sylvain Bouchard, spécialisé en relations de travail au bureau de Gauthier, Bédard.

CPQ: le Québec doit travailler à la mise à jour des transports et communications

La crise économique actuelle découlant de la pandémie doit être l’occasion pour les régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean de travailler à la mise à jour de leurs infrastructures de transport et de communication, souligne Karl Blackburn, nouveau directeur général du Conseil du patronat du Québec.

Depuis juin, M. Blackburn est devenu le « patron des patrons » en occupant le poste de président et directeur général du Conseil du patronat du Québec (CPQ) regroupant 70 000 entreprises privées et associations économiques patronales. « Le rôle du CPQ est de prendre des orientations qui doivent être favorables pour l’économie du Québec en fonction des valeurs prônées par l’ensemble des entreprises. Plus souvent, je constate que les gens associent le conseil à de grandes entreprises de la région de Montréal. Mon mandat est de faire rayonner le CPQ à travers l’ensemble des régions du Québec de par mon parcours professionnel. Je suis conscient que la réalité des employeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas la même que celle de l’Abitibi, mais je crois qu’on peut jouer un rôle important auprès des décideurs. »

Parmi les défis que se donne le CPQ, figure la nécessité, pour l’État, de moderniser l’appareil gouvernemental, entre autres, avec les transformations numériques, alors que la pandémie et le télétravail ont vidé les centres-ville de leurs personnes et leurs activités. Il y a là un enjeu important, reconnaît M. Blackburn, puisque la valeur des immeubles et tours de bureaux est liée aux revenus qu’ils génèrent. Il constate qu’au Saguenay, le même phénomène s’applique à plus petite échelle. « Tout a été arrêté lors de la pandémie. Le gouvernement propose une réintégration graduelle des centres-villes avec pour objectif de redonner de l’oxygène économique dans un contexte graduel. » M. Blackburn prévoit que la pandémie apportera un modèle hybride entre le télétravail et le travail physique au bureau. Il convient que le télétravail ne convient pas à tous pour des raisons qui peuvent être familiales, physiques ou autres.

Décentraliser vers les régions

Le contexte ne serait-il pas favorable aux régions pour réclamer les 5000 emplois de la fonction publique promis aux dernières élections par la CAQ maintenant au pouvoir ? Sur le sujet, Karl Blackburn constate que toutes les organisations sont maintenant à un clic des marchés mondiaux. Des organisations comme l’UQAC, CGI, ou institutions dispensant de la formation en médecine peuvent saisir des occasions pour diversifier leurs activités, dit-il, tout en avouant ne pas avoir toutes les réponses face à l’avenir.

Il ajoute que si les régions veulent être compétitives, en demeurant à un clic des marchés, elles doivent tout de même œuvrer à la réorganisation du transport aérien régional ainsi qu’à la mise en place d’infrastructures technologiques comme l’internet haute vitesse partout sur leur territoire.

Pour y arriver, le CPQ suggère que la nouvelle autonomie gouvernementale des municipalités soit mise à contribution au profit du dynamisme économique en veillant à ce que soient prises en compte les réalités locales dans les stratégies et les politiques gouvernementales. Il refuse de se prononcer sur la disparition des structures de représentation régionale décidée par le précédent gouvernement Couillard.

« Je vais laisser les débats pour ceux qui vont faire de la politique. Dans le contexte actuel, le Québec se remet en marche graduellement. Je crois qu’il faut s’unir pour que la relance économique soit faite de façon sécuritaire ».

Il rappelle que des pans entiers de l’économie souffriront encore longtemps de la fermeture des frontières, entre autres, l’industrie du voyage, de l’hôtellerie et la restauration, malgré la présence des programmes d’aide gouvernementaux.

Le CPQ questionne la décision du gouvernement Trudeau de prolonger la prestation canadienne d’urgence jusqu’en août prochain, une mesure qui constitue un frein à la reprise puisqu’elle encourage des catégories de travailleurs à demeurer à la maison.

En revanche, la subvention salariale de 75 % est davantage favorable à la reprise des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, conclut-il.