Richard Gauthier a passé les rênes de l’entreprise Construction Gauthier il y a quelques mois. Il pose devant le nouveau Sail, un des plus récents projets de la compagnie.

Construction Gauthier: passation des pouvoirs

Richard Gauthier fait partie de cette rare catégorie d’hommes d’affaires qui connaît les facettes de cédant et de repreneur d’entreprise. Président et directeur général de Construction Gauthier jusqu’à tout récemment, l’entrepreneur est en quelque sorte revenu sur ses pas lorsqu’est venu le temps de passer le flambeau.

M. Gauthier vient en effet de céder l’entreprise familiale à son fils Pierre-Alexandre, ainsi qu’à Maxime Tremblay, deux partenaires entre lesquels la chimie a rapidement opéré. Le premier est maintenant le directeur général et le second s’acquitte de la direction des opérations.

La passation des pouvoirs a été complétée en juin dernier. En 1985, soit 33 ans plus tôt, Richard Gauthier et ses deux frères reprenaient les rênes de la compagnie fondée par leur père en 1966. Les choses se sont concrétisées rapidement, puisque Gauthier père a fait part de sa décision de façon rapide.

La passation des pouvoirs, prise 2, a été toutefois bien différente.

«Ça prenait beaucoup plus de préparation fiscale, légale et humaine, parce qu’il a fallu trouver la bonne chaise pour tout le monde et les cédants devaient trouver leur compte également», a mis en contexte Richard Gauthier. Il a aussi noté que l’expansion de l’entreprise au cours des 35 dernières années nécessitait une opération plus complexe et structurée. En 1985, Construction Gauthier comptait une dizaine d’employés, soit dix fois moins qu’aujourd’hui.

«C’est une démarche qui a duré trois grosses années», a fait savoir l’ancien PDG, reconnaissant que le processus a peut-être pris un peu trop de temps au goût des releveurs.

Sail fait partie des nombreux projets concrétisés par Construction Gauthier.

«On voulait prendre le temps que tout se fasse bien», a-t-il ajouté.

Une union naturelle

Il faut dire que la fibre entrepreneuriale est forte au sein de la famille. L’épouse de Richard Gauthier est propriétaire d’une boutique de vêtements pour femmes et leur fille est l’une des associées. Pendant ce temps, le fils avait ciblé son désir de s’impliquer dans la compagnie de son père.

«C’est venu d’eux-mêmes, on ne leur a jamais forcé la main, a exposé Richard Gauthier. Dès le début de leur processus de formation universitaire, ils ont établi qu’ils se voyaient dans chacune de nos entreprises.»

Plusieurs nouveaux projets ont été complétés par Construction Gauthier à Saguenay au fil des ans, dont le Centre de santé Racine.

Pierre-Alexandre a toutefois amorcé une période de réflexion à la fin de ses études secondaires. Musicien dans l’âme, il s’est finalement tourné vers des études collégiales en génie civil, puis à l’École de technologie supérieure à Montréal.

«C’était clair dans sa tête qu’il faisait ce mouvement pour faire partie de la relève d’entrepreneurs un jour, a souligné le paternel. Il est allé chercher le coffre à outils nécessaire pour être un directeur général d’entreprise.»

Au cours des dernières années, Construction Gauthier a concrétisé plusieurs projets au Québec, dont de nombreux au Saguenay. La construction du nouveau Sail, dont l’ouverture est prévue pour le 17 octobre, du Centre de santé Racine, aux coins Morin et Racine, du Hyundai du Royaume et d’une vingtaine de bannières Tim Hortons, notamment, sont l’oeuvre de l’entrepreneur général et son équipe.

Les projets s’accumulent pour Construction Gauthier, dont la construction du RPM-Harley Davidson, à Jonquière.

En homme d’affaires d’expérience, Richard Gauthier a vécu toutes les modifications et transformations du secteur d’activité.

«Aujourd’hui, le but est d’être les mieux organisés possible, a-t-il observé. C’est probablement la plus grande force qu’on a. Nos dirigeants ont des formations tellement pointues que la qualité des documents qu’on soumet à nos clients est dans une classe à part. Ça nous positionne chez des clients qui seraient identifiés comme étant difficiles à servir.»

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DÉVELOPPER DES MÉCANISMES D'APRÈS-CARRIÈRE

L’expérience acquise durant la carrière de Richard Gauthier lui a permis de conseiller une quarantaine de dirigeants et entrepreneurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, plus tôt cette semaine, à l’Hôtel Chicoutimi. 

Le déjeuner-conférence était organisé par le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ). M. Gauthier, président du conseil d’administration du CTEQ depuis quelques mois, était l’invité de la Conférence Inspiration, animée par le président-directeur général de l’organisme, Vincent Lecorne.

Le nouveau retraité a parlé des différents mécanismes d’un transfert d’entreprise, en plus de raconter son histoire, marquée par la reprise et la cession de Contruction Gauthier, maintenant dirigée par la troisième génération de la famille.

«Il y a vraiment toute une question de préparation et de facteurs humains, a rappelé Richard Gauthier. On a beaucoup parlé de comment préparer sa retraite et sa relève. Je peux cibler le moment où je vais prendre ma retraite, mais il faut savoir quelle forme elle va prendre, comment on va gérer le pendant et le après.»

Les facteurs personnels sont à prendre en considération, a insisté M. Gauthier. Certains entrepreneurs ne sont pas aussi prêts qu’ils le croient lorsque l’heure de la retraite a sonné.

«Des personnes qui cèdent leur entreprise s’ennuient parce qu’ils n’ont pas développé de passions, a soulevé Richard Gauthier. Des mécanismes pour sortir de son monde de travail, c’est aussi bon pour le propriétaire que pour l’employé.»

Bien qu’il ne participe plus à la gestion quotidienne de l’entreprise, Richard Gauthier demeure impliqué quelques journées par semaine pour se concentrer sur le développement des affaires. 

«Notre réputation est bonne et une de mes plus grandes fiertés est d’avoir travaillé dans ce domaine pendant une quarantaine d’années et d’en être sortis sans ennemi, avec un dossier vierge», a-t-il conclu.