Guylaine Cloutier a décidé, l’an dernier, d’ouvrir une boutique de vêtements à Hébertville-Station.

Commerce de détail: Guylaine Cloutier vit son rêve professionnel

La crise que traverse l’univers du commerce de détail n’a pas été un frein à la réalisation du rêve de Guylaine Cloutier. La femme d’affaires s’apprête à célébrer, le 3 novembre prochain, le 1er anniversaire de la Boutique Guylou Mode.

Depuis presque un an, celle qui a œuvré pendant 32 ans dans le domaine de la restauration vit son rêve professionnel dans un chaleureux local de la rue Saint-Wilbrod à Hébertville-Station.

« Il y en a quelques-uns qui m’ont dit que j’étais folle de faire ça à Hébertville-Station et avec toutes les ventes en ligne. Après un an, je peux dire que ma folie m’a bien servie puisque je suis capable d’en vivre », raconte la femme âgée de 60 ans.

Guylaine Cloutier a aménagé le local de sa boutique avec, selon elle, 95 % d’éléments recyclés. Son entourage lui a donné beaucoup d’éléments du décor.

Son commerce se distingue en offrant des vêtements taille plus et une marchandise abordable alors qu’aucun item ne dépasse la barre des 100 $. Mme Cloutier tient à offrir seulement quelques tailles des modèles qu’elle vend. En plus, on retrouve quelques morceaux pour hommes chez Guylou Mode.

La propriétaire de l’entreprise est d’avis qu’elle arrive à tirer son épingle du jeu en offrant un service personnalisé, dont les Focus Mode. Ces soirées privées permettent à des groupes de 5 à 10 personnes de profiter d’une soirée de magasinage unique.

Des séances de magasinage privées sont également offertes en dehors des heures régulières d’ouverture. Ainsi, plusieurs clientes magasinent, en privé, en début de semaine.

Guylaine Cloutier présente une pièce peinte à la main de Grötësk.

La clientèle de Guylou Mode provient, en grande majorité, d’Alma, d’Hébertville-Station et des villages environnants et même du Saguenay.

Malgré quelques épisodes de questionnement, Guylaine Cloutier ne regrette aucunement son changement de carrière. « J’ai l’impression que je suis à la retraite. Je fais ce que j’aime. C’est du beau bonheur de magasiner », souligne-t-elle.

« Tant que j’aurai la santé, je pourrais faire ça encore 10-15 ans », conclut celle qui se fait un plaisir de partager sa passion pour la mode avec sa clientèle.

Guylaine Cloutier adore le contact avec la clientèle. Elle se fait un plaisir de répondre aux demandes de ses clientes.

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LA TROISIÈME VIE D'UN RESTAURANT

La vie de Guylaine Cloutier a pris un brusque tournant, en mai 2015, alors qu’un accident de travail lui a causé de graves brûlures et a obligé une longue réhabilitation.

Le restaurant dont elle était propriétaire a subitement fermé ses portes.

La mobilisation citoyenne a mené, au début de l’année 2016, à la création de la Coopérative l’Entrain et par le fait même à la réouverture du seul restaurant de la municipalité.

À l’époque, une soixantaine de personnes ont investi 1000 $, mais ce ne fut pas suffisant. La fermeture fut inévitable en avril 2019.

« On a vécu pendant deux ans. La restauration, c’est très difficile. C’était difficile financièrement. Je me suis aussi rendu compte que je ne pouvais plus faire mon métier. On ne peut pas être directrice d’un restaurant et se contenter de tenir le crayon », explique Guylaine Coutier. 

Celle-ci ajoute que le choix de mettre fin aux opérations du commerce a été fait avant qu’il y ait de trop grandes conséquences financières.

À la suite de la deuxième fermeture du restaurant, Guylaine Cloutier faisait face à peu d’options. 

Propriétaire de la bâtisse, elle se retrouvait avec un local vide et des frais inévitables. 

Sans emploi, elle s’est permis de considérer un vieux rêve, celui d’ouvrir une boutique de vêtements. 

« J’ai suivi un cours en entrepreneuriat chez Forgescom. Même si j’ai été en affaires pendant 32 ans, je n’ai jamais suivi de cours. J’ai appris sur le tas, comme on dit. J’ai poussé le projet pour être certaine que c’était viable », témoigne Mme Cloutier, d’avis qu’à l’époque, elle misait bien peu.

« Le seul risque, c’était d’acheter des vêtements. Je me suis dit : si ça ne fonctionne pas, je serai la femme la mieux habillée du village », ajoute-t-elle.