Le ministre François Blais déposera la nouvelle stratégie au printemps prochain.

Comment faire face à la pénurie?

Québec cherche des solutions pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe plusieurs secteurs d’activité. De passage à Roberval lundi, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a consulté des acteurs économiques de la région en vue de la première stratégie nationale sur la main-d’œuvre qui sera dévoilée au printemps prochain.

« Il y a un enjeu de main-d’œuvre. On voit ça partout maintenant, même en Gaspésie. La population vieillit et le premier ministre m’a demandé de préparer la première stratégie nationale de main-d’œuvre. Une stratégie qui va tenir compte des discussions qu’on a eues ici », exprime le ministre Blais dans une entrevue accordée à l’issue de sa consultation.

Une vingtaine de représentants d’entreprises, d’écoles, de syndicats et de différentes organisations liés à l’emploi ont participé à cette consultation qui a duré environ deux heures. Une consultation qu’il tient dans toutes les régions du Québec.

« Ici, il y a eu beaucoup de discussions concernant la formation. Les entreprises se sont prises en main pour faire la formation elle-même, car elles ne réussissaient pas avoir des élèves qui sortaient des centres de formation professionnelle. CGI a eu des difficultés de recrutement. Ils ont dû mettre la main à la pâte et ils ont développé à l’interne leur propre formation de manière un peu ad hoc », constate le ministre.

« Mais ce n’est pas idéal. Les entreprises disent que ce n’est pas le choix. Ce sont des entreprises, ils ne sont pas là pour faire de la formation. Mais c’est devenu une nécessité. »

Les participants ont salué l’initiative du gouvernement, mais plusieurs auraient préféré avoir eu plus de temps pour exposer leur réalité. Ces derniers ont jusqu’à la fin du mois de janvier pour faire parvenir des solutions concrètes en vue de l’élaboration de la stratégie nationale.

Une vingtaine d’acteurs économiques et sociaux de la région ont participé à la consultation en vue de l’élaboration de la stratégie nationale de la main-d’oeuvre par le gouvernement libéral.

Plus de femmes, d’aînés et d’immigrants

Même si les consultations ne sont pas terminées, le ministre François Blais a déjà plusieurs pistes de solution pour aider les organisations à surmonter les défis de main-d’œuvre. Il s’agit des mêmes solutions soulevées depuis quelques années par les analystes du gouvernement, dont la présence accrue des travailleurs aînés, des immigrants et des femmes sur le marché du travail.

Le ministre a d’ailleurs profité de l’occasion pour se moquer de la politique nataliste de François Legault, dévoilée au cours des derniers jours. Le chef de la CAQ a promis d’aider davantage les parents en versant des contributions financières.

« La main-d’œuvre, c’est un enjeu de fond, un enjeu démographique. La démographie, ça ne se change pas facilement. Personne (gens consultés) ne m’a parlé de la solution de Legault, de faire plus d’enfants. En passant, j’ai cinq enfants. J’ai fait ma part, je peux vous le dire. Mais de là à demander aux femmes québécoises de faire plus d’enfants. C’est leur choix », laisse tomber le ministre.

Ce dernier estime que l’immigration et la présence des aînés sur le marché du travail permettront de combler une partie des postes vacants. Mais les femmes aussi pourraient contribuer davantage au marché du travail. En effet, les femmes affichent un taux de travail plus faible que celui des hommes, et ce, dans l’ensemble des MRC du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un taux aussi plus faible que la moyenne provinciale.

« Ici dans la région, les femmes sont présentes, mais elles pourraient l’être plus si on se fie à la moyenne québécoise », note M. Blais.