Changement de ton d’Ottawa

Ottawa et Québec ont convenu de travailler conjointement à la protection du caribou forestier dans une perspective de maintenir l’activité économique reliée à l’exploitation forestière. Un message qui indique un changement de ton de la ministre fédérale de l’Environnement Catherine Mckenna.

C’est ce qui se dégage des travaux réalisés hier par les ministres provinciaux responsables de la protection de la Faune et des aires protégées et leur homologue fédérale. Le ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a assisté à cette conférence fédérale-provinciale. Québec s’est présenté à Ottawa en souhaitant faire comprendre au gouvernement fédéral qu’il avait sa propre loi sur les espèces menacées et s’occupait de toute la problématique du caribou forestier.

L’attaché de presse du ministre Blanchette, Youann Blouin, a expliqué au Quotidien que le ministre a fait les représentations auprès de Mme Mckenna et que cette dernière avait bien accueilli la position du Québec. Il n’a toutefois pas été possible de connaître le contenu exact de la discussion.

L’attachée de presse de la ministre fédérale de l’Environnement, Caroline Thériault, a de son côté mentionné qu’il ressortait des discussions avec le Québec une volonté de travailler de façon conjointe pour protéger le caribou forestier tout en assurant le développement économique.

Le gouvernement fédéral avait haussé le ton dans ce dossier après le dépôt par des groupes environnementaux de procédures devant les tribunaux pour forcer Ottawa à décréter des mesures de protection pour le caribou. Les provinces, dont l’Ontario et le Québec, ont exprimé leur opposition à toute initiative du gouvernement fédéral d’imposer des mesures qui auraient eu des impacts pour les emplois, principalement dans les régions.

La levée de la menace fédérale de mesures unilatérales ne règle pas la problématique des approvisionnements forestiers au Québec. Pas plus tard qu’hier, Le Quotidien a été informé qu’il y avait de très fortes possibilités qu’il y ait des pertes d’emploi à court et moyen terme dans des usines de sciage de la région. Il s’agit des conséquences de mesures décrétées par Québec dans le cadre de la mise en place de la stratégie caribou.

L’identification de vastes espaces dans toute la zone des monts Valin et du réservoir Pipmuacan pourrait faire disparaître entre 100 000 et 200 000 mètres cubes de possibilité forestière. Les personnes consultées n’avaient pas complété les évaluations des impacts des restrictions sur la coupe.

Une consultation rapide de la carte démontre que Québec a déboursé plus ou moins 1 M$ pour la réfection de routes forestières au cours des deux dernières années. Ces routes n’auront plus aucune utilité pour l’exploitation forestière avec les mesures restrictives décrétées par Québec pour protéger le caribou forestier.