Sylvain Couture demeure le principal actionnaire de l’hôtel Le Montagnais. Il s’adjoint les services de Jean-Benoit Gilbert afin de le seconder dans les tâches de l’entreprise.

Changement de garde au Montagnais

L’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi change de mains. Même si le vétéran Jean-Marc Couture quitte pour la retraite, le complexe hôtelier demeure entre les mains de régionaux, car son frère Sylvain poursuit l’aventure familiale. Il est maintenant le principal actionnaire en s’associant à Jean-Benoit Gilbert, qui devient actionnaire minoritaire.

Le Quotidien a obtenu la confirmation de ce changement de garde. En 1988, les frères Sylvain et Jean-Marc Couture avaient racheté l’édifice de leurs parents, Yvonne Néron et Armand Couture, qui eux l’avaient acheté en 1975 des mains de Robert Gravel.

Les frères Couture ont mené les destinées de l’hôtel au cours des 30 dernières années. Depuis quelques mois, Sylvain se retrouve à la tête du complexe hôtelier et il s’est adjoint un employé de longue date en Jean-Benoit Gilbert afin de poursuivre le développement du complexe du boulevard Talbot.

« Jean-Benoit et moi avons l’intention de poursuivre le développement du Montagnais. Nous avons déjà des plans pour les mois à venir. Nous voulons mettre l’hôtel au goût du jour, un genre de “face lift” pour l’accueil et le restaurant », mentionne Sylvain Couture.

Même s’il œuvre dans le milieu hôtelier depuis plus de 40 ans, Sylvain Couture ressent toujours une fierté lorsqu’il franchit les portes coulissantes de l’édifice.

« C’est effectivement une fierté d’être ici chaque matin. Je ne suis jamais entré à reculons. C’est important », affirme-t-il.

Il va sans dire que le principal actionnaire ne se trouve pas sur place sept jours par semaine, comme par le passé.

Il estime s’y rendre entre quatre et cinq jours par semaine. Il sait qu’il peut compter sur du personnel fier et qui aime travailler au Montagnais.

L’hôtel du boulevard Talbot a souvent fait figure d’entreprise avant-gardiste. Le Montagnais a été le premier à offrir une piscine intérieure et a amené un parc aquatique intérieur avant bien d’autres hôtels en région.

« Pour la piscine, c’était une attraction à l’époque. Les gens passaient des heures assis à regarder les gens de baigner », se remémore Sylvain Couture.

Les décisions pour Le Montagnais se prennent dans le bureau du patron, Sylvain Couture et Jean-Benoit Gilbert l’aidera à mener à bien les projets de développement.

Acheteurs
Si la renommée de l’hôtel Le Montagnais n’est plus à faire au Saguenay-Lac-Saint-Jean, elle ne semble plus l’être non plus au-delà des frontières régionales.

Lorsque Jean-Marc Couture a parlé de la possibilité de se retirer, Sylvain ne cache pas avoir reçu des offres officielles pour l’achat de l’édifice.

« Des gens d’affaires se sont montrés intéressés, d’autres ont même fait des offres. Mais comme j’aime encore ce que je fais, que j’ai toujours un plaisir à venir travailler et que j’ai la fibre régionaliste, je ne voulais pas vendre à des gens d’ailleurs. Cela a joué pour beaucoup dans ma décision. Ça reste à des intérêts régionaux et c’est une bonne chose », admet-il.

« Lorsque vient le temps de prendre une décision au Montagnais, ces décisions se prennent dans nos bureaux, pas à Québec ou à Montréal. Nous n’avons pas besoin de la permission de qui que ce soit », exprime Sylvain Couture.

La compétition
D’autre part, Sylvain Couture est très au fait que la chaîne des Gouverneurs vient d’ouvrir son OTL à moins d’un kilomètre de son édifice. Mais il ne s’en fait pas avec ça.

« Dans un rayon d’un kilomètre, les gens ont accès à 600 chambres d’hôtel, dont 302 chez nous. La compétition, ça a du bon et ça nous oblige à être meilleurs », avoue-t-il.

Mais cette situation ne l’inquiète pas.

« Je dis souvent à mes représentants qu’il s’agit là d’une force de vente lorsque l’on dit aux gens que nous avons 600 chambres disponibles dans le secteur. Nous, on fait le travail en offrant plus de services. Cette compétition nous aide et aide les autres. »

Sylvain Couture note que l’emplacement du Montagnais contribue au succès enregistré depuis de nombreuses années.

« De se retrouver sur le boulevard Talbot est exceptionnel. Notre clientèle a accès à des marchés d’alimentation et à des restaurants à une distance qui se fait très bien à pied. Sans ça, on serait encore le motel qui était là en 1966 lors de l’ouverture », précise Sylvain Couture.

Ce dernier rappelle qu’à l’origine, Le Montagnais offrait 114 unités de motel sur deux étages. Au fil des 40 dernières années, les membres de la famille Couture ont investi plus de 50 millions de dollars pour apporter les améliorations afin d’en faire un complexe hôtelier, dont deux millions $ pour la rénovation des chambres.

En chiffres

• Ouverture en 1966 par le premier propriétaire Robert Gravel

• Achat en 1975 par Yvonne Néron et Armand Couture

• Rachat en 1988 par Sylvain et Jean-Marc Couture

• Transfert d’entreprise en 2018 à Sylvain Couture et Jean-Benoit Gilbert

• Nombre de chambres: 302

• Nombre d’employés: 300