Caribou forestier: pas de plan avant 2018

Ce n’est pas avant 2018 que Québec va déposer sa phase 2 du plan de rétablissement du caribou forestier.

Contrairement à ce qui avait été avancé dans un communiqué de l’Institut économique de Montréal (IEDM), le gouvernement du Québec n’avait pas jusqu’à hier pour déposer son plan pour répondre aux directives de protection du fédéral. C’est plutôt Ottawa qui s’était donné cette date pour revoir et mettre à jour sa Loi sur les espèces en péril.

La révision de la Loi sera déposée dans quelques semaines. « Dans le Plan d’action visant le caribou des bois population boréale récemment publié, Environnement et Changement climatique Canada s’est engagé à présenter son Rapport d’étape quinquennal en octobre 2017. Nous réglons actuellement les derniers détails du rapport en collaboration avec les provinces, les territoires, les peuples autochtones, l’industrie et les organisations non gouvernementales de l’environnement. Nous avons travaillé avec tous les partenaires afin de produire un rapport complet que les Canadiens pourront évaluer. Le rapport sera publié à la fin du mois d’octobre », a-t-elle signalé dans un courriel.

Le gouvernement du Québec ne devrait pas être lié par ce rapport. « Les provinces canadiennes n’ont aucun lien avec cette échéance. Nous avons régulièrement des échanges avec eux pour répondre à des demandes. Nous travaillons sur la phase deux de notre plan. Il n’y a pas de date de dépôt de prévue. Ça ne sera pas avant 2018 », a expliqué Gabrielle Fallu, l’attachée de presse du ministre des Forêts, Luc Blanchette.

Le ministère devrait attendre d’avoir les résultats des inventaires qui seront réalisés au cours des prochains mois. Rappelons que dans son budget du printemps, le gouvernement a réservé une somme de 7 M $ pour réaliser des inventaires.

Étonnement

Le président du syndicat de la papetière de Dolbeau-Mistassini de Produits forestiers Résolu, Pascal Cloutier, s’étonnait de voir sortir des chiffres si alarmistes cette semaine et apprendre que Québec serait sur le point de décréter des aires de protection pour le caribou forestier. « Le ministère dit effectivement prendre le temps d’avoir un bon portrait de la situation du caribou avant de prendre des décisions de protections. Les répercussions pourraient importantes pour notre région. Je crois qu’il est sage de prendre le temps nécessaire », a commenté le syndicaliste. 

Crédibilité

Par ailleurs, le ministère ne tient pas à commenter les chiffres avancés par l’IDEM. On semble prendre cette étude avec un grain de sel et mettre en doute sa crédibilité.

Dans un communiqué, on affirmait que pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, la protection du caribou engendrerait une réduction des volumes disponibles à la récolte d’environ 25 %. Ce qui représenterait une perte de 261 millions $ d’activité économique et de 1762 emplois directs, soit un coût de 11,3 millions $ pour chaque caribou potentiellement sauvegardé.

Certains considèrent qu’il s’agit de désinformation de la part de l’IDEM, comme l’a soulevé dans nos pages Martin-Hugues Saint-Laurent de l’Université du Québec à Rimouski.