Canac a procédé à l’ouverture officielle de son 28e magasin, mardi matin à Shawinigan. De gauche à droite: Mélissa Laberge (Groupe Laberge), Michel Angers (maire) et Olivier Desmarais (directeur du nouveau magasin).

Canac : une reconversion bien amorcée

SHAWINIGAN — Le 29 novembre 2013, Rio Tinto Alcan cessait l’exploitation de sa dernière série de cuves à l’aluminerie de Shawinigan, provoquant ainsi une commotion dans le milieu économique régional. Cinq ans plus tard, presque jour pour jour, la chaîne québécoise Canac procédait à l’ouverture officielle de son 28e magasin sur le site des anciens bureaux administratifs de la multinationale mardi matin, plaçant ainsi le premier jalon de la reconversion de ce site industriel.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, précise d’ailleurs qu’il reste 97 000 mètres carrés de terrains disponibles pour développer ce nouveau pôle commercial et il ne doute pas que d’autres joueurs s’installeront autour de Canac au cours des prochaines années.

«L’objectif est de développer des industries non bruyantes, non polluantes dans ce secteur», explique-t-il. «Nous avons d’autres parcs industriels pour ce genre d’entreprises. Ici, on souhaite accueillir d’autres commerces.»

M. Angers indique que la nouvelle avenue de l’Aluminium a été prolongée de quelques mètres par rapport au scénario initial, afin de favoriser ce développement. «Nous sommes prêts pour accueillir de nouveaux joueurs. On sait que lorsqu’un Canac s’installe, des gens lèvent habituellement la main. Ça crée un achalandage.»

Canac évalue son investissement à 7 millions $ à Shawinigan, soit un million de dollars de moins que ce qui avait été annoncé en début d’année. Rappelons qu’elle avait acquis le terrain au coût de 2,4 millions $, taxes comprises. La Ville a utilisé une partie des fruits de cette transaction pour aménager l’avenue de l’Aluminium, au coût de 1,1 million $.

L’ancien site industriel n’a donc pas posé de problème particulier pour ce spécialiste de la rénovation, puisque la construction de ce magasin de près de 1200 mètres carrés et de l’entrepôt de 875 m2 ont respecté le budget et le calendrier.

«Les travaux ont tellement bien été!», se réjouit Mélissa Laberge, représentante du Groupe Laberge, propriétaire de la chaîne Canac.

«Nous n’avons jamais été restreints dans nos accès au chantier, dans nos échéanciers. Nous avions estimé un montant un peu plus élevé, parce qu’il y a toujours des imprévus. Mais les travaux se sont tellement bien déroulés que ces sept millions $ ont été suffisants!»

Évidemment, le legs de Rio Tinto Alcan a été souligné à nouveau mardi, notamment par M. Angers. Rappelons qu’après la fermeture de l’usine, la multinationale a démantelé les bâtiments, décontaminé le terrain et vendu sa propriété à la Ville pour la somme symbolique de 1 $.

«Pour Canac, c’était un projet livré sur un plateau d’argent», sourit Mme Laberge. «Nous prenions un terrain avec de belles garanties. En plus, la coopération de la Ville a été extraordinaire.»

Impact

Canac crée ainsi 90 emplois à Shawinigan, un nombre qui surpassera sans doute la centaine pendant l’été, prévoit Mme Laberge. La chaîne procédera bientôt à l’ouverture d’un 29e magasin à Notre-Dame-des-Prairies.

Tous ces investissements surviennent quelques semaines après que Lowe’s eut imposé une cure minceur à son réseau de détaillants, notamment avec la fermeture de neuf Rona à travers le Québec.

«Nous essayons de mettre en valeur nos forces», analyse Mme Laberge. «Nous en gardons moins dans nos poches pour en redonner plus aux clients. Depuis le début, notre service personnalisé et nos prix font notre renommée.»

«À quelque part, les magasins Rona qui ferment, c’est une preuve de notre réussite», ajoute-t-elle. «Nous avons le vent dans les voiles. Nous continuons sur notre lancée et nous n’avons pas l’intention d’arrêter.»

Il sera d’ailleurs intéressant de suivre comment le milieu du commerce de détail shawiniganais réagira à l’arrivée de Canac sur le boulevard Saint-Sacrement. Par exemple, le centre de rénovation Pierre Naud (BMR) a déjà annoncé des investissements de 1,8 million $ à son magasin du secteur Shawinigan-Sud.

«Nous sommes confiants», lance Mme Laberge. «Nous aimons faire une belle compétition à nos concurrents de longue date! Il faut toujours craindre nos concurrents, parce que c’est ce qui nous rend meilleurs. Peut-être qu’ils ont un peu peur de nous, mais c’est correct, c’est le positionnement qu’on aime avoir dans le secteur.»