Encore cette année, les lacunes du transport en commun font en sorte qu’il en coûte plus cher pour une famille de deux enfants pour vivre à Saguenay qu’à Sherbrooke, car l’IRIS calcule qu’elle doit disposer de deux voitures.

Calcul de la pauvreté: l'IRIS plaide pour un meilleur indice

L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) plaide pour l’utilisation de l’indicateur du revenu viable, qu’ils ont créé, plutôt que la Mesure du panier de consommation (MPC) pour calculer la pauvreté.

« La mise en place d’un indicateur comme le revenu viable est l’occasion de penser de manière lucide à une réelle lutte contre la pauvreté, mais aussi aux normes minimales du travail. Cela implique une réflexion sérieuse sur l’existence de travailleurs pauvres dans une société développée comme le Québec. Nous avons vu que l’usage des seuils de pauvreté existants pose problème. D’une part, la MPC semble utilisée comme seuil de sortie de la pauvreté, alors qu’il s’agit strictement de la couverture des besoins de base», peut-on notamment lire dans le rapport de l’IRIS transmis au Quotidien.

Il est à noter que Québec utilise également la MFR, soit la Mesure de faible revenu. « L’un des aspects intéressants de la MPC est qu’il ne s’agit pas d’un indicateur statique : il est ajusté au coût de la vie réelle, et le contenu du panier de consommation est révisé régulièrement », mentionne aussi le rapport de l’IRIS qui plaide en faveur de son indice.

Ainsi, ils ont encore calculé cette année ce qu’il en coûte dans sept grandes villes du Québec pour avoir un rythme de vie décent. Il en ressort une fois de plus que pour une personne seule, la vie est moins chère à Saguenay (22 326 $) en raison des prix plus faibles pour se loger. L’IRIS juge que cette personne n’a pas besoin de voiture et peut se déplacer en transport en commun. À titre comparatif, c’est à Sept-Îles que le montant est le plus élevé, car avoir une voiture y est essentiel (29 402 $), et à Trois-Rivières que c’est le plus faible avec 22 285 $.

Pour le moment, Québec utilise la MPC pour calculer le minimum pour se sortir de la pauvreté. Ce montant s’établit à 17 578 $ pour une personne seule dans une ville entre 100 000 et 500 000 habitants, soit environ 5000 $ de moins.

Pour ce qui est d’un ménage composé de deux parents et de deux enfants, Saguenay (57 181 $) se classe beaucoup moins bien, car les chercheurs de l’institut jugent plutôt que cette famille a besoin de deux voitures pour se déplacer. C’est Sherbrooke qui a la meilleure performance avec 50 718 $, car une famille y a besoin d’une seule voiture et du transport en commun. Encore une fois, la différence est marquée avec le MPC qui atteint seulement 35 156 $ pour une ville de la taille de Saguenay.

Quant aux familles monoparentales, alors qu’il est évalué que les habitants des villes de Montréal (34 387 $), Québec (34 251 $), Trois-Rivières (31 531 $), Gatineau (33 634 $) et Sherbrooke (31 994 $) peuvent se contenter du transport en commun, une voiture est nécessaire à Sept-Îles (37 712 $) et Saguenay (39 097 $). La différence entre ces deux dernières villes s’explique par un coût de nourriture plus élevé de 516 $ à Saguenay et de 672 $ de plus pour le logement.

Un groupe progressiste

Sur son site Internet, l’IRIS se définit comme un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et progressiste et a été fondé en 2000. L’Institut produit des recherches sur les grands enjeux de l’heure (partenariats public-privé, fiscalité, éducation, santé, environnement) et diffuse un contre-discours aux perspectives que défendent les élites économiques. En comparaison, l’Institut économique de Montréal est jugé plus à droite.