L’Institut de recherche en économie comtemporaine (IRÉC) tente de développer de nouvelles manières de soutenir le développement agricole dans des régions périphériques du Québec.

Traitement choc pour les entreprises agricoles et forestières

Repenser les industries agricoles et forestières du Québec pour permettre aux petites et moyennes entreprises de s’adapter aux nouvelles réalités du marché, c’est en plein ce que l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) tente de faire dans l’Est-du-Québec depuis quelques jours.

En mettant en branle un groupe tactique d’intervention baptisé AGROFOR en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent, les gens de l’IRÉC tentent de développer de nouvelles manières de soutenir le développement agricole et forestier dans des régions périphériques du Québec.

«Le but, c’est de relancer la pompe à idées pour que dans les 100 prochaines années, on ait encore des campagnes et des milieux ruraux où on peut faire de l’agriculture», explique François L’Italien, chercheur à l’IRÉC et coauteur du rapport AGROFOR.

Ce dernier croit que les politiques de soutien aux agriculteurs, notamment, ne sont plus à jour et que les nouveaux défis forcent les instances des différentes régions du Québec à trouver des moyens d’innover. «Les politiques agricoles des années 50 ont fait leur travail, mais elles ne le font plus pour certaines réalités comme la baisse de démographie, la dévitalisation économique en région et l’érosion de la base entrepreneuriale locale».

C’est d’ailleurs l’absence de masse critique et le manque de main-d’oeuvre qui menacerait le plus la survie des entreprises agricoles en région.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean ?

Avec son initiative AGROFOR, l’IRÉC compte travailler de concert avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour trouver rapidement les moyens d’aider les entreprises.

«On a eu le mandat de dresser le portrait de l’agriculture et on a décidé de ne pas attendre les conditions gagnantes avant d’aller de l’avant. On va mettre une approche AGROFOR dans deux régions d’abord, et pourquoi pas dans les autres régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’Abitibi, Charlevoix ou la Côte-Nord?», laisse entendre le chargé de projet. La porte est donc grande ouverte pour implanter ce groupe tactique d’intervention dans la région et la balle est dans le camp des élus, indique M. L’Italien.

«On n’a pas encore eu l’occasion de présenter ça aux élus de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais ça va venir. Il y a beaucoup de municipalités du Lac-Saint-Jean dans ce qu’on appelle la deuxième couronne, comme Saint-Ludger-de-Milot, Normandin ou Girardville, qui font face aux nouveaux défis démographiques. Il faut vraiment voir comment on peut fournir aux intervenants locaux des moyens de se développer efficacement. Ces milieux ont besoin d’un soutien que les institutions actuelles n’offrent pas. L’UPA et le MAPAQ, par exemple, sont très généralistes et n’ont pas le mandat d’accompagner les entrepreneurs de A à Z. Ils n’ont pas de ressources à temps plein», rappelle François L’Italien.

Trouver du financement

La mesure AGROFOR de l’IRÉC a été mise en place à la fin du mois d’octobre. Deux ressources à temps plein seront bientôt embauchées pour travailler à l’implantation en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent. «Il n’y a rien de tel qui existe présentement, donc c’est difficile de trouver le financement. Il faut en faire une vitrine pour que tous puissent voir le potentiel d’AGROFOR», espère le chercheur.