Philôme La France, maire de Petit-Saguenay.

Revoir l’image des villages pour attiser l’économie

Les villages du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont beau faire face à leurs propres défis économiques, cela ne les empêche pas de chercher de nouvelles façons de revoir en profondeur la manière d’attirer chez eux la relève de demain. À Petit-Saguenay, par exemple, le maire Philôme La France compte miser sur le développement durable et une nouvelle image de marque pour convaincre les jeunes de choisir la qualité de vie au détriment de la vie en ville.

« Il y a beaucoup d’opportunités sur le territoire. Le Saguenay, autant que le Bas-Saguenay, c’est un territoire peu peuplé, avec beaucoup de ressources naturelles, des paysages extraordinaires et un secteur touristique en plein essor. Du potentiel, il y en a énormément », confie d’abord Philôme La France, tout en étant conscient que comme à plusieurs endroits dans la région, le domaine de la foresterie, traditionnellement garant d’emplois, est en déclin.

D’un autre côté, le secteur du tourisme et de l’hébergement, lui, est en plein essor, notamment à L’Anse-Saint-Jean, où on constate un véritable boom au niveau du tourisme autour du Mont-Édouard, en plus de l’implantation de plusieurs entreprises menées de front par des jeunes. Cette revitalisation qui mise sur les attraits de la région et qui fonctionne si bien chez le voisin devra vraisemblablement s’exporter dans une certaine mesure dans les autres villages afin d’assurer un avenir économique plus radieux.

Car malgré une économie qu’il qualifie de « diversifiée » à Petit-Saguenay, notamment par la présence d’éleveurs et d’agriculteurs de produits spécialisés (Les Cerfs Rouges de St-Étienne, Champignons du Fjord) ou de transformation du bois (Ateliers Bois de Fer, Scierie de Petit-Saguenay), les défis demeurent grands afin d’attirer la relève économique à plus d’une heure de la ville.

Le maire de Petit-Saguenay, Philôme La France

« On a beaucoup de petits produits comme ça qui se sont développés au cours des dernières années et tout ce qui est artisanal attire beaucoup les jeunes. Ce n’est pas un "retour à la terre", mais disons un retour à une transformation plus humaine de nos ressources », croit celui qui est en poste depuis un peu plus d’un an maintenant.

miser sur la qualité de vie

Si le manque de main-d’oeuvre est criant partout dans la région, c’est d’autant plus vrai pour les petites localités comme Petit-Saguenay, où il est difficile de vendre l’idée de faire la promotion d’emplois souvent mal rémunérés.

« Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui se lancent aujourd’hui dans la restauration, qui veulent faire du ménage ou aller travailler dans une shop de bois. Ce n’est pas ce qui les attire, et c’est difficile de composer avec ça. On a la chance d’avoir des maisons pour pas cher, mais ça vient aussi du fait que les emplois sont en bas de l’échelle. C’est dur pour une famille de se dire : "On va perdre 20 000 ou 30 000 $ de salaire par année, mais on va avoir une qualité de vie"», concède le maire La France.

La solution à ce problème passe selon lui par une offre qui colle mieux aux valeurs des jeunes d’aujourd’hui.

« Ceux qui viennent s’établir ici sont soit des semi-retraités ou des jeunes qui étaient déjà dans le milieu et qui reviennent. Eux se disent : "Je veux revenir, comment je vais faire ? Je vais me créer une job, je vais me partir une entreprise". Il faut se vendre comme un endroit où on peut s’établir, où on peut démarrer des entreprises et où on peut aller en tourisme », estime Philôme La France.

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DÉVELOPPER DE MANIÈRE DURABLE

Pour le maire de Petit-Saguenay Philôme La France, l’une des pistes de solution pour redonner de la vitalité économique aux petites localités de la région passe inévitablement par le développement durable des milieux de vie.

«On ne peut pas attirer les gens par nos jobs, mais on peut les attirer pour la qualité de vie. On parle ici de culture, d’activités pour la famille ou de nos créneaux spécialisés dans un contexte de développement durable», mentionne le maire, qui a une vision bien précise de l’avenir de sa municipalité. 

«L’idéal pour moi, c’est qu’on soit reconnu comme une municipalité durable et qu’on soit un modèle au niveau environnemental. Je souhaite qu’on prenne ce virage et qu’on soit reconnu à l’échelle du Québec comme tel. Il faut faire connaître notre image de marque et nos opportunités économiques. Il faut que les gens de l’extérieur nous voient comme un endroit paradisiaque. Il faut transformer notre vie politique, communautaire et économique pour que ces gens viennent chez nous. Ça ne se fera pas en claquant des doigts, mais je pense qu’on est sur la bonne voie.»