M. Turcot espère que la réussite de son entreprise à l’international, gérée à Saguenay, encourage les jeunes à voir les possibilités immenses que la région a à offrir.

Rêver au-delà des frontières

Dès le début de leur vingtaine, Simon-Philippe Turcot et sa conjointe, Mylène Richard, cherchaient à réaliser un projet ensemble. En 2006, après avoir décidé de quitter la grande ville, ils ont acheté la maison d’enfance de Mylène, à Saint-Henri-de-Taillon, pour réaliser un rêve : celui de décoller une maison d’édition en région appelée La Peuplade.

« Les premières années, on a appris le métier sur le tas et on a fait nos armes », a raconté M. Turcot, dans son entretien téléphonique avec Le Progrès. Petit à petit, La Peuplade prenait forme et depuis, son bureau officiel s’est installé sur la rue Racine, à Saguenay.

Aujourd’hui, La Peuplade s’est étendue partout à travers le monde francophone. La maison d’édition publie de nombreux livres, tous genres confondus, en restant toujours à Saguenay. Récits, fictions, poésies, l’organisation se démarque même par ses traductions de livres scandinaves, ce qui la fait briller particulièrement en Europe.

Pour M. Turcot, il est possible de rayonner à l’international tout en restant dans la région. Même si cela apporte son lot de défis, le directeur général a choisi de toujours rester en région. Une décision, qui selon lui, peut particulièrement inspirer les jeunes.

C’est pour cette raison qu’il parcourt même la région pour aller en parler, lors de conférences dans les cégeps. « Je tiens à dire aux étudiants que peu importe leurs rêves qu’ils ont, c’est possible de les réaliser d’ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean », a-t-il avoué.

Selon le directeur général de La Peuplade, les barrières physiques sont tombées. « Il faut se permettre de rêver grand, pour nos projets. Il faut avoir des rêves, des idées et il faut les mettre à exécution sans se dire que ça doit absolument avoir une portée locale ou régionale », a-t-il continué.

Son souhait pour la région est que les jeunes rêvent plus loin et qu’ils voient les réelles possibilités que peut offrir une entreprise du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elles n’ont pas de limites. « C’est tout à fait possible pour un jeune d’avoir une idée intéressante et de la développer, peu importe où il est, qu’il soit en région ou dans un milieu urbain. Notre projet ne doit pas être freiné par le territoire qu’on occupe », a renchéri M. Turcot.

Il ne veut plus entendre le discours que la région est exclusivement une région ressource. Selon lui, il n’y a pas que de grands investissements qui sont nécessaires, puisqu’une grande partie de l’économie repose sur de petits entrepreneurs de commerces de toutes sortes.

M. Turcot souhaite qu’on donne encore plus de moyens aux jeunes et aux moins jeunes pour réaliser leurs projets, afin de faire rayonner la région encore plus loin avec ses projets diversifiés.

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DE NOMBREUX DÉPLACEMENTS

Simon-Philippe Turcot ne cache pas qu’il sent souvent un appel de la grande ville. Le centre des activités littéraires francophones n’est pas au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais bien à Montréal ou à Paris, ce qui fait que l’homme doit se déplacer à maintes reprises durant l’année.

Lors de l’appel du Progrès, il se trouvait justement dans la capitale française, où avait lieu le Salon du livre de Paris. Il doit réaliser ce voyage au moins une fois par mois. Malgré les technologies, qui lui permettent de gérer des projets avec des collègues un peu partout dans le monde quotidiennement, le médium avec lequel il travaille l’oblige à devoir se déplacer couramment.

«On a déjà eu envie de quitter, mais on a eu des enfants, on a le bureau, on a des employés qui se sont joints à nous. On a une relation qui s’est construite avec les gens de la région», a révélé le directeur général.

Il a admis qu’il y avait beaucoup de déplacements vers les grandes villes, mais qu’il avait toujours un certain confort à revenir en région. «Notre atelier de travail est loin du bruit des grandes villes, ce qui nous permet de réfléchir calmement», a-t-il noté.

Il est très attaché à la région et avoue qu’il y a une certaine curiosité des lecteurs, des journalistes et des artistes sur le fait qu’il travaille dans une région éloignée. Il apprécie parler de la région et la faire découvrir aux autres, une action qui, selon lui, «met la région sur la map».