Après ses études universitaires à Sherbrooke, Marie-Ève Larouche a pris la décision de revenir s’installer dans sa région natale. Elle occupe actuellement le poste de responsable des communications, du marketing et du développement des affaires au sein du groupe Génitique.

Prendre la place que la région mérite

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean a tous les atouts pour faire sa place parmi les grands acteurs économiques et pour Marie-Ève Larouche, le temps est venu de mettre son pied à terre.

Celle qui occupe le poste de responsable des communications et du développement des affaires pour la firme de génie-conseil Génitique, aussi impliquée dans les secteurs de l’énergie industrielle, est catégorique. Il est faux de croire que la région n’a d’autre choix que de se contenter de jouer les seconds violons.

«Je trouve qu’on est bien parti, mais il y a encore beaucoup de travail à faire, constate la jeune femme. Ce que je crains le plus, c’est que notre région regarde passer la parade. Je veux plutôt qu’on en fasse partie. Il y a tellement de potentiel.»

À l’ère où le terme pénurie de main-d’œuvre est devenu pratiquement plus populaire qu’Elvis Presley au milieu du 20e siècle, Marie-Ève Larouche croit fermement que l’avenir passe par la jeunesse, mais surtout par une synergie entre les entreprises, les différents groupes d’âge de travailleurs et les régions du Québec.

Après ses études universitaires à Sherbrooke, Marie-Ève Larouche a pris la décision de revenir s’installer dans sa région natale. Elle occupe actuellement le poste de responsable des communications, du marketing et du développement des affaires au sein du groupe Génitique.

Avec les technologies désormais développées, les collaborations qui dépassent les frontières du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont devenues plus accessibles que jamais. «Pourquoi ne serait-il pas possible d’attirer de nouveaux talents, suggère Marie-Ève Larouche. Avec les technologies, ça n’empêche pas de voir quelqu’un basé à Montréal mettre ses talents au profit d’une entreprise d’ici.»

Consciente que les nouveaux travailleurs prêts à percer le marché ont une nouvelle mentalité, la Chicoutimienne suggère que tout le monde s’adapte à la situation. Elle ne croit pas que les jeunes d’aujourd’hui ont réponse à tout, autant qu’elle ne pense pas que les professionnels seniors n’ont plus rien à apprendre.

«Je me mets à la place de la génération de mes parents et ils ont extrêmement de connaissances, de par leur vécu et leur expérience sur le marché du travail, mais ils ne connaissent pas tous les outils qu’on peut apporter. Imaginez le maillage qu’on pourrait faire entre les deux», met en relief la jeune leader d’à peine 25 ans, mais qui a la tête remplie d’idées.

Convaincue du grand potentiel de la région, Marie-Ève Larouche aimerait que les grands penseurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean travaillent d’un commun accord pour concocter la recette de demain. «Ça frétille, mais il faut qu’on se parle plus», clame-t-elle.

Vice-présidente de l’Aile jeunesse de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord, la dynamique jeune femme pense qu’un ajustement entrepreneurial est dans l’air. «Les bonnes pratiques de gestion, c’est d’éclater les îlots, aplatir les organigrammes et travailler en collaboration, explique-t-elle. Cette recette pourrait très bien s’appliquer à notre région.»

Marie-Ève Larouche a eu la chance de poursuivre sa réflexion en participant à la quatrième édition du Forum économique de la relève d’affaires, le 15 mars, à Montréal. Sous le thème «Les métiers du futur: réflexion stratégique pour un Québec à l’avant-garde», différents ateliers et activités de réseautage étaient au menu entre les participants et les nombreux invités. La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbeault, a d’ailleurs pris le temps de discuter avec les participants inscrits.

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« JE ME SUIS DÉJÀ FAIT DIRE QUE C'ÉTAIT UN SUICIDE PROFESSIONNEL DE REVENIR DANS LA RÉGION »

Marie-Ève Larouche a quitté son Saguenay natal pendant cinq ans pour poursuivre ses études universitaires à Sherbrooke. Détentrice d’un baccalauréat en communications et marketing et d’une maîtrise en administration, elle a été confrontée à plusieurs mythes concernant la région lors de son court exil, dont un qui l’a particulièrement secouée.

«Je me suis déjà fait dire que c’était un suicide professionnel de revenir dans la région, laisse tomber Marie-Ève Larouche. Ça a alors eu l’effet de me motiver à revenir ici pour défaire ce mythe-là. Ce n’est pas vrai qu’avec mon bagage obtenu pendant mes études, on n’a aucun avenir dans la région. Ça m’a touchée et ça m’a donné envie de participer à changer cette perception.»

La principale intéressée précise qu’elle a entendu l’expression du suicide professionnel une seule fois, «mais c’était une fois de trop», ajoute-t-elle. 

«On pense que les plus grands avancements sont à Montréal et qu’il y a plus de possibilités là-bas, mais aujourd’hui, grâce à tout ce qui s’offre à nous, ce n’est tellement plus vrai de dire que hors de Montréal, point de salut», signale celle qui est revenue dans sa région natale il y a un an et demi.

Marie-Ève Larouche a d’ailleurs constaté, durant ses études en Estrie, que les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont la réputation favorable d’être sociables et sympathiques. Cette étiquette est bien belle, mais la jeune femme est d’avis que la région a bien plus à offrir que son hospitalité.

En ce sens, elle cible notamment les expertises en matière d’aluminium vert et d’environnement, en plus de l’offre culturelle bien vivante.

«On a beaucoup de talents, on se détache de plus en plus de notre réputation d’être uniquement une région ouvrière», raconte Marie-Ève Larouche, faisant remarquer que plusieurs personnes bien connues sont originaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et ce, dans plusieurs domaines distincts.

«J’ai bien de la misère avec le discours : "Pour un p’tit gars de Chicoutimi, il est allé loin". Tout le monde vient d’un petit quelque part. Il faut casser ça. On est fier d’où on vient, mais il ne faut pas s’asseoir là-dessus», souhaite-t-elle.

Et selon la jeune femme, il est possible de faire du Saguenay–Lac-Saint-Jean une destination de choix, alors que la tendance est plutôt inversée présentement.

«On peut devenir une région sexy pour plusieurs personnes, assure Marie-Ève Larouche. Il faut mettre des infrastructures en place pour attirer les gens. Mon rêve est que dans 10 ou 15 ans, on soit dans les plans des finissants. On a un bon levier, il faut maintenant l’activer. On est sur les blocs de départ, il faut maintenant devenir une option naturelle.»