Francis Pearson conseille aux jeunes entrepreneurs de la région de ne pas hésiter à demander de l’aide et à travailler ensemble pour faire briller leurs entreprises.

Miser sur la coopération pour croître en région

Lorsqu’on regarde le parcours de Francis Pearson, il est facile de s’imaginer que tout a toujours été facile pour lui. À 24 ans, il a sa propre compagnie, appelée Chef à domicile–Traiteur haut de gamme. Depuis deux ans, il a également commencé la fabrication de chocolat qu’il vend dans différents commerces et en prime, il a récemment remporté le Défi des chefs de Leucan, en duo.

Pourtant, le chef avoue, dans une entrevue téléphonique avec Le Progrès, qu’il n’y avait rien de simple et qu’il a dû mettre les bouchées doubles pour en arriver où il en est à un si jeune âge. Le natif de Bégin a commencé avec un diplôme d’études professionnelles et est allé par la suite chercher une attestation fédérale professionnelle en cuisine. Pendant ce temps, il a appris à cuisiner en travaillant au restaurant gastronomique le Saint-Amour à Québec.

L’appel de la région s’est fait sentir à la fin de ses études. Lorsqu’il est revenu, il a décidé de lancer sa propre entreprise de chef à domicile, avant de s’intéresser au chocolat quelques années plus tard. Pourtant, il a dû affronter son lot de difficultés.

Le jeune chef à domicile, Francis Pearson, accumule les réalisations. Depuis cinq ans, il gère sa propre compagnie, en plus de s’être lancé dans la fabrication de chocolats. Il a récemment remporté le Défi des chefs de Leucan.

L’importance de s’aider

Le jeune chef associe son succès au travail et à l’acharnement qu’il met dans ses projets. Pourtant, il admet que ce n’est pas toujours facile. «Il n’y a pas une semaine où je ne me pose pas de questions. C’est tellement difficile, en tant que jeune entrepreneur, de percer. Je me considère comme chanceux, car je réussis à vivre de ma passion à 24 ans. Mais, je vois beaucoup d’autres jeunes qui aimeraient ça se lancer en affaires, mais qui ne savent pas par où commencer», a expliqué le jeune homme.

Les prix à la hausse, la réglementation de plus en plus rigide et les nombreuses tâches administratives en décourageraient plus d’un, selon lui. Il conseille aux jeunes qui ont un projet en tête d’oser demander de l’aide auprès de ressources, que se soit du côté des finances, ou encore du mentorat, pourraient les guider vers de bonnes démarches et leur enlever un lot de stress.

Il souhaite également qu’on encourage les mesures qui viennent aider les jeunes à se lancer en affaires, comme l’incubateur d’entreprise, proposé par Promotion Saguenay. Il pense que la région a tout à gagner si on encourageait davantage les jeunes à démarrer leurs projets.

Rêve d’un projet commun

L’entrepreneur n’a pas froid aux yeux et s’est donné jusqu’à ses 30 ans pour réaliser un projet ambitieux pour aider les jeunes entrepreneurs. Il souhaiterait transformer un entrepôt à l’abandon en centre multifonctionnel pour jeunes entrepreneurs. Il a déjà vu ce genre de projets dans d’autres régions du Québec.

«Plus on va se mettre ensemble, plus nos charges se divisent et elles seront moins élevées. En se regroupant, on peut réduire nos frais et croître plus rapidement. On pourrait s’aider», a ajouté le chef à domicile.

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UN AVENIR DIFFICILE POUR LES RESTAURATEURS

Lorsqu’il pense au futur de la région, Francis Pearson voit son entreprise d’un bon œil. Selon lui, les besoins pour un chef à domicile seront toujours présents. «Puisque c’est un service qui est différent, qui est complémentaire aux restaurateurs et que je me déplace chez les gens, il aura toujours sa place», a-t-il affirmé, confiant. Par contre, il admet qu’il croit que le futur des restaurateurs sera peut-être plus difficile. Selon lui, il y a de plus en plus de lois et de règlements qui découragent la relève. Il constate également que les prix ne cessent d’augmenter pour les clients. «Manger, ça reste un besoin primaire, mais manger pour le plaisir, quand ça vient trop cher, trop compliqué, les gens iront de moins en moins manger dans les restaurants», a-t-il soulevé.

De plus, du côté de la relève, il y aura aussi un grand défi en raison des changements de mentalités. Les jeunes voudraient davantage profiter de la vie et non seulement travailler. « Je remarque que notre génération veut travailler, mais elle veut aussi faire d’autre chose. On veut voyager et on ne va peut-être pas faire le même travail toute notre vie», a-t-il soutenu.