Marie-Elaine Riou, directrice générale du Festival REGARD.

La convivialité plutôt que la croissance à tout prix

Le Festival REGARD a fait sa place dans le coeur des cinéphiles et des cinéastes en proposant une expérience unique. L’événement est devenu un rendez-vous incontournable qui mélange le cinéma de qualité, avec des rencontres professionnelles, dans une proximité qui a peu d’égal dans le monde des festivals. Sans oublier la fête qui anime le centre-ville de Chicoutimi, alors que le printemps tarde à arriver au Saguenay.

Quelques heures avant la fin de la 23e édition, questionnée sur les possibilités de faire grandir l’événement dans la région, la directrice générale de REGARD, Marie-Elaine Riou, dit privilégier une autre approche.

« J’aime croire qu’au-delà de penser à grandir, on peut toujours s’améliorer. [...] Notre préoccupation ce n’est pas de grandir au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais de continuer à être aussi accueillant et à offrir une qualité de projections, offrir une qualité de rencontre, une qualité de festival à la hauteur des attentes des gens », explique-t-elle.

Cet aspect humain se remarque facilement. Au moment de l’entrevue, réalisée à l’Hôtel Chicoutimi, la directrice générale salue personnellement et chaleureusement tous les invités qui quittent la région.

La convivialité qui a fait la renommée de l’événement n’empêche pas la directrice générale de faire preuve d’audace. Elle veut faire de Saguenay, à la mi-mars, « LE » rendez-vous des cinéastes internationaux.

« Mon rêve, c’est que tous les cinéastes qui ont un film à REGARD soient présents. On l’a vu pendant la remise de prix. Il y avait des vidéos, un réalisateur est en Australie, un autre en Asie... Je vais travailler très fort pour créer ces rencontres-là. Bien qu’elles soient brèves, ce n’est pas la durée qui est importante, comme dans un court-métrage. C’est la qualité de la rencontre qu’on privilégie », affirme Marie-Elaine Riou.

Cette vision de la directrice générale commence à porter ses fruits. La réputation du festival REGARD a toujours été reconnue dans la province. Elle voyage maintenant aux quatre coins de la planète.

Travail de terrain

Pour sa 23e édition, REGARD a accueilli beaucoup plus de réalisateurs provenant de l’étranger qu’à la normale.

« Il y a quelque chose qui s’est passé à l’international », pense celle qui en était à sa quatrième édition à la tête de REGARD.

Faire de REGARD un rendez-vous des cinéastes et cinéphiles internationaux demande aussi beaucoup de travail de terrain.

En dehors du festival, Marie-Elaine Riou et le petit noyau qui travaille à l’année à monter l’événement font des rencontres. Il faut convaincre les réalisateurs qui soumettent des films du bien-fondé de se présenter dans la région. « C’est dans la bonne voie. Tout ça est en train de se faire, mais il faut être patient. Ça représente plusieurs années de travail. »

La réponse se trouve dans le bouche-à-oreille et dans la bonne réputation de REGARD. « Comme les gens partent d’ici avec de bons commentaires, on peut espérer qu’ils vont en parler en bien à leurs collègues. »