Élisabeth Duchesne

Jeune entrepreneure: la proximité des gens fait oublier le reste

La région a des grandes qualités reconnues ici et en dehors des limites du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La qualité de vie est souvent soulignée par ses habitants et ses nouveaux arrivants. Qu’en est-il du monde des affaires? Force est d’admettre que rien n’est parfait au royaume du bleuet.

Rencontrée dans son commerce de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, l’entrepreneure et chocolatière Élisabeth Duchesne confie que la distance entre la région et les grands centres peut se faire sentir davantage, par moment. Les heures de route nous séparant de Montréal et de Québec ne sont pas toujours évidentes à conjuguer pour un entrepreneur.

Faire le choix d’être en affaires en région, c’est aussi accepter d’être dans un bassin plus petit.

Heureusement, les qualités et les avantages de la région sont omniprésents. Ils sont même assez puissants pour faire oublier la grande ville.

« Les gens sont tellement plus proches ici, on se connaît entre nous. Les gens viennent à mon commerce. Ils me connaissent et connaissent également ma famille. Le sentiment d’appartenance est plus fort, j’ai l’impression que cela n’existe pas ailleurs », explique la jeune femme de 28 ans. « La proximité des gens arrive à nous faire oublier les petits désavantages de la région », ajoute-t-elle.

Originaire de Saint-André-du-Lac-St-Jean, elle a fait le choix d’établir son commerce dans la municipalité de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, à proximité de ses amis et de sa famille. L’accessibilité au lac Saint-Jean et aux forêts pesait également dans la balance. Et même si la nature est bien proche, la ville reste tout aussi facilement et rapidement accessible.

Élisabeth Duchesne est d’avis que les jeunes osent de plus en plus se lancer en affaires. Selon elle, cela passe par autre chose que les traditionnels commerces. Elle remarque notamment une plus grande présence de travailleurs autonomes.

« Au début, quand j’ai commencé, il n’y avait pas beaucoup de jeunes dans les 5 à 7 d’affaires. Maintenant, ça nous ressemble plus. Le réseautage est plus facile. C’est moins intimidant pour ceux qui commencent », explique-t-elle.

L’avenir mettra à l’honneur les entreprises qui y vont d’une offre personnalisée. Selon elle, ce qui est purement commercial risque d’avoir plus de difficultés à survivre.

« Au début, je devais y aller de plus grands discours quant à mes produits et l’origine des ingrédients. Lors des premières années, tout était à construire. Maintenant, les clients sont informés. Ils veulent de belles choses».

Oeuvrant dans le domaine agroalimentaire, Mme Duchesne remarque l’intérêt grandissant des consommateurs envers les produits achetés ici. Ceux-ci sont à la recherche d’une plus grande proximité avec les artisans.

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PÂTISSIÈRE DEVENUE CHOCOLATIÈRE

Encore dans la vingtaine, Élisabeth Duchesne pourrait en surprendre plusieurs alors qu’elle terminera, en décembre prochain, sa septième année en tant qu’entrepreneure. Le sept risque d’être chanceux pour celle qui est derrière les Chocolats Rose Élisabeth. Un projet majeur attend la propriétaire au courant de l’année à venir. 

Au moment de compléter sa formation en pâtisserie au CFP Jonquière, Élisabeth Duchesne devait trouver un stage professionnel. Alors qu’il ne restait plus aucune possibilité en pâtisserie, c’est vers une chocolaterie de Saguenay qu’elle s’est tournée. 

En l’espace de quelques semaines, elle est tombée en amour avec ce produit si difficile à maîtriser. Elle rappelle d’ailleurs que l’examen concernant le chocolat est l’unique examen qu’elle a échoué pendant sa formation académique. 

Avec un DEP en poche, Élisabeth Duchesne a pris le chemin du perfectionnement, notamment à l’Académie de chocolat Cacao Barry. Encore aujourd’hui, elle participe annuellement à des formations. Il s’agit d’une occasion en or pour découvrir de nouvelles techniques, s’inspirer et rencontrer les collègues.

De retour au Lac-Saint-Jean, la chocolatière était enfin prête à amorcer sa carrière. Toutefois, aucune chocolaterie n’embauchait. C’est plutôt en réalisant des contrats pour sa famille et ses amis qu’Élisabeth a débuté sa pratique. De fil en aiguille, l’entreprise Chocolats Rose Élisabeth est née. 

La huitième année de l’entreprise sera marquante pour la jeune femme d’affaires. Contrairement à d’autres domaines, l’hiver n’est pas une saison morte pour les artisans du chocolat. Le temps des Fêtes est rapidement suivi de la Saint-Valentin et de Pâques. Les trois fêtes chocolatées permettent de réaliser une grande partie du chiffre d’affaires.

Par ailleurs, des projets de déménagement sont également dans l’air. En compagnie de son conjoint, la chocolatière a fait l’achat d’une maison centenaire à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. À l’image des entreprises d’époque, sa demeure se trouvera au-dessus de son commerce. Son conjoint Stéphan Boivin de Cuitzinémoi produira également, sur place, ses réputées pâtes.