Frédéric Gagnon, copropriétaire de Gagnon Frères, lance un appel à l’unité régionale et estime que le Saguenay–Lac-Saint-Jean doit se doter d’une vision et d’une image mieux définies.

Devenir « la plus accueillante au Québec »

La région du Saguenay–Lac-Saint-Jean doit crier sur tous les toits qu’elle est « la plus accueillante au Québec » et « se doter d’un plan qui facilite la venue de la main-d’oeuvre extérieure, incluant les immigrants ».

Les copropriétaires de Gagnon Frères, Frédéric Gagnon et Virginie Théberge, n’ont pas pris à la légère l’invitation lancée dans le cadre de ce cahier spécial. Ils ont pris le temps de réfléchir sérieusement à l’avenir de la région et sont revenus avec un message concis et percutant, lequel s’adresse autant à la communauté d’affaires qu’aux élus de tous les paliers.

« Il faut travailler sur l’attractivité de la région, développer nos forces, se distinguer des autres régions, être les plus accueillants et les meilleurs dans ce qu’on vise. Il faut développer une vision collective en ce sens [...] et créer la région la plus accueillante au Québec », ont-ils écrit, dans une lettre « cri du coeur » écrite en guise de préparation à l’entrevue.

Plus loin, ils tiennent un propos encore plus tranchant : « C’est notre seule chance de voir la région se développer. »

Marteler le message

« Il faut répéter à toutes les occasions possibles que la région, c’est la place pour vivre et pour faire des affaires. La qualité de vie est exceptionnelle. On a des forces extraordinaires, mais on n’a pas un branding fort, et encore moins qu’il y a 40 ou 50 ans. On a manqué le bateau, et il est temps de se doter d’un plan », a ensuite soutenu M. Gagnon, en entrevue.

Ce dernier invite tous les entrepreneurs, de tous les domaines, à se rallier, afin de lancer un message à l’unisson. « Le qualificatif qui doit revenir et que tout le monde doit répéter, c’est "accueillante'". Il faut prendre les moyens pour attirer la main-d’oeuvre, ramener nos jeunes et être une destination de choix pour les immigrants. Il faut les accueillir avec le sourire et des programmes d’accueil qui se distinguent », soutiennent les dirigeants de Gagnon Frères, une entreprise qui investit dans la région depuis plus de 115 ans.

« C’est triste et illogique quand on sait à quel point notre région est magnifique et permet une qualité de vie inégalée. [...] Notre région est un paradis, où il fait bon vivre », écrivent-ils.

Selon eux, le défi principal est celui de la main-d’oeuvre. Là encore, l’attractivité est au coeur de l’enjeu. Et un pouvoir d’attraction à la hauteur des beautés et qualités régionales passe par un changement d’attitude, une gouvernance unie et un réflexe d’investissement.

L’affaire de tous

« Il faut que tout le monde prenne des risques, développe. Il faut se lancer et dire qu’on n’a pas peur ! Qu’on est bons ! Qu’on est les meilleurs ! Notre région se doit de viser l’excellence et la performance », a ajouté Frédéric Gagnon, incitant ainsi tous les acteurs socio-économiques à laisser la division – municipale, régionale, politique et concurrentielle – de côté, pour montrer une image forte et unie.

L’homme d’affaires croit que la communauté doit compter, penser et investir en termes de région, d’un ensemble. « On se définit souvent par ce à quoi on s’oppose, alors qu’on doit se définir par ce qu’on veut être. » Et les copropriétaires implorent que l’audace soit récompensée et utilisée comme carburant pour aller plus loin. « Il faut que nos élus se concertent avec les leaders régionaux [...] sur la base du mérite et des accomplissements pour se donner une vision de la région pour 2025. La région doit supporter les projets porteurs de cette vision », précisent-ils.

Se différencier

Pour arriver à une telle affirmation, M. Gagnon et Mme Théberge estiment que la région doit miser sans réserve sur le développement de créneaux d’excellence. Un sentiment d’appartenance à ses plus hauts sommets rentre aussi dans l’équation. « C’est l’histoire de tous les leaders », a affirmé M. Gagnon, reconnu pour son implication dans la société.

En d’autres mots, la région doit être le paradis du plus d’aspects possible. La motoneige, la raquette, la pêche, le vélo, les sports nautiques, les rythmes du monde, les jeux vidéo, le bleuet ; « peu importe, il faut y aller à fond dans ce qui peut devenir une image de marque, une différence », dit Frédéric Gagnon.

Frédéric Gagnon, copropriétaire de Gagnon Frères, lance un appel à l’unité régionale et estime que le Saguenay–Lac-Saint-Jean doit se doter d’une vision et d’une image mieux définies.

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UNE ANNÉE D'INVESTISSEMENTS RECORDS

En quelque sorte, Gagnon Frères est passée des actes à la parole, à l’occasion de ce reportage. C’est à partir de son « audace » qu’elle a puisé son inspiration pour inviter toute la communauté à s’autoproclamer « meilleure région du Québec ».

« Cette année sera une année d’investissements records avec l’acquisition et la réfection de l’ancien Walmart, bâtisse abandonnée par la multinationale américaine pendant plus de 13 ans. [...] Gagnon Frères relève ce défi et investit aussi massivement en technologies de l’information », se félicitent les copropriétaires, Frédéric Gagnon et Virginie Théberge. En décembre, l’entreprise de commerce de détail a levé le voile sur un projet de 15 M $ afin de centraliser ses activités de distribution et son centre de liquidation à l’endroit déserté depuis la fermeture de l’ancien Walmart, pansant ainsi « une cicatrice béante dans le secteur commercial de Jonquière ». Elle est en pourparlers pour vendre son ancienne enceinte de Kénogami et développe plusieurs projets et technologies, dans une vision d’avenir.

Le détaillant souhaite ainsi demeurer à l’avant-garde et continuer « de prendre des risques », afin se tenir au-dessus de la masse des détaillants de meubles. 

Mais pour y arriver, l’entreprise aura besoin de main-d’oeuvre. Régionaux exilés, jeunes, immigrants, travailleurs d’expérience, personnes originaires d’ailleurs au Québec ; tous se doivent d’être attirés ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, estiment M. Gagnon et Mme Théberge. « De plus en plus, il y a une rareté de la ressource la plus importante : la main-d’oeuvre. Un branding fort est la solution pour attirer des ressources humaines et inciter nos jeunes à revenir. Il nous faudra de la relève pour réussir nos défis », résument-ils.