Benjamin est le parfait résultat de la rencontre entre sa maman brésilienne, Isis Bussons, et son père québécois, Mathieu Gravel.

Découvrir et redécouvrir la région

Le français et l’anglais côtoient le portugais au quotidien, dans une chaleureuse maison du quartier Riverbend d’Alma. Mathieu Gravel, Isis Bussons et leur bambin Benjamin y vivent depuis un an. Après avoir résidé à Montréal, le couple a pris la décision de venir vivre au Lac-Saint-Jean.

Après une décennie passée dans la métropole, c’est un retour aux sources pour Mathieu qui est originaire d’ici. Et c’est tout le contraire pour Isis. Originaire du Brésil, elle a passé une année et demie à Montréal avant de faire le grand saut au Lac-Saint-Jean.

« Je suis tombée en amour avec la région. C’était mon cadeau de fête de venir vivre ici. Au début, c’était plus moi que Mathieu qui avait envie de le faire », explique Isis dans un français qui ferait pâlir bien des Québécois de souche.

Le couple a profité d’une période creuse dans leur emploi respectif pour passer à l’action et quitter le 514 au profit du 418.

Grâce à Isis, son conjoint Mathieu a, en quelque sorte, redécouvert sa propre région. « Je me disais, j’aime le Lac, mais pas pour y vivre. Cela a changé lors de ma rencontre avec Isis. C’est particulier de venir ici avec quelqu’un qui ne vient pas du Lac. Elle remarquait de belles choses que je ne voyais plus. Elle s’arrêtait pour prendre des photos, l’hiver, à -40 », raconte Mathieu. C’est d’ailleurs lui qui aura vécu les mois les plus difficiles d’adaptation.

La chaleur des gens revient souvent dans le discours d’Isis. « Ici, tout est proche. On se fait beaucoup confiance. Les gens sont honnêtes et vaillants », fait valoir Isis.

Certes, des arguments plus rationnels se sont invités à la décision. Le couple a évalué les points économiques comme le prix pour se loger, le transport et le coût de la vie qui sont tous moins élevés en région. Au final, la qualité de vie l’a emportée.

La grande ville de Montréal et ses nombreuses qualités ne manquent que très rarement au couple. La nécessité de l’automobile est probablement l’unique point négatif qu’Isis a réussi à trouver au presque parfait Lac-Saint-Jean. Elle souligne que le rythme de vie différent oblige les transports en auto plutôt qu’à pied ou en vélo.

Dès leur arrivée à Alma, le couple gardait en tête l’option de s’établir ailleurs en fonction du marché du travail. La ville d’Alma et ses grandes qualités l’auront finalement emportées.

Quatre ans plus tard, le couple qui est devenu une petite famille ne regrette pas son choix. « Si tout va bien, je veux vieillir ici. Je ne peux m’imaginer ailleurs », conclut Isis.

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DE PORTO ALEGRE AU LAC

Bien qu’elle soit native de Porto Alegre, au sud du Brésil, c’est plutôt à des milliers de kilomètres de chez elle, à Alma, qu’Isis Bussons a pris la décision de fonder une famille. 

Aujourd’hui, la jeune femme navigue entre sa langue de coeur comme elle l’appelle, le portugais, le français et l’anglais. 

Au quotidien, elle occupe un emploi d’intervenante sociale au Service budgétaire Lac-Saint-Jean-Est en plus de s’impliquer dans la communauté, notamment au Café Communautaire l’Accès.

Le sentiment de familiarité typique à la région l’interpelle fortement. « Mon fils aura de vraies racines, ici. Ce que je trouvais moins possible à Montréal. C’est très éphémère. Les gens y sont souvent de passage. Les familles n’achètent rien pour le long terme parce qu’ils déménageront sous peu », fait-elle valoir. 

Il était impensable pour Isis Bussons de fonder une famille au Brésil. 

Cela s’explique notamment par l’omniprésence de la violence. Selon elle, cela a des répercussions dans le comportement des habitants. « Au Brésil, c’est plus individualiste. Les gens sont plus prudents et plus craintifs. Ils se mélangent moins entre eux », raconte-t-elle dans sa maison d’Alma.

Le récit d’Isis Bussons est un exemple sans anicroche d’immigration.

Pour y arriver, cela passe, selon elle, par l’implication de la personne immigrante et de la société québécoise. Les deux parties doivent s’impliquer. 

« Il y a parfois beaucoup de préjugés. Cela ne parait pas, si je ne parle pas », explique celle qui se désole de vivre une intégration plus facile puisqu’elle n’appartient à aucune minorité visible. 

Aujourd’hui, la Jeannoise d’adoption s’implique dans un collectif des femmes immigrantes. Elle souhaite faciliter l’enracinement des personnes qui arrivent, dans la région, sans réseaux et qui doivent se trouver un emploi.