Contrer le déclin démographique en misant sur les étudiants internationaux

Pour garder les jeunes en région, il faut créer les conditions favorables à leur établissement lors de leur passage, au cégep et à l’université, en favorisant les liens avec les employeurs et en stimulant l’implication sociale. C’est du moins le pari que font les différents intervenants dans le nord du Lac-Saint-Jean en développant une stratégie d’établissement des étudiants du Cégep de Saint-Félicien.

Le nombre de jeunes est en chute libre dans la région. Alors que le Cégep de Saint-Félicien accueillait 1246 étudiants à l’automne de 1994, les prévisions estimaient que le taux de fréquentation baisserait à 677 à l’automne 2021, remarque Gilles Lapointe, le directeur général de l’établissement. « C’est 50 % en moins », a-t-il lancé lors du dévoilement de la Stratégie d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre Ose le Pays-des-Bleuet, au début octobre.

Cette décroissance démographique n’a pas que des impacts sur le cégep, mais elle représente un défi socio-économique pour toute la région, a ajouté ce dernier. « L’an dernier, Services Québec nous annonçait qu’il y a 24 000 emplois à pourvoir dans la région », dit-il. Au-delà du recrutement local et provincial, le recrutement international s’est rapidement imposé pour combler le fossé de main-d’œuvre. C’est pourquoi les neuf institutions d’enseignement supérieur ont décidé d’unir leurs forces, en 2006, pour créer le Comité régional de recrutement international et d’intégration (CRRII).

Aujourd’hui, les résultats parlent d’eux-mêmes, alors que le cégep accueille plus de 200 étudiants internationaux sur un total de 964 étudiants, grâce à 68 protocoles d’ententes paraphés avec des partenaires internationaux. Une réussite de taille par rapport à l’achalandage anticipé de 730 étudiants.

La solution

Attirer les jeunes dans la région est un premier défi, mais on ne devrait pas en rester là, selon Gilles Lapointe, car il existe un réel potentiel de les garder ici. « Les étudiants internationaux qui ont choisi Saint-Félicien on fait le choix de vivre l’expérience du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et plus précisément de notre milieu, dit-il. Dans un monde idéal, nous souhaiterions que nos travaux collectifs nous permettent de cheminer ensemble vers un programme où ensemble, l’établissement scolaire, le milieu socio-économique et le milieu de travail seraient en mesure de proposer aux futurs candidats internationaux un projet de vie. »

Alors que le Cégep investit près de 150 000 dollars par année pour attirer les étudiants internationaux, le milieu se mobilise maintenant pour les retenir dans la région, grâce à une stratégie d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre appelée Ose le Pays-des-Bleuet et pilotée par Portes ouvertes sur le lac (POL). « Nous travaillons avec le cégep de Saint-Félicien sur l’établissement durable des étudiants diplômés, ce qui n’existait pas auparavant », a mentionné Hélène Cabarrus, de POL. « Il est de la responsabilité de tous de leur offrir de belles opportunités d’emplois et un accueil chaleureux. Et ce dès la première visite exploratoire. D’ailleurs, j’invite les entreprises à communiquer avec nous afin de mettre en place des initiatives marquantes favorisant l’établissement durable de ces nouveaux résidants. »

Même son de cloche du côté d’Elliot Lapointe, le chargé de projet de la stratégie de main-d’œuvre. « Citoyen, travailleur, entrepreneur, bénévole, élu, artiste, étudiant, tous s’avèrent un maillon pour promouvoir la qualité exceptionnelle de notre territoire, a-t-il mentionné en ajoutant que le cégep est un ambassadeur important pour faire rayonner la région et attirer davantage de jeunes au Pays-des-Bleuets.