Le producteur Robert Hakim.

« Sky is the limit » pour Robert Hakim

Selon le producteur bien connu d’événements comme le Festival international des Rythmes du monde (FIRM) ou le Festival des bières du monde, Robert Hakim, il n’y a pas d’artiste trop gros pour venir fouler les planches ici, à Saguenay.

Il ne manque pas grand-chose pour que la ville s’inscrive dans le circuit des grands concerts internationaux qui ont lieu au Québec. Sans entrer en compétition avec les grandes villes que sont Québec et Montréal, Saguenay pourrait devenir une destination supplémentaire pour les artistes qui se produisent devant des dizaines de milliers de spectateurs.

Robert Hakim le dira à plusieurs reprises au courant de l’entrevue, la capitale régionale possède un « potentiel énorme » du côté de spectacles internationaux. Ce n’est pas l’ambition qui manque de son côté. « Sky is the limit », résume-t-il.

Déjà, son équipe et lui poussent les limites un peu plus chaque été en accueillant des artistes d’envergure mondiale. « On le voit avec les spectacles internationaux qu’on produit l’été. Ça aurait été impensable de faire ça il y a quelques années seulement », indique-t-il. En 2018, la Zone portuaire de Chicoutimi a reçu Sean Paul, alors que Wyclef Jean s’est produit dans le cadre du FIRM.

Un des seuls freins à la créativité de Robert Hakim se trouve dans les capacités d’accueil de nos salles et de nos scènes de concerts extérieurs.

Le Festival international des Rythmes du monde.

20 000 billets

« Aujourd’hui, le problème qu’on a, c’est qu’on manque de place. La Zone portuaire, l’été, est limitée à 10 000 places. Si on avait plus grand, on pourrait certainement rivaliser avec Québec et Montréal. Facilement », précise-t-il avant d’ajouter que la capacité de la Zone portuaire pourrait être agrandie.

Ce ne sont pas les idées qui manquent de son côté. « On a tous les contacts. Évidemment, on n’a pas les plaines d’Abraham. Avoir une place qui peut accueillir 15 000, 20 000 personnes changerait les choses. Même chose pour un éventuel amphithéâtre digne de ce nom. Il serait certainement possible de produire des spectacles qu’on serait très étonnés de voir dans la région », pense le producteur.

Malgré le fait que plusieurs événements de toutes tailles se déroulent pendant l’année, Robert Hakim pense qu’il y a encore de la place pour développer l’événementiel dans la région.

« Il y a beaucoup d’événements, et pas seulement les nôtres, qui ont une portée nationale. Je pense seulement à la Traversée du Lac-Saint-Jean, au Festival des vins... C’est gros tout ça. »

En dehors de la question des infrastructures, un meilleur positionnement régional aiderait tous les festivals et événements de la région, pense M. Hakim.

« Est-ce qu’on veut utiliser ces grands événements-là pour attirer des touristes ? Si oui, il faut agir en conséquence », affirme-t-il, avant d’ajouter que la population régionale répond toujours présente lors des festivals et des concerts.

+

S'INSPIRER DE QUÉBEC

Robert Hakim pense qu’une ville comme Saguenay pourrait s’inspirer du modèle de Québec de plusieurs manières pour favoriser la tenue de grands événements dans la région.

«Ça prend une volonté politique, un peu à l’image de Régis Labeaume et de la ville de Québec. Lui, il a décrété que sa ville était une ville festive. À partir de ce moment-là, sa politique culturelle est axée là-dessus. Actuellement, il y a une politique, mais elle n’est pas clarifiée ici. Chaque organisation, chaque promoteur, doit travailler beaucoup plus fort, être beaucoup plus créatif», affirme M. Hakim, qui estime quand même que l’avenir est extrêmement prometteur.

S’il répète à plusieurs reprises que Saguenay est un partenaire majeur pour lui, Robert Hakim espère maintenant que les décideurs adhèrent à une de ses propositions. «Ce qui pourrait être intéressant, c’est d’avoir un bureau des grands événements. On pourrait mettre Jonquière en musique, Les Grandes veillées, REGARD, le festival Jazz et blues... Tous ces événements sont importants pour la région. [...] On pourrait prendre tous ces événements qui ont une grande portée pour la région, et les encourager davantage», conclut-il.