Le patron de Buddha-Station, Christian Genest, était présent mardi pour l’ouverture de la nouvelle succursale sur l’avenue Cartier.

Buddha-Station vise 50 comptoirs d’ici 5 ans

Le propriétaire de Buddha-Station a faim, même très faim. D’ici cinq ans, l’homme d’affaires Christian Genest souhaite ouvrir 50 comptoirs spécialisés dans la bouffe santé en Amérique du Nord pour les foodies pressés, a appris Le Soleil. Un plan d’environ 10 millions $.

Même si cette cible semble titanesque, l’objectif est réaliste, assure celui qui a aussi mis au monde la chaîne Sushi Taxi au début des années 2000. Il l’a vendu en 2016 pour plusieurs millions dollars alors qu’elle comptait 17 points de vente à travers la province.

Il ne faudra toutefois pas chômer, concède le grand patron. Mardi, il était déjà en action. Après les Halles Sainte-Foy, dans la capitale, il a inauguré la deuxième succursale Buddha-Station d’une superficie de 1000 pieds carrés sur l’avenue Cartier. Un investissement de 150 000 $ et une dizaine d’emplois ont été créés.

Il s’agit du troisième petit de la famille. L’autre étant à l’autre bout de l’autoroute 20, dans la métropole.

Depuis janvier 2017, Buddha-Station se consacrait entièrement (ou presque) à servir une clientèle d’affaires, comme des employés du Mouvement Desjardins, de Cossette, de Promutuel-Assurance et de Mallette, pour ne nommer que ceux-là. Aujourd’hui, le fondateur veut agrandir son terrain de jeu.

«Nous avons commencé doucement avec des ventes corporatives. Nous avons testé, mesuré et ajusté nos produits, notre technologie et notre expérience client pour se différencier dans le marché», indique au Soleil M. Genest. «Là, il faut accélérer la croissance», poursuit-il.

«Casser son ego» 

Ce dernier avoue «avoir dû casser son ego» en ouvrant des comptoirs. Il rêvait de mettre au monde une grande chaîne de restauration qui n’aurait pas pignon sur rue. «Une business 100 % techno» principalement axée sur la livraison.

Il ne perçoit toutefois pas ce changement cap comme un échec. Il compare jusqu’à présent le parcours de son entreprise à un combat de boxe de plusieurs rounds.

«À la boxe, le pivot ne change pas un boxeur, il modifie son angle afin de le placer hors coups. En affaires, c’est le même principe : le pivot ne chamboule pas la mission, il amène du rythme et place l’entreprise dans une zone qui l’amène à rayonner. Nous garderons notre modèle opérationnel avec des repas sains et sans compromis et miserons sur la meilleure expérience client; peu importe que notre client commande 1 ou 300 repas», affirme-t-il. «Nous allons devenir des pros de l’expérience client et du produit, plutôt que seulement développer une relation avec les entreprises».

Si tout se déroule selon ses plans, deux autres comptoirs ouvriront rapidement à l’hiver 2019, à Laval et à Longueuil. L’enseigne pourrait aussi ouvrir dans des centres commerciaux. La prochaine année sera principalement consacrée à l’ouverture de comptoirs au Québec. D’ici deux ans, Buddha-Station prévoit s’installer en Ontario et ensuite dans l’est du pays de Donald Trump.

«Nous utiliserons beaucoup la technologie dans nos comptoirs. En gros, il n’y aura pas de serveur ou de caissier. Les gens commanderont avec leur téléphone ou à partir des iPads que nous avons sur place», note M. Genest, assurant qu’un employé sera toujours présent pour répondre aux questions.

Pour répondre à la demande, la direction de Buddha-Station, qui s’est donnée comme mission de «rendre les repas santé excitants», a toujours l’intention de faire appel à des sous-traitants pour concocter ses mets. Ce sont plus de 75 000 repas qui ont été servis depuis janvier 2018.

Par ailleurs, la compagnie possède également trois stations de cueillette au Québec. Les clients peuvent commander sur le Web leur nourriture et récupérer leur marchandise dans ces points de service.

Buddha-Station offre notamment des bols de poke, des sandwichs-box et des salades.