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Le président et chef de la direction de Boralex , Patrick Decostre.
Le président et chef de la direction de Boralex , Patrick Decostre.

Boralex veut doubler sa puissance installée d’ici 2025, puis à nouveau d’ici 2030

Michel Saba
La Presse Canadienne
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Le producteur d’énergie renouvelable québécois Boralex ambitionne de doubler sa puissance installée sous gestion d’ici 2025, puis au moins la doubler à nouveau d’ici 2030, une croissance qui se fera d’abord par la multiplication de son empreinte dans le solaire et aux États-Unis.

L’entreprise de Kingsey Falls, dans le Centre-du-Québec, révèle dans la mise à jour de son Plan stratégique 2025, dévoilé jeudi, que son objectif est désormais de faire croître sa puissance de 2,2 GW à la fin de 2020 à 4,4 GW d’ici 2025. Celle-ci atteindrait ensuite 10 à 12 GW d’ici 2030.


« On a atteint fin 2020, début 2021, les cibles qu’on s’était fixées pour 2023 »
Le président et chef de la direction de Boralex , Patrick Decostre

Selon lui, cette mise à jour est «ambitieuse, mais raisonnablement ambitieuse».

Les États-Unis deviendraient le «marché principal de développement». La puissance ferait un bond de géant, passant de 290 MW à une fourchette allant de 4500 MW à 5400 MW.

C’est la taille du bassin de population, les grands besoins de remplacement d’énergie fossile, l’immensité du territoire pouvant accueillir des éoliennes et des panneaux solaires ainsi que les réussites au pays de l’Oncle Sam dans les dernières années qui ont convaincu Boralex d’y entrevoir un avenir radieux.

«Quand on s’est lancé aux États-Unis il y a deux ans, certains États avaient des plans ambitieux, particulièrement l’État de New York, a raconté M. Decostre. On a eu du succès. Entre-temps, il y a eu un nouveau président qui a été élu.»

Et le «plan majeur» du président Joe Biden en termes d’énergies renouvelables, «ça aligne vraiment les choses», a résumé le grand patron.

La puissance installée sera également appelée à augmenter dans d’autres marchés, doublant voire triplant en France et augmentant significativement au Canada. L’entreprise entend aussi prendre beaucoup de galon au Royaume-Uni et en Espagne.

Équilibre éolien-solaire

La diversification des activités se ferait également sur le front des technologies. Si l’éolien représente actuellement l’essentiel de la puissance et que le solaire n’en a que 9 %, ils occuperont chacun 45 % en 2030. Le stockage d’électricité, actuellement inexistant dans le portefeuille, en occupera 10 % à l’avenir.

Les revenus générés par la vente d’énergie éolienne et d’énergie solaire sont «très complémentaires», ce qui aidera à stabiliser la trésorerie et faciliter le financement, a expliqué M. Decostre.

«Vous avez par définition plus de production solaire en été, parce que les jours sont plus longs, qu’en hiver, a-t-il dit. Et l’éolien, c’est souvent plus venteux en hiver qu’en été et en plus la température est un peu plus faible, ce qui fait que la masse de l’air que vous brassez est également plus élevée en hiver qu’en été. (...) Et au-delà de ça, le solaire, d’une année sur l’autre, varie moins.»

L’augmentation importante de la puissance installée ne se traduira pas pour une multiplication dans la même proportion du bénéfice ajusté.

Boralex calcule qu’il augmentera de 9 % à 11 % par an d’ici 2025, pour atteindre de 800 à 850 millions $, ce qui signifie une augmentation de 56 % à 66 % par rapport à celui de l’exercice 2020.

L’entreprise attribue cette situation à la baisse des prix de l’énergie en raison de la diminution des coûts de production, qui elle s’explique par l’augmentation des connaissances, de l’expérience et les améliorations technologiques.

«Quand on construisait de l’éolien à une époque jusqu’à presque 4 millions $ du mégawatt et qu’on est rendu plutôt à 1,5 million $ aujourd’hui, on voit qu’il y a un écart important dans l’investissement initial à réaliser, a noté M. Decostre. Et donc, la rentabilité peut être là.»

Dans l’ensemble, il estime que la transition énergétique à l’échelle planétaire offre à des entreprises comme Boralex «des opportunités comme on n’en a jamais vu avant».