Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Luc Simard, a ouvert la journée en brossant un portrait de l’industrie du bleuet sur son territoire.

Bleuets: des experts discutent de solutions

Ce n’est un secret pour personne : l’industrie du bleuet traverse une période particulièrement difficile avec l’explosion du nombre de producteurs dans le monde et la chute draconienne des prix. Il existe cependant des solutions pour dénouer l’impasse, croient des experts venus s’exprimer à Dolbeau-Mistassini devant une centaine de producteurs et transformateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre de la Journée Bleuet.

Plusieurs sujets ont été abordés, notamment la culture de bleuets biologiques, l’embauche de travailleurs étrangers et les techniques pour optimiser les récoltes. 

Sans vouloir préciser le pourcentage exact, le directeur de Bleuets sauvages du Québec, Jean-Eudes Senneville, indique que, depuis plusieurs années, les bleuets biologiques représentent une partie importante de ses récoltes. 

« Le biologique, c’est évident que si tout le monde se lance là-dedans, les prix vont baisser, c’est normal. Il y a des problèmes de contrôle de mauvaises herbes importants et à l’heure actuelle, on essaie de trouver des façons de régler ces problèmes », fait-il valoir. 

Coûts de production

Pour lui, il est évident que les producteurs doivent baisser leurs coûts de production pour demeurer compétitifs sur la scène mondiale. 

« Il faut s’adapter aux nouvelles réalités. On le fait avec la canneberge, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas avec le bleuet », soutient M. Senneville. 

Pour sa part, le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Luc Simard, estime que la création de coopératives de partage de machinerie est une façon originale de diminuer les coûts de production. 

« On a beaucoup de petits producteurs [dans notre MRC]. La moyenne de superficie en culture est de 68 hectares, ce qui n’est pas très grand. Est-ce que tout le monde doit avoir sa propre machinerie ? Je ne pense pas », estime-t-il. 

La MRC gère 7500 hectares de terres publiques intramunicipales qu’elle loue à différents producteurs de bleuets. M. Simard déplore que les baux de location des bleuetières aient doublé cette année. Ce sont des tarifs établis par le ministère de l’Environnement pour lesquels la MRC « n’a pas son mot à dire ».

Ce dernier rappelle par ailleurs que la majorité des bleuets produits dans sa MRC sont congelés, mais qu’il y a du potentiel pour développer d’autres secteurs de transformation. 

Cinquante-sept pour cent des producteurs de bleuets du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont établis dans la MRC Maria-Chadelaine. 

Réseautage

Pour la productrice de bleuets de Saint-Eugène, Françoise Boudreault, la Journée Bleuet est plutôt une occasion de faire du réseautage. Elle arrive à retirer quelques informations des conférences, mais sans plus. 

Sans aucune prétention, celle qui travaille dans le milieu depuis 1978 indique qu’elle connaît l’industrie comme le fond de sa poche. D’autant plus qu’elle engage un agronome pour l’aider à maximiser la production de ses 31 acres de terres. 

La sexagénaire a même tenté de se lancer dans le biologique. Elle avait déterminé une parcelle de terrain où il n’y a pas de mauvaises herbes, ce qui aurait été idéal pour ce type d’exploitation. 

« Ça prend quatre ans avant de dire que c’est biologique. Au cours de l’année, je me suis découragée parce qu’il y a plusieurs personnes qui se lancent dans le biologique d’autant plus que j’aurais risqué d’avoir le même prix que pour le bleuet ordinaire », avance-t-elle. 

Mme Boudreault assure qu’il y a actuellement beaucoup de pression sur les épaules des producteurs, mais elle ne souhaite pas commenter le prix du bleuet et la conjoncture économique actuelle.