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BAPE de GNL Québec: les impacts sur le bélugas et les GES sous la loupe
BAPE de GNL Québec: les impacts sur le bélugas et les GES sous la loupe
Robert Michaud, président et directeur scientifique du Groupe de recherche sur les mammifères marins, a répondu aux questions de la commission et des participants sur l’état des recherches sur le béluga, mercredi après-midi.
Robert Michaud, président et directeur scientifique du Groupe de recherche sur les mammifères marins, a répondu aux questions de la commission et des participants sur l’état des recherches sur le béluga, mercredi après-midi.

Audiences du BAPE de GNL Québec: le béluga au coeur des préoccupations

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
L’impact du bruit causé par le passage des méthaniers de GNL Québec dans le Saguenay sur la population de bélugas a continué d’être au cœur des préoccupations, mercredi après-midi, lors de la poursuite des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet.

Une trentaine de personnes ont assisté à la quatrième séance des audiences sur le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de 9 G$ à Saguenay, qui ont lieu cette semaine à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi. Il s’agissait de la deuxième et dernière séance consacrée au transport et aux infrastructures maritimes du projet d’Énergie Saguenay.

Les chercheurs Robert Michaud, du Groupe de recherche sur les mammifères marins (GREMM), et Clément Chion, chercheur à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), ont été appelés à différentes reprises au micro à titre d’experts, via le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

Ils ont répondu aux questions du public et de la commission sur l’état des recherches sur la population de bélugas du Saint-Laurent, qui est en voie de disparition, et les causes possibles de son déclin.

« Si on veut sauver cette population-là, notre préoccupation, ça devrait être de réduire l’exposition des bélugas au bruit. Pas parce que c’est le bruit le plus important, parce que le bruit est important : c’est la seule menace sur laquelle on peut agir aujourd’hui », a expliqué Robert Michaud, qui est président et directeur scientifique du GREMM.

Les contaminants et l’accès à la nourriture sont les deux autres facteurs identifiés qui expliqueraient le déclin de la population.

Il a exposé que l’orientation des travaux de recherche sur la réduction du bruit est le résultat d’un « grand consensus » qui a d’ailleurs amené Pêches et Océans Canada à mettre sur pied un premier plan d’action pour réduire l’impact du bruit sur le béluga dans les dernières années.

L’augmentation des périodes de bruit intense dans l’habitat du béluga qui serait causée par un accroissement du trafic sur le Saguenay est « préoccupante », a affirmé le chercheur, lorsque questionné sur les résultats d’une étude de la firme WSP réalisée pour GNL Québec et présentée mardi soir. Cette augmentation correspond selon lui « à une destruction, d’une certaine façon » de l’habitat du béluga en affectant les zones de tranquillité de l’animal.

Clément Chion, chercheur à l’Université du Québec en Outaouais, responsable d’un projet de recherche de cinq ans financé par Québec sur les interactions entre la navigation et les bélugas

Une « préoccupation extrêmement importante », reconnaît GNL Québec

Stéphanie Fortin, directrice aux affaires publiques de GNL Québec, a souligné que l’entreprise est consciente que la protection du béluga est une « préoccupation extrêmement importante ».

Elle a rappelé que GNL Québec s’est engagé à mettre de l’avant des « mesures novatrices » afin de diminuer l’impact du bruit de ses méthaniers et soutenir la recherche.

« Ce n’est pas par absence de certitudes scientifiques qu’il faut s’empêcher actuellement de mettre des mesures applicables dès maintenant, puis aussi de l’appliquer en tandem avec la gestion adaptative », a-t-elle exprimé. Une gestion qui stipule « qu’il n’y a pas lieu de considérer toutes les solutions de rechange possibles, mais plutôt celles qui sont réalistes en fonction des circonstances », a-t-elle ensuite ajouté.

À la suite d’une question du public, GNL Québec a présenté de nouveau sa Charte d’engagements environnementaux pour la protection des mammifères marins.

Cette charte élaborée par l’entreprise vise à soutenir la recherche sur la réduction de l’empreinte sonore, à optimiser la conception de ses méthaniers et à rendre disponibles à d’autres acteurs les pratiques identifiées, tout en contribuant à la sensibilisation et à la concertation des acteurs du milieu sur ces enjeux. « C’est vraiment un engagement phare de GNL Québec », a souligné Mme Fortin.

La charte prévoit la mise sur pied d’un Programme de gains sonores. Une somme de 5 M$, soit 1 M$ par an à partir de la mise en exploitation, serait gérée par un comité indépendant. Le fonds permettrait notamment à d’autres entreprises d’appliquer des mesures permettant de réduire le bruit causé par la navigation. Le fonds vivrait « aussi longtemps que l’entreprise ».

Questionné par le commissaire Laurent Pilotto sur cet engagement, le chercheur Robert Michaud l’a qualifié d’« engagement responsable » et de « geste important ».

Il a cependant remis en question l’importance des sommes promises et estime d’un point de vue personnel que l’évaluation du projet ne devrait pas tenir compte de ces engagements.

Stéphanie Fortin, directrice aux affaires publiques de GNL Québec

Clément Chion, responsable d’un projet de recherche de cinq ans financé par Québec sur les interactions entre la navigation et les bélugas, a rappelé pendant la séance que les chercheurs souhaitent travailler de pair avec les promoteurs privés pour réduire les impacts d’une hausse de la navigation sur les populations de bélugas.

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DÉSIGNATION LÉGALE DE L’HABITAT DU BÉLUGA

Isabelle Gauthier, représentante du MFFP, a par ailleurs exposé pendant la séance les démarches en cours en vue d’une désignation légale de l’habitat du béluga dans le Saguenay et dans le Saint-Laurent en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Cette mesure, qui fera l’objet de consultations, permettra de renforcer la protection de l’espèce qui est désignée comme menacée.

Un plan préliminaire de l’habitat du béluga sera élaboré. Mme Gauthier n’était pas en mesure d’évaluer les délais liés à la mise en place de ces mesures.

Une trentaine de personnes ont assisté à la quatrième séance des audiences du BAPE sur le projet d’Énergie Saguenay de GNL Québec, mercredi, à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi.