Bail de la rivière Shipshaw: la ministre Laforest défend la position de la CAQ

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La ministre des Affaires municipales et responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean Andrée Laforest juge que le projet de loi 50 sur le bail de la rivière Shipshaw répond parfaitement aux conditions particulières de la réalité de l’industrie forestière et démontre en plus que le gouvernement est sensible aux enjeux soulevés par la région.

Dans une communication transmise au Quotidien lundi, la députée caquiste de Chicoutimi a profité de l’occasion pour répondre à la position de son homologue péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui souhaiterait un bail plus contraignant pour la papetière Résolu.

« Résolu dispose des droits hydrauliques pour exploiter la centrale depuis 1999. Le projet de loi 50 a pour but de renouveler ces droits pour deux périodes de dix ans à compter de 2022. Le projet de loi reprend essentiellement les mêmes éléments que les deux lois précédentes adoptées par les Libéraux et les Péquistes. Nous l’avons toutefois ajusté afin de tenir compte de la réalité vécue par l’industrie forestière qui fait face à d’importants enjeux, notamment en raison de la chute drastique de la demande mondiale de papier journal », a insisté la ministre Andrée Laforest.

La ministre enchaîne en faisant valoir la notion d’équilibre qui a été retenue par le gouvernement pour en arriver à proposer une solution pour les 20 prochaines années incluant une formule de renouvellement après 10 ans. Le projet de loi, toujours selon Andrée Laforest, propose une approche qui tient compte à la fois de la réalité économique de l’industrie tout en favorisant des investissements structurants qui permettront à la papetière de moderniser sa production et ainsi mieux faire face au défi du secteur forestier. Ce qui signifie des investissements de l’ordre de 100 M$ pour Résolu en tenant compte de ceux faits depuis 2018.

« En terminant, j’aimerais rappeler que le projet de loi 50 concerne le renouvellement de droits hydrauliques consentis sous cette forme par les gouvernements antérieurs depuis 1999. Il n’a pas la prétention de régler l’ensemble des enjeux de l’industrie forestière, mais il représente, pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, un passage obligé pour y parvenir. »

C’est le député péquiste de Jonquière et premier ministre du Québec Lucien Bouchard qui a intégré ce système de bail contenant des obligations d’investissements dans les relations entre le gouvernement et le propriétaire des barrages (et non des droits d’utilisation de la force hydraulique). Ce dernier, devant la menace de la papetière Stone Consolidated de fermer l’usine de Kénogami, avait évoqué aux hauts dirigeants de l’entreprise la possibilité de retirer les droits d’eau ainsi que les approvisionnements forestiers.

La papetière avait obtempéré à la position du gouvernement et avait réalisé un premier investissement majeur avec la construction d’un nouveau plan de pâte thermomécanique. Au tournant de 2010, le gouvernement du Québec a une fois de plus opté pour le retrait des droits d’eau puisque l’entreprise n’avait aucun projet d’avenir pour sa papeterie. Une entente a finalement été conclue avec le gouvernement du Québec.

Cette fois, Résolu a annoncé deux projets importants pour Kénogami avec l’amélioration de ses équipements de production pour le papier SCA, qui a encore un avenir intéressant. Le second projet comprend la transformation d’un groupe de raffineurs à pression en raffineurs atmosphériques pour la production de fibre cellulosique.

Ce produit, destiné à remplacer les fibres synthétiques à base de pétrole dans la production des pièces pour les industries de l’aviation, du transport et une multitude d’applications, est vu comme une bouée de sauvetage pour la région alors que les marchés traditionnels du papier journal et du papier à impression sont en diminution.

Résolu a toutefois besoin d’un approvisionnement hydroélectrique stable à long terme pour amener cette technologie à maturité. Il faut 1000 kwh pour la production d’une tonne de pâte kraft. Il faut ensuite placer cette tonne de pâte kraft dans un raffineur atmosphérique et 10 000 kwh d’électricité pour en extirper la fibre cellulosique.

Il faut noter qu’il est également envisagé d’utiliser de la fibre cellulosique dans certains papiers afin de donner une plus grande résistance à la feuille.