La Compagnie électrique Lion prévoit lancer officiellement d’ici la fin de l’année le eLion8, un camion urbain tout électrique multiusage.

Recharger des autobus scolaires, moins complexe qu’on le croit, dit Lion

SAINT-HYACINTHE — La Compagnie électrique Lion affirme que la gestion de recharge des autobus scolaires électriques est moins complexe qu’on peut le prétendre.

Rencontré lors du Salon du véhicule électrique de Saint-Hyacinthe, Benoit Morin, vice-président ventes et marketing à la Compagnie électrique Lion, expliquait au Soleil que sa firme se spécialise aussi dans la gestion efficace de la recharge des parcs de véhicules électriques.

«En ce moment, nous travaillons avec l’IVI [l’Institut du véhicule innovant], InnovÉÉ, Hydro-Québec et Autobus Laval sur un système de gestion de recharge», ajoute-t-il.

Selon ses explications, le système permet de distribuer la recharge intelligemment entre les autobus branchés. «Chaque autobus a une “recette” qui est envoyée au contrôleur central. Si la recette dit qu’il faut recharger à 30 ampères durant quatre heures, le contrôleur le fera», explique M. Morin, en ajoutant que la recharge à plein régime se ferait durant la nuit, période où il n’y a personne chez le transporteur scolaire.

Selon son vice-président, Lion se donne comme mission de répondre aux interrogations des exploitants. Comme l’anxiété de la panne sèche. «Généralement, l’anxiété dure seulement trois semaines. Après ça, ils ont l’assurance que les autobus ont l’autonomie suffisante pour leurs besoins quotidiens.»

«En parcourant 36 000 km par année, chaque autobus électrique coûte à son exploitant 1200 $ en électricité. C’est bien loin des 9000 $ que coûtent les pleins de diesel annuellement», affirme M. Morin qui estime qu’un autobus diesel coûte en moyenne de 20 000 à 25 000 $ en entretien et en carburant annuellement.

Des modèles à venir

Lion prévoit lancer officiellement d’ici la fin de l’année le eLion8, un camion urbain tout électrique. «Le premier camion urbain électrique de classe 8», ajoute M. Morin. «Ces camions à 10 roues représentent 50 % du marché du camion. Ils parcourent entre 150 et 300 km par jour et sont utilisés par des firmes comme Hydro-Québec, Vidéotron et des compagnies de livraison.»

Ce genre de camion peut accueillir une nacelle, une boîte réfrigérée, un atelier mobile, une benne ou servir d’ambulance. «Dans l’exemple d’un camion à ordure, la cueillette pourrait se faire la nuit, car le camion électrique est silencieux, contrairement à ceux au diesel qui doivent constamment arrêter et accélérer.»

Ce modèle s’ajoute aux minibus électriques, le eLion M et eLion A, dévoilés en mai dernier à Montréal, lors du Sommet Movin’On sur la mobilité durable.

Un vrai «canif suisse» presque à 100 % d’aluminium, selon le terme utilisé par M. Morin. «Très peu d’acier est utilisé. L’aluminium provient d’Alcoa et le minibus est monocoque. Ce n’est pas un cutaway, comme les modèles de la compétition. En plus d’être un minibus urbain ou scolaire, il peut servir à bien d’autres choses. La Ville de Saint-Jérôme va en faire une bibliothèque mobile, alors que Sainte-Adèle en fera un musée mobile.»

La livraison de ces minibus devrait commencer en juin 2019.

Lion prépare aussi le dévoilement au cours des prochaines années de camions des classes 5 à 7, pouvant servir au transport interurbain de marchandises ou aux déménageurs, entre autres.

Expansion en Californie

Par ailleurs, vendredi dernier, Lion a annoncé l’ouverture à Sacramento, en Californie, d’un «centre d’expérience en véhicule électrique». Ce centre aura pour mission d’informer les gestionnaires de districts scolaires, de parcs de camions et de transporteurs sur les possibilités d’électrifier leurs parcs.

Parmi les acheteurs des 150 unités d’autobus de type C — les eLion C — vendus en Amérique du Nord, 19 districts scolaires américains se sont portés acquéreurs d’autobus électriques.