L’ébéniste Didier Gaudreault, copropriétaire des Atelers Bois de Fer, à Petit-Saguenay, fabrique des tables de bois de style rustique chic, entre autres produits.
L’ébéniste Didier Gaudreault, copropriétaire des Atelers Bois de Fer, à Petit-Saguenay, fabrique des tables de bois de style rustique chic, entre autres produits.

Ateliers Bois de Fer de Petit-Saguenay: confortés par l'achat local

La pause obligée de deux mois en raison de la pandémie renforce la conviction des copropriétaires des Ateliers Bois de Fer de Petit-Saguenay, Didier et David Gaudreault, d’aller de l’avant avec la production de meubles artisanaux originaux fabriqués à partir d’une matière brute typiquement locale.

Depuis 2013, les Ateliers Bois de Fer sont reconnus pour leurs tables de bois de style rustique chic, lesquelles sont fabriquées par l’ébéniste Didier Gaudreault et peuvent être ornementées de pièces de fer du forgeron David Gaudreault.

Comme son nom l’indique, l’entreprise comprend deux ateliers distincts, où chacun travaille en présence de deux autres employés, dont Geneviève Houde-Simard, à la direction des ventes et du marketing, et Jason Kyle, apprenti ébéniste.

Les deux associés, qui sont cousins, ont entamé la production dans un petit garage du chemin Saint-Louis, à Petit-Saguenay, avant d’acquérir l’édifice de l’ancienne épicerie de la rue Dumas, abandonné pendant deux ans. « Notre idée de départ était de transformer le bois local et d’ajouter de l’acier forgé dans chaque pièce. On a débuté dans nos garages et on a grandi avec le bouche-à-oreille dans la région. On a monté les barreaux d’échelle un à un en procédant à des achats d’équipement », explique Didier Gaudreault.

Après avoir eux-mêmes récolté les grands arbres dont ils avaient besoin pour produire leurs premières tables de grandes dimensions, les Gaudreault ont commencé à convaincre les petits producteurs de bois du Bas-Saguenay de leur fournir du bois d’érable, de merisier et de bouleau blanc, même imparfait.

Un certain effort et du temps ont été nécessaires pour convaincre les producteurs locaux de ne pas transformer en bois de chauffage les billes déclassées. Maintenant, les six producteurs de bois partenaires voient la table sur l’arbre avant même de l’abattre.

Le forgeron David Gaudreault, aussi copropriétaire des Ateliers Bois de Fer, conçoit des pièces de fer pour ajouter une signature aux meubles et objets en bois.

Imperfections recherchées

« On veut des billes de fortes dimensions qui n’offrent pas la qualité sélecte. On travaille avec les courbes naturelles du bois. On ne veut pas son côté straight. On veut du caractère, des noeuds. On veut mettre en valeur l’imperfection du bois, comme des noeuds de fourmis ou des trous d’entaille, à travers nos produits. On transforme les défauts en qualités », explique Didier Gaudreault.

En raison de la matière première et du travail manuel, chaque table est un produit unique, ce qui constitue un avantage pour l’acquéreur, mais aussi un désavantage pour la mise en marché.

En effet, David Gaudreault explique qu’il est difficile, mais pas impossible, de faire une entrée sur le plancher des grandes chaînes de distribution avec des meubles de si haute qualité et qui ne sont pas standards. « Lorsque le client magasine, il veut acheter ce qu’il a sous ses yeux. La prochaine table qu’on va produire ne sera pas la même. On offre un produit qui n’est pas égal. Si t’as une démonstration sous les yeux et que tu souhaites l’acheter, ce n’est pas ce que tu vas recevoir », explique-t-il.

Entente avec Gagnon Frères

Malgré tout, les Ateliers Bois de Fer ont conclu, juste avant la crise de la COVID-19, une entente avec la chaîne régionale Gagnon Frères, qui souhaite mettre en valeur des meubles régionaux sur le plancher de différents magasins. « On n’a pas été chanceux. On est tombés dans la COVID en même temps qu’on amenait nos tables, en février, une période où c’est déjà très tranquille », note David Gaudreault.

Ainsi, il est encore trop tôt pour affirmer si l’expérience est concluante ou non.

En croissance

L’heure n’est pas au découragement puisque les Ateliers Bois de Fer souhaitent poursuivre leur croissance, notamment par l’embauche d’une directrice des ventes et du marketing et la volonté de s’offrir une vitrine à Québec et à Montréal, où les marchés sont plus populeux. De plus, il y a trois ans, l’entreprise s’est dotée d’un site, lequel s’ajoute à la boutique du 37, rue Dumas, à Petit-Saguenay.

Ces conditions font dire aux copropriétaires que les pièces du puzzle sont en place pour une croissance. Néanmoins, la volonté des entrepreneurs n’est pas de se lancer dans la production industrielle ; ils souhaitent demeurer une entreprise artisanale.

Outre la fabrication de tables, l’entreprise met en marché des tisonniers en acier forgé, des crochets, des horloges, des planches à découper et des haut-parleurs pour les cellulaires, lesquels sont fabriqués pour éviter le gaspillage de la matière première.

Alors que les effets de la COVID-19 s’atténuent avec le déconfinement des activités, les deux artisans constatent que les valeurs qu’ils ont prônées dès leurs premiers pas, dont l’achat local et la fabrication locale, gagnent en popularité, ce qui devrait favoriser la croissance de l’entreprise dans un avenir rapproché.

D’ici cinq ans, les deux artisans aimeraient que l’entreprise demeure à échelle humaine, avec l’embauche de quelques nouveaux employés en raison d’une augmentation du chiffre d’affaires, une façon de contribuer au développement économique de Petit-Saguenay.