Le président de la Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles, Mario Théberge, considère que les agriculteurs ne sont pas convenablement protégés quant aux phénomènes météorologiques.

Assurance récolte: « Ce n’est pas juste », dit l’UPA

L’Union des producteurs agricoles (UPA), dont la fédération régionale du Saguenay–Lac-Saint-Jean, se désole de l’attitude du gouvernement fédéral quant à la gestion du Programme d’assurance récolte. Une modification aux paramètres de couverture en cours d’année d’assurance de la part d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) permettrait d’ajouter 16 millions $ aux compensations de 46 millions $ déjà octroyées à l’échelle provinciale.

Les effets de la sécheresse de l’été dernier, laquelle a affecté les récoltes de foin en juillet, se font encore sentir chez des producteurs québécois, dont plusieurs du Bas-Saint-Laurent, de Chaudière-Appalaches et du Saguenay–Lac-Saint-Jean. L’UPA est d’avis que les actuels paramètres du Programme d’assurance récolte de La Financière agricole du Québec (FADQ) ne protègent pas convenablement les agriculteurs quant aux conditions climatiques incontrôlables.

« Si vous avez un accident d’auto, vous serez dédommagé. On ne quête pas, on veut juste une compensation. C’est préoccupant. On est en droit d’avoir une compensation de façon juste et équitable sur des pertes réelles », image le président de la Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge.

L’eau se faisait rare, l’été dernier, à un point tel que l’urgence foin a été décrétée au Lac-Saint-Jean. Le calcul de l’aide financière de la deuxième fauche s’est fait sur une période allant de la mi-juin à la fin juillet. La période de calcul s’est terminée par 50 millimètres de pluie, ce qui n’a pas amélioré l’état des récoltes. Les précipitations ont plutôt biaisé la formule du mécanisme d’indemnisation. Les agriculteurs situés aux abords de cinq des douze stations météo du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui ont enregistré ladite pluie se sont retrouvés désavantagés. Ils ont vu leurs compensations être diminuées.

« C’est une grande déception. Le régime n’est pas adéquat. Ce n’est pas juste », ajoute M. Théberge.

« La méthodologie actuelle prévoit des ajustements lorsqu’il y a de la pluie intense dans les trois derniers jours de la période de croissance. Or, la majorité des pluies enregistrées en 2018 sont arrivées dans les six derniers jours de cette période. Pour corriger cette situation, la FADQ propose de faire passer ces ajustements des trois derniers jours de la période aux dix derniers jours, ce qui permettrait des indemnités plus représentatives pour les régions touchées par la sécheresse », peut-on lire dans une communication écrite transmise par l’UPA.

Révision du calcul

Les producteurs réclament depuis plusieurs mois une révision de la méthode de compensations. Ils désirent notamment que les dernières journées des périodes de calcul ne soient pas comptabilisées, alors qu’elles n’ont aucune incidence sur les récoltes. M. Théberge cite en exemple une plante qui sera mise en état de sécheresse pendant six semaines. Quelques jours de pluie, selon lui, ne changent en rien l’état de la plante.

De son côté, La Financière agricole du Québec a accepté de modifier le calcul pour l’année à venir, en plus de revoir la dernière année. Toutefois, le palier fédéral, qui gère 60 % du programme d’indemnisation, doit donner son aval afin que la modification ait lieu.

Selon le président de la Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge, l’acceptation du gouvernement fédéral pour modifier le calcul de la dernière saison pourrait représenter une somme d’environ 12 000 $ pour une ferme de taille moyenne.

Le foin plus rare

Alors que l’hiver est bien loin d’être terminé, la rareté du foin se fait de plus en plus sentir.

« Le garde-manger s’en vient vide dans plusieurs étables. Un producteur m’a dit qu’il devrait envoyer 10 % de ses animaux à l’abattoir. On ne peut pas faire jeûner nos vaches. On veut les garder », confit celui qui reconnaît la tristesse de la situation.