Les acteurs économiques et politiques de la région se consultent chaque semaine, rapporte Marc Moffatt, directeur général de la CIDAL.
Les acteurs économiques et politiques de la région se consultent chaque semaine, rapporte Marc Moffatt, directeur général de la CIDAL.

Après l’urgence, la relance

Les organismes de développement économique et les municipalités du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont prêté des centaines de milliers de dollars aux entreprises régionales pour les aider à payer rapidement leurs frais fixes et autres obligations.

L’aide se poursuivra, mais il est maintenant temps de modifier les programmes pour éviter que les sommes versées ne servent finalement qu’à allonger l’agonie plutôt qu’à assurer la pérennité des PME. Voilà le constat de Marc Moffatt, directeur général de la CIDAL, le bras économique de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

« On veut en effet penser à la relance, à donner des fonds pour des projets spéciaux. Par exemple, offrir du financement pour les entreprises qui souhaitent modifier leurs pratiques, leur modèle d’affaires, prendre le virage 4.0. Parce que certaines entreprises n’auront pas le choix de s’adapter pour la relance », estime M. Moffatt.

Le gouvernement a versé des millions aux territoires pour qu’ils offrent des prêts d’urgence aux entreprises, mais il n’y a rien encore pour la relance.

Québec a donné 1,2 million $ à la CIDAL pour des prêts d’urgence. Près de 300 000 $ ont déjà été prêtés aux PME. Mais le reste de l’argent ne peut pas être utilisé pour des projets de relance. Une enveloppe de 250 000 $, provenant de l’organisation économique, a été mise en place pour des investissements de ce genre, mais ça ne sera pas suffisant.

« Oui, le besoin de liquidités, il fallait y répondre. Mais maintenant, on tente de lever le flag pour ajuster les fonds d’urgence en fonds de relance. On a le nôtre, à 250 000 $. On veut identifier des entreprises qui font des choses nouvelles, différentes, qui leur assurent un avenir. Avec 250 000 $, on ne peut pas aller loin », admet-il.

« J’ai le pressentiment cependant que le changement s’en vient de la part du gouvernement. Ça va devenir des fonds de relance. Parce que c’est de ça que les entreprises ont besoin. »

Séances de partage

Pour la première fois, depuis des années, les différents intervenants économiques et politiques de la région se concertent chaque semaine sur les enjeux économiques. Depuis le début de la pandémie, les MRC, Promotion Saguenay et la CIDAL font le point hebdomadairement sur la situation et tentent d’arrimer leurs positions.

« On a eu le réflexe d’être collaboratifs. Comment on peut bien répondre aux demandes du milieu ? Comment on peut améliorer les programmes ? On est pas tout seuls là-dedans. On partage nos procédures. Notre but est d’aider le plus d’entreprises possible, sans se piler sur les pieds. On donne des exemples dans chacun des territoires et c’est ainsi qu’on peut identifier des secteurs plus perturbés ou des projets majeurs qui peuvent relancer l’économie. Ensuite, cette concertation permet de faire passer des messages au gouvernement », pense M. Moffatt, précisant que des intervenants économiques, dont le ministère de l’Économie et de l’Innovation, Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean, les SADC et Services Québec sont invités à participer à ces séances de partage et de concertation.

Flotte de Drones

Ce regroupement régional permettra aussi aux acteurs politiques et économiques de faire pression plus efficacement auprès des gouvernements pour la concrétisation de grands projets, nécessaires à la relance, que ça soit le prolongement d’une autoroute ou même l’arrivée des drones militaires, cheval de bataille de Marc Moffatt, également directeur général du Centre d’excellence sur les drones, situé à Alma.

Ottawa s’apprête à investir massivement dans une flotte de drones. L’achat est prévu quelque part en 2021 pour une mise en service en 2023. Bagotville et Greenwood, en Nouvelle-Écosse, seraient sur les rangs pour obtenir cette nouvelle activité.

« Le projet est en cours, mais il pourrait être accéléré. Lorsque le pays est en crise, le gouvernement a tendance à retirer des sommes du ministère de la Défense. Ce qu’on ne souhaite pas, car ce projet permettra d’avoir des retombées importantes dans le milieu, pas seulement à Bagotville. La région pourrait devenir un leader dans l’entretien des pièces pour ces appareils. On veut bien positionner le Québec, la région et ses entreprises pour ce projet majeur », indique-t-il.